Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

La « piste de l’argent »

L’homme le plus recherché du monde Oussama Ben Laden est au centre d’un réseau financier dont le démantèlement est une condition absolue de la victoire contre le terrorisme, mais cette tâche s’annonce difficile, reconnaissent experts et responsables. Le renégat d’origine séoudienne «est le gestionnaire de la fortune de l’internationale terroriste», explique Roland Jacquard, expert français sur les questions de sécurité auprès de l’Onu et biographe d’Oussama Ben Laden. Selon lui, ses moyens vont bien au-delà de l’argent qu’il a pu hériter de son père avant d’être chassé d’Arabie séoudite par sa famille et totalement coupé des bénéfices du groupe industriel Ben Laden, rebaptisé récemment Baud. Après les attentats, «le gouvernement américain va concentrer ses efforts sur la “piste de l’argent”», indique un responsable américain sous couvert d’anonymat. «Nous allons peser de tout notre poids sur les paradis fiscaux», les îles Caïman (Caraïbes) et l’île de Chypre (Méditerranée) étant des cibles privilégiées. Cette approche est également défendue par le responsable de l’Office des Nations unies pour le contrôle des drogues et la prévention du crime, Pino Arlacchi, basé à Vienne. «C’est une idée qui est beaucoup plus prometteuse que l’option militaire», estime-t-il, en soulignant qu’il existe un arsenal de conventions internationales dont une stricte mise en œuvre serait un bon début. De même, le gouvernement américain devra renforcer ses lois intérieures et appliquer à l’argent soupçonné d’avoir un lien avec les terroristes, les mêmes règlements très stricts appliqués à l’argent de la drogue. «Nous allons vers un système de réglementation plus restrictive», commente Henry Zapruder, un avocat fiscal de Washington, en citant notamment la liberté que la justice américaine a de confisquer des comptes simplement soupçonnés de liens avec la drogue. Mais la nature occulte, diffuse, voire archaïque, du réseau de financement du terrorisme international le rend particulièrement difficile à localiser et à combattre. «Le système échappe au contrôle du système capitaliste», selon M. Jacquard. Depuis 1996, explique-t-il, les services de renseignements occidentaux estiment à 26 000 le nombre des déplacements, entre les 35 pays où opère Ben Laden, de «porteurs de valises», ces individus chargés de sommes réduites, entre 2 000 ou 3 000 dollars. C’est un «trafic de fourmis», dit-il. Un autre système, baptisé Hawala – littéralement «en confiance» –, permet de transférer des sommes plus importantes toujours sans passer par les circuits traditionnels, indique un ancien membre de la commission interagence sur le réseau de financement de Ben Laden, William Wechsler.
L’homme le plus recherché du monde Oussama Ben Laden est au centre d’un réseau financier dont le démantèlement est une condition absolue de la victoire contre le terrorisme, mais cette tâche s’annonce difficile, reconnaissent experts et responsables. Le renégat d’origine séoudienne «est le gestionnaire de la fortune de l’internationale terroriste», explique Roland Jacquard, expert français sur les questions de sécurité auprès de l’Onu et biographe d’Oussama Ben Laden. Selon lui, ses moyens vont bien au-delà de l’argent qu’il a pu hériter de son père avant d’être chassé d’Arabie séoudite par sa famille et totalement coupé des bénéfices du groupe industriel Ben Laden, rebaptisé récemment Baud. Après les attentats, «le gouvernement américain va concentrer ses efforts sur la “piste de...