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Actualités - Chronologies

L’Arabie séoudite rompt avec les taliban et renforce leur isolement

L’Arabie séoudite a rompu hier avec les taliban, contribuant à l’isolement de cette milice au pouvoir à Kaboul, une mesure qui conforterait les États-Unis dans leur campagne antiterroriste que Ryad veut aussi diriger contre Israël. L’ambassade d’Afghanistan à Ryad continuait toutefois toujours de fonctionner normalement hier. «Le gouvernement séoudien annonce la rupture de toutes ses relations avec les taliban» pour leur refus de «cesser de donner refuge aux terroristes», indique un communiqué diffusé par l’agence officielle SPA. Cette mesure, qui fait suite à une décision similaire prise samedi par les Émirats arabes unis, renforce l’isolement de la milice islamiste, que Ryad avait contribué à mettre en place fin 1996 notamment par une aide financière importante. Désormais, le Pakistan est le seul pays à conserver des relations diplomatiques avec Kaboul. Il s’agit du premier geste fort et public séoudien d’engagement dans la lutte contre Oussama Ben Laden, un islamiste radical d’origine séoudienne, réfugié en Afghanistan et que Washington présente comme le principal suspect dans les attentats du 11 septembre. L’Arabie séoudite, l’un des principaux alliés arabes des États-Unis, hésitait à s’engager dans la campagne antiterroriste prônée par Washington, qui se prépare à lancer une riposte militaire contre éventuellement l’Afghanistan, qui refuse de livrer Ben Laden. «Malgré tous ces développements, le gouvernement des taliban continue à utiliser son territoire pour abriter, armer et exhorter les criminels à perpétuer des opérations criminelles contre des innocents (...), ce qui a nui à l’islam et à l’image des musulmans dans le monde», a déploré Ryad. Dans son communiqué, il accuse les taliban d’«accueillir, de former et de recruter nombre d’égarés de toutes les nationalités, particulièrement des Séoudiens, pour qu’ils entreprennent des actes criminels contraires à toutes les religions, tout en refusant de livrer ces criminels à la justice». Mais la politique prudente de l’Arabie à l’égard des représailles militaires envisagées par les États-Unis continue de nourrir la polémique sur sa disposition à accorder des facilités militaires à l’armée américaine. «Ils ne font que coopérer», a pourtant affirmé lundi le président américain George W. Bush, ajoutant : «Il n’y a, à ma connaissance, aucune indication que les Séoudiens ne vont pas coopérer, du moment qu’ils ont compris exactement notre mission. Ils n’ont refusé aucune des demandes que nous leur avons présentées», a affirmé pour sa part le secrétaire d’État Colin Powell. Selon le Washington Post de samedi, l’Arabie séoudite rechignait à l’utilisation par les États-Unis d’un centre de commandement américain sur la base du Prince Sultan au sud de Ryad, pour ses éventuels raids aériens dans la crise actuelle. Ce qui a été démenti par M. Powell. Mais l’Arabie séoudite, qui abrite les deux premiers lieux de l’islam, ne cache pas son exaspération à l’égard de la répression israélienne de l’intifada palestinienne. Cette répression, à laquelle l’opinion publique dans le royaume est très sensible, a été qualifiée de «terrorisme d’État» par les chefs de diplomatie des six monarchies du Golfe, dont celui d’Arabie séoudite, dimanche à Djeddah, sur la mer Rouge. «La cause palestinienne est celle de tous les Arabes et les musulmans, et elle est une source d’instabilité dans la région», a tenu à rappeler le prince héritier du royaume Abdallah Ben Abdel Aziz au président Bush, lors d’un entretien téléphonique lundi soir. «Le peuple palestinien, victime de tout genre d’injustice, mérite une réaction internationale, semblable à celle manifestée de par le monde avec les États-Unis après les attentats du 11 septembre», écrivait hier le quotidien al-Watan, résumant un sentiment de solidarité avec les Palestiniens largement répandu en Arabie séoudite.
L’Arabie séoudite a rompu hier avec les taliban, contribuant à l’isolement de cette milice au pouvoir à Kaboul, une mesure qui conforterait les États-Unis dans leur campagne antiterroriste que Ryad veut aussi diriger contre Israël. L’ambassade d’Afghanistan à Ryad continuait toutefois toujours de fonctionner normalement hier. «Le gouvernement séoudien annonce la rupture de toutes ses relations avec les taliban» pour leur refus de «cesser de donner refuge aux terroristes», indique un communiqué diffusé par l’agence officielle SPA. Cette mesure, qui fait suite à une décision similaire prise samedi par les Émirats arabes unis, renforce l’isolement de la milice islamiste, que Ryad avait contribué à mettre en place fin 1996 notamment par une aide financière importante. Désormais, le Pakistan est le seul pays à...