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Actualités - Chronologies

Tokyo propose seulement un soutien logistique - Le Japon sur la touche

Empêtré dans ses propres difficultés financières, ligoté par ses contraintes constitutionnelles, le Japon est condamné au banc de touche, incapable de renforcer la coalition Amérique-Europe qui émerge pour affronter les conséquences économiques et politiques de l’attaque terroriste contre les États-Unis, estiment les analystes. Pour rejoindre l’action coordonnée de baisse du loyer de l’argent lancée lundi par la Réserve fédérale des États-Unis et la Banque centrale européenne, la Banque du Japon a décidé dans l’urgence mardi de mesures conventionnelles à la portée symbolique : réduction à 0,10 % d’un taux d’escompte inutilisé, engagement de maintenir un haut niveau de liquidité dans le marché. Selon Noriko Hama, directeur de la recherche au Mitsubishi Research Institute (MRI), les autorités nipponnes «veulent au moins apparaître comme essayant de faire quelque chose». Mais, ajoute-t-elle, «ce sont des mesures superficielles, rien qui puisse en quoi que ce soit renverser la situation». L’impotence de la seconde économie mondiale est le reflet dans le miroir de l’impuissance stratégique du pays. Un simple soutien logistique à une opération militaire américaine loin des rivages de l’archipel suppose une nouvelle loi, possibilité explorée par le gouvernement de Tokyo. «La peur d’être laissée de côté conduit l’équipe Koizumi à vouloir aller au-delà de ce que la Constitution autorise», explique l’économiste du MRI. Rompre avec les conventions, c’est aussi ce que certains économistes et responsables politiques attendaient de la Banque centrale japonaise, dès avant les attentats de New York et de Washington. De l’adoption d’un objectif d’inflation, remède supposé à la déflation que traverse le pays, à l’achat massif d’actifs de toute nature (obligations gouvernementales, papier commercial, terrains et immeubles), la Banque du Japon est submergée de recommandations. «La probabilité d’une récession aux États-Unis à la suite des attaques terroristes va augmenter les chances que la BoJ doive recourir à l’achat d’actifs non orthodoxes pour combattre une pression déflationniste qui s’intensifie», estime Ryutaro Kono, chef économiste de BNP Paribas Securities. Mais il avertit que ces achats «contiennent un énorme potentiel de dégâts» pour la situation financière et la réputation de la BoJ, tout en provoquant «de graves distorsions dans les mécanismes de marché». Selon M. Kono, le seul actif que la BoJ peut acheter sans trop de risque, c’est le dollar. En dévaluant le yen, de tels achats «auraient un impact inflationniste assuré et direct en soutenant les prix (intérieurs) des exportations comme des importations». Pour avoir un effet, ces achats de billet vert devraient toutefois être sans commune mesure avec les modestes opérations effectuées cette semaine pour freiner la hausse du yen. Cependant, réplique Robert Alan Feldman, économiste en chef de Morgan Stanley à Tokyo, un yen faible n’est pas vraiment le geste de solidarité que l’Amérique et le reste du monde attendent. «Cela n’aiderait guère le Japon non plus puisque cela revient à taxer les citoyens japonais, et un yen faible n’est pas la solution au problème bancaire», dit-il. En effet, comme l’affirme Noriko Hama, la vérité est que «la tâche du Japon se limite à mettre de l’ordre dans sa propre maison le plus vite possible». Ce qui veut dire traiter enfin sérieusement le problème lancinant des mauvaises créances qui paralysent le système bancaire. Selon M. Feldman, la BoJ peut «affirmer qu’elle soutient un nettoyage plus agressif du bilan des banques». «Elle peut fournir des fonds si les autres gars (gouvernement et banquiers) sont sérieux» sur l’apurement des mauvaises créances, dit-il. «S’ils ne sont pas sérieux, la BoJ ne peut rien faire».
Empêtré dans ses propres difficultés financières, ligoté par ses contraintes constitutionnelles, le Japon est condamné au banc de touche, incapable de renforcer la coalition Amérique-Europe qui émerge pour affronter les conséquences économiques et politiques de l’attaque terroriste contre les États-Unis, estiment les analystes. Pour rejoindre l’action coordonnée de baisse du loyer de l’argent lancée lundi par la Réserve fédérale des États-Unis et la Banque centrale européenne, la Banque du Japon a décidé dans l’urgence mardi de mesures conventionnelles à la portée symbolique : réduction à 0,10 % d’un taux d’escompte inutilisé, engagement de maintenir un haut niveau de liquidité dans le marché. Selon Noriko Hama, directeur de la recherche au Mitsubishi Research Institute (MRI), les autorités...