La déclaration du président du Conseil italien Silvio Berlusconi sur la «supériorité de la civilisation occidentale» a suscité la colère d’un monde arabe déjà sur le qui-vive en raison de l’implication d’islamistes arabes dans les attentats du 11 septembre. L’Égypte a vivement réagi à la déclaration, demandant des «clarifications urgentes» sur ces «propos étranges», déjà qualifiés de «racistes» par la Ligue arabe et d’«inacceptables» par le Liban. Le ministre jordanien de l’Information Saleh Kallab a dénoncé ces propos «chauvins, fascistes et répugnants» dans des déclarations, alors que le quotidien jordanien al-Rai estimait que M. Berlusconi avait ainsi nui aux efforts internationaux destinés à combattre le terrorisme. «La République arabe d’Égypte attend des clarifications urgentes (...) du gouvernement italien sur ces propos étranges», a déclaré un haut responsable égyptien cité par l’agence de presse Mena. «L’Égypte déplore profondément les étranges déclarations faites par le Premier ministre italien Silvio Berlusconi dans lesquelles il a prétendu que l’islam était une religion qui ne respecte pas les droits de l’homme», a expliqué le haut responsable non identifié. L’Égypte veut vérifier «si ces déclarations représentent le point de vue officiel d’un État supposé figurer parmi les pays occidentaux proches du monde islamique et supposé connaître les valeurs de l’islam, les principes de la société islamique et sa tolérance», a poursuivi le responsable. «Notre civilisation est supérieure à l’islam», avait dit M. Berlusconi. «L’Occident continuera à occidentaliser et à s’imposer aux peuples. Cela a déjà réussi avec le monde communiste et avec une partie du monde islamique», avait-il commenté mercredi à Berlin. Le haut responsable égyptien estime que «le plus étrange, c’est que le Premier ministre italien a exprimé, dans ses déclarations, son espoir de voir l’Occident vaincre l’islam et sa civilisation». «Ce qui est encore plus étrange, c’est que les dernières déclarations de Berlusconi contredisent complètement les propos que lui-même a tenus, ainsi que le président italien Carlo Ciampi, durant leurs rencontres avec le président Moubarak mardi dernier», s’est-il étonné. Lors de cette rencontre qui a duré une heure à Rome, M. Berlusconi avait affirmé qu’il «partageait les préoccupations» de M. Moubarak sur la situation au Proche-Orient. Le responsable égyptien a estimé que les propos tenus par M. Berlusconi la veille «révèlent une méconnaissance totale des principes de l’islam, qui appelle à l’entente et à la cohabitation pacifique entre l’ensemble des peuples, indépendamment de leurs différentes croyances». Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a dénoncé dès mercredi les propos «racistes» de M. Berlusconi et a demandé que le gouvernement italien présente des «excuses» au monde arabe et islamique. Aucun commentaire n’apparaissait dans la presse cairote vendredi, qui a uniquement repris les déclarations de M. Moussa. «Si les déclarations de M. Berlusconi sont vraies, alors elles indiquent que cette idéologie fasciste possède encore des racines dans un pays qui se considère comme un ami des Arabes», a déclaré le ministre jordanien de l’Information. M. Berlusconi doit recevoir mardi prochain le doyen des ambassadeurs arabes à Rome, le prince séoudien Mohammed ben Nawaf, avait annoncé jeudi la présidence du Conseil italien sans préciser l’objet de la rencontre.
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