L’Union européenne (UE) s’impose peu à peu, depuis un an, comme acteur essentiel dans le conflit israélo-palestinien à la faveur de l’intifada, après avoir été longtemps tenue à l’écart. Loin de pouvoir peser sur les protagonistes à la façon des Américains, ultimes arbitres du conflit, les Quinze ont néanmoins, pour la première fois de leur histoire, surmonté leurs divisions et prouvé qu’ils pouvaient avoir une certaine influence. Inquiets du désengagement progressif de l’Administration du président américain George W. Bush, qui estimait que les conditions n’étaient pas réunies pour une action diplomatique d’envergure, les Quinze ont concentré leurs efforts diplomatiques sur deux fronts : – Occuper le terrain de façon quasi permanente à travers de fréquentes visites de ministres des Affaires étrangères afin d’amener les deux parties en conflit à respecter le cessez-le-feu et à reprendre le dialogue sur la base des recommandations du rapport de la commission Mitchell (au sein de laquelle l’Union européenne est représentée). – Continuer de demander aux États-Unis de renoncer à leur attitude attentiste et à se réimpliquer dans la gestion active de la crise, malgré les échecs intervenus (non-application du plan du chef de la CIA George Tenet pour un cessez-le-feu et du rapport Mitchell qui prévoit des mesures devant conduire à une reprise des négociations sur le statut définitif des territoires palestiniens). En l’absence des traditionnels émissaires américains, des ministres européens des Affaires étrangères – en tête desquels l’Allemand Joschka Fischer qui a effectué deux missions de bons offices en trois mois – occupent le terrain en se succédant dans la région depuis le mois de juin. Sans compter l’envoyé spécial de l’UE Miguel Angel Moratinos, qui y réside en permanence, mais dont l’action est plus discrète, et l’activité du haut représentant européen pour la politique extérieure Javier Solana. C’est notamment grâce à l’intervention express de M. Fischer que le président palestinien Yasser Arafat avait annoncé un cessez-le-feu inconditionnel, après l’attentat-suicide palestinien du 1er juin à Tel-Aviv qui avait failli mettre encore plus le feu aux poudres. Tranchant avec l’extrême prudence de la diplomatie allemande dans le passé, M. Fischer est intervenu une deuxième fois à la mi-août, au nom des Quinze, pour obtenir l’accord de principe des deux parties pour une rencontre entre M. Arafat et le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres. Surmontant leurs divisions anciennes, les Quinze, sous l’impulsion de la France, sont aussi parvenus à faire endosser lors du sommet du G8 de juillet à Gênes une déclaration préconisant l’envoi d’observateurs impartiaux du cessez-le-feu. Cette proposition, à laquelle Israël est opposé, n’a pas abouti. À Durban, pour la conférence de l’Onu contre le racisme, les 15 sont restés unis, malgré le départ des Américains et d’Israël, et ont réussi à imposer un compromis sur la question proche-orientale après de longues tractations avec les Arabes. Ces actions font partie d’une politique européenne concertée, fait-on valoir dans les capitales de l’UE. Ainsi, les Quinze ont décidé il y a quelques semaines de faire avaliser l’idée d’une application graduelle du plan Mitchell, à travers une série de rencontres entre le chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres et le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, pour amener un cessez-le-feu par étapes, en commençant par les secteurs les plus chauds. Certes, les Européens n’ont pas réussi à faire accepter l’envoi l’idée d’observateurs internationaux ni même à organiser la rencontre Arafat-Peres, maintes fois repoussée en raison du veto du Premier ministre israélien Ariel Sharon. Mais leurs efforts n’auront pas été vains, même s’il a fallu que survienne le tragique attentat du 11 septembre contre les États-Unis pour que l’Administration Bush se remette à pied-d’œuvre et obtienne la suspension des «opérations offensives» de l’armée israélienne, après l’annonce par Yasser Arafat d’un nouveau cessez-le-feu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Union européenne (UE) s’impose peu à peu, depuis un an, comme acteur essentiel dans le conflit israélo-palestinien à la faveur de l’intifada, après avoir été longtemps tenue à l’écart. Loin de pouvoir peser sur les protagonistes à la façon des Américains, ultimes arbitres du conflit, les Quinze ont néanmoins, pour la première fois de leur histoire, surmonté leurs divisions et prouvé qu’ils pouvaient avoir une certaine influence. Inquiets du désengagement progressif de l’Administration du président américain George W. Bush, qui estimait que les conditions n’étaient pas réunies pour une action diplomatique d’envergure, les Quinze ont concentré leurs efforts diplomatiques sur deux fronts : – Occuper le terrain de façon quasi permanente à travers de fréquentes visites de ministres des Affaires...