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Actualités - Chronologies

Les réseaux islamistes semblent éviter de s’implanter en France

Les réseaux islamistes semblent, pour l’instant, éviter de s’implanter en France, très mobilisée dès 1995 dans la lutte contre le terrorisme après les attentats du GIA, pour rejoindre des frères d’armes dans d’autres pays. Après les attentats du 11 septembre à New York et Washington, plusieurs militants islamistes présumés ont été interpellés en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. En France, même si des coups de filet ne sont pas à exclure, seule, pour l’instant, l’amie d’un homme arrêté en Belgique a été interrogée. «La France est devenue une zone dangereuse, une zone à risque pour ces réseaux. Depuis 1994-95, les enquêteurs ratissent fin et font des actions préventives. Mais le risque existe toujours», a estimé mercredi à l’AFP un magistrat spécialisé dans l’antiterrorisme. À la veille des attentats aux États-Unis, une information judiciaire a ainsi été ouverte à Paris à la suite de renseignements faisant état d’éventuelles menaces sur des intérêts américains en France. La situation a sensiblement évolué depuis la vague d’attentats du GIA algérien en France en 1995, qui avait fait 10 morts et 200 blessés. À cette époque, les terroristes avaient agi depuis le territoire français, où ils disposaient de réseaux d’entraide. Les auteurs étaient des Algériens venus sur le sol français pour préparer et commettre ces actions ou des jeunes de banlieue d’origine maghrébine. Au contraire, le groupe islamiste soupçonné de préparer un attentat à Strasbourg, qui a été démantelé en décembre 2000 à Francfort (Allemagne), avait choisi une ville frontalière et établi son camp de base hors de France, relèvent les enquêteurs. La justice s’intéresse également aux camps militaires d’Afghanistan qui dispensent une formation militaire et idéologique aux nouvelles recrues, venant notamment de France. Ces camps seraient financés par le milliardaire Oussama Ben Laden, suspect numéro un dans les attentats du 11 septembre. Une petite dizaine de personnes sont poursuivies dans le cadre de cette enquête sur la filière afghane. Parmi elles, un Français, David Courtailler. Arrêté à Caen (Calvados) début 1999, il est depuis cette date mis en examen et écroué pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Il s’était converti à l’islam à Londres, où il aurait été recruté par des activistes islamistes. Il a ensuite été envoyé pendant six mois, fin 1997 et début 1998, en Afghanistan, via le Pakistan, pour suivre des stages de formation militaire dans des camps. Coïncidence ou non, son frère Jérôme figure parmi les trois personnes mises en examen et écrouées mardi aux Pays-Bas pour faux en écriture et fabrication de faux documents en vue de préparer un attentat. Zacharia Moussaoui, français d’origine algérienne âgé de 33 ans, avait lui aussi quitté la France au début des années 90 après avoir entamé des études supérieures. Il a été interpellé en août par la police américaine en possession de faux papiers alors qu’il prenait des cours de pilotage à Boston. Face à la menace terroriste, les enquêteurs spécialisés dans l’antiterrorisme disposent d’un arsenal juridique spécifique. Depuis 1986, quatre juges d’instruction antiterroristes parisiens et une section du parquet de Paris sont compétents pour tous les actes commis en France. Les enquêteurs antiterroristes peuvent en outre interroger pendant 96 heures un suspect dans le cadre d’une affaire de terrorisme, soit une durée deux fois plus longue que dans les autres affaires. Mais des défenseurs des droits de l’homme dénoncent régulièrement une «justice d’exception» qui s’accompagne souvent d’arrestations massives et de détentions provisoires très longues.
Les réseaux islamistes semblent, pour l’instant, éviter de s’implanter en France, très mobilisée dès 1995 dans la lutte contre le terrorisme après les attentats du GIA, pour rejoindre des frères d’armes dans d’autres pays. Après les attentats du 11 septembre à New York et Washington, plusieurs militants islamistes présumés ont été interpellés en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique. En France, même si des coups de filet ne sont pas à exclure, seule, pour l’instant, l’amie d’un homme arrêté en Belgique a été interrogée. «La France est devenue une zone dangereuse, une zone à risque pour ces réseaux. Depuis 1994-95, les enquêteurs ratissent fin et font des actions préventives. Mais le risque existe toujours», a estimé mercredi à l’AFP un magistrat spécialisé dans l’antiterrorisme. À la...