Les organisations terroristes ont les moyens de mener une attaque bactériologique ou chimique contre les États-Unis, a prévenu la Maison-Blanche, tout en assurant que le pays disposait de suffisamment de médicaments et vaccins. «Je ne veux pas être alarmiste, mais nous savons que les organisations terroristes (...) ont probablement trouvé le moyen de mettre en œuvre une guerre bactériologique ou chimique», a indiqué le secrétaire général de la Maison-Blanche, Andrew Card. «Les Américains doivent faire très attention», a-t-il poursuivi dans une interview à la chaîne de télévision Fox. Si «l’Administration s’assure que nous avons assez de réserves de médicaments et de vaccins appropriés», ce haut responsable a reconnu qu’il fallait «vraiment travailler à les augmenter». Selon l’hebdomadaire Newsweek, des détecteurs de substances chimiques toxiques ont été installés secrètement dans l’une des stations de métro de Washington par le département de l’Énergie (DOE). Cette mesure fait partie d’un programme de mise au point d’un système souterrain de détection précoce d’agents toxiques qui pourrait être déployé dans tout le pays d’ici à quelques années et étendu à d’autres lieux, comme les stades ou les centres de congrès. Le secrétaire à la Santé Tommy Thompson s’est pour sa part voulu plus rassurant en indiquant que les médecins en alerte pouvaient, en cas de nécessité, intervenir très rapidement. «Nous devons nous assurer que la population comprenne qu’elle est en sécurité», a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision CBS dimanche. «Je suis entouré des meilleurs médecins, chercheurs, scientifiques et personnes qui se rencontrent quotidiennement sur ce sujet précis», a-t-il ajouté. Selon Newsweek, qui cite un responsable du FBI sous couvert de l’anonymat, des agents du réseau terroriste de l’islamiste d’origine séoudienne Oussama Ben Laden ont tenté, «apparemment sans succès», de se procurer dans l’ex-Tchécoslovaquie des agents biotoxiques, notamment la bactérie du charbon et la toxine du botulisme, en vue de commettre des attentats. Des dizaines de lièvres et de chiens ont été trouvés morts empoisonnés dans les camps d’entraînement terroristes de Ben Laden, près de Jalalabad, ajoute l’hebdomadaire qui cite des services secrets d’une puissance étrangère. En juin dernier, le directeur de la CIA George Tenet avait prévenu que «des terroristes apatrides essayaient d’acquérir des armes biologiques et chimiques». Un mois plus tard, lors de son procès, Ahmed Ressam, reconnu coupable d’une tentative d’attentat à l’explosif à l’aéroport de Los Angeles lors des célébrations du passage à l’an 2000, a témoigné qu’il avait passé six mois dans les camps d’entraînement de Ben Laden en Afghanistan. Il a précisé notamment qu’il y avait appris à libérer du cyanure dans les systèmes de ventilation des immeubles de bureaux et qu’il s’était aussi intéressé de près à l’utilisation d’avions d’épandage pour la «dissémination de substances toxiques». Des experts cités par Newsweek ont pourtant mis en doute la capacité de mener à bien une offensive bactériologique, compte tenu de la difficulté extrême à fabriquer des armes à partir d’agents toxiques et de virus. «En faire de la poudre est un obstacle immense pour ces sombres individus», a jugé le colonel en retraite David Franz, ancien responsable de l’Institut de l’armée de terre de recherche médicale sur les maladies infectieuses. Pour Edward Szeliga, ancien employé à l’Agence nucléaire et chimique de l’armée de terre, également cité par Newsweek, «la grande inquiétude en matière de bioterrorisme n’est pas de savoir ce que les terroristes peuvent faire aujourd’hui, mais ce qu’ils pourront faire à l’avenir».
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