L’Américaine, spécialité du cyclisme sur piste également appelée Madison pour avoir vu le jour en 1895 au Madison Square Garden de New York, ne figurait pas encore au tableau d’honneur de la piste française. C’est désormais chose faite avec la magnifique et surprenante victoire dimanche de Jérôme Neuville et Robert Sassone au championnat du monde d’Anvers. Les deux Français, associés pour la première fois de leur existence, ont réalisé une course parfaite, anesthésiant l’adversité en quarante tours. L’Espagne a pris la deuxième place, l’Argentine des frères Curuchet la troisième. Spécialité des Six-Jours, l’Américaine demande de l’adresse, pour relayer son camarade tous les tours et demi, de la vélocité pour marquer des points à chaque sprint, de la puissance pour essayer de prendre un tour au peloton, de l’intelligence pour bien lire une course qui souvent est confuse et de la lucidité pour bien gérer l’acquis. Neuville-Sassone est une association parfaite parce qu’elle réunit toutes ces qualités. Le génie de l’entraîneur national Jacky Mourioux est d’avoir osé marier deux coureurs qui n’avaient jamais disputé une américaine ensemble, sans automatisme. «Je ne sais pas si c’est un coup de génie, s’amuse Mourioux, mais je ne faisais pas trop de soucis parce qu’ils sont forts tous les deux». La première consigne donnée aux deux Français a été de marquer le maximum de points, Sassone, le plus rapide devant être mis dans les meilleures dispositions par Neuville, le plus puissant. Une adversité assommée «Au début, je ne me sentais pas très bien, j’avais mal aux jambes parce que j’avais disputé la course aux points la veille, admet Sassone et j’ai compris que nous n’y arriverions pas par les sprints. Je suis donc resté en retrait, à observer les grosses équipes faire des efforts.» «Je ne comprenais pas bien, coupe Jérôme Neuville, je voyais toujours Robert en queue de peloton et j’ai fini par le lui dire, mais il m’a dit de lui faire confiance». Pendant les cent premiers des 260 tours, Neuville et Sassone étaient absents des débats et puis d’un coup, giclant d’un virage, Sassone a pris un quart de tour d’avance. À l’arrière, personne n’a voulu prendre la responsabilité de la poursuite et puis à mi-course, l’équipe de France s’est retrouvée en tête avec un tour d’avance. Restait à gérer. «J’ai écouté à 100 % les recommandations de Robert, poursuit Neuville, et tout s’est bien passé dans la gestion de notre avantage. À 80 tours de la fin, les Espagnols ont attaqué, j’étais dans la roue et sans prendre un relais, nous avons encore pris un tour. C’était parfait». Cela a eu en effet le don d’assommer l’adversité, et Sassone en a même profité pour donner une leçon de relais à son ami Neuville. «Il ne prenait pas assez de vitesse quand je venais sur lui et à chaque fois que je le lançais, mon vélo se mettait en travers sur le poids de l’effort, précise Sassone. Je l’ai un peu engueulé mais tout s’est bien passé». Robert Sassone, Néo-Calédonien comme Laurent Gané, venu en métropole pour réussir une carrière, pensait alors à sa maman, sa plus farouche partisane. Malin, il comprenait aussi que ce titre allait définitivement lancer sa carrière, même si ses progrès sur la route en ont fait un coureur courtisé en cette fin de saison. Toutefois, il restera fidèle à Cofidis. Jérôme Neuville, deux fois quatrième cette semaine de la poursuite individuelle et de la poursuite par équipes est professionnel au sein du Crédit agricole depuis trois ans, mais il est inquiet pour son avenir, n’ayant à ce jour trouvé aucune équipe pour 2002. Dimanche soir, il voulait croire que ce titre allait donner une idée à l’une ou l’autre des équipes françaises.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Américaine, spécialité du cyclisme sur piste également appelée Madison pour avoir vu le jour en 1895 au Madison Square Garden de New York, ne figurait pas encore au tableau d’honneur de la piste française. C’est désormais chose faite avec la magnifique et surprenante victoire dimanche de Jérôme Neuville et Robert Sassone au championnat du monde d’Anvers. Les deux Français, associés pour la première fois de leur existence, ont réalisé une course parfaite, anesthésiant l’adversité en quarante tours. L’Espagne a pris la deuxième place, l’Argentine des frères Curuchet la troisième. Spécialité des Six-Jours, l’Américaine demande de l’adresse, pour relayer son camarade tous les tours et demi, de la vélocité pour marquer des points à chaque sprint, de la puissance pour essayer de prendre un tour au...