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Actualités - Chronologies

Une déstabilisation régionale, - risque de la riposte américaine

Une riposte américaine brutale, à court terme, ciblée sur l’Afghanistan présente un risque majeur de déstabilisation et il n’est pas sûr que les États-Unis s’y résolvent, selon plusieurs experts. Les représailles des États-Unis ne peuvent être que massives, voire prendre la forme d’une véritable opération de guerre terrestre en Afghanistan, selon une partie des commentateurs de par le monde. Mais au fur et à mesure que les jours passent, et à la lumière des prudentes déclarations américaines, certains experts jugent que la vraie réponse de Washington prendra du temps et qu’elle pourrait emprunter d’autres voies, tant est grand le risque d’une forte déstabilisation des pays voisins de l’Afghanistan, à commencer par le Pakistan. «Nous sommes confrontés à un moment de déstabilisation, à des risques de basculement géopolitique et donc à des problèmes très complexes», a averti François Godement, responsable du centre Asie auprès de l’Institut français des relations internationales (Ifri). Ce chercheur, et bien d’autres, ne cache pas que le problème numéro un se trouve au Pakistan, pays de 135 millions de musulmans, profondément divisés sur l’attitude à adopter face aux demandes américaines. Le général Pervez Musharraf, qui gouverne le Pakistan, «peut-il se trancher le bras et survivre», s’est interrogé ce spécialiste, lors d’une conférence de l’Ifri, lundi soir, à Paris. En clair, le numéro un pakistanais peut-il accepter toutes les exigences de Washington, y compris le droit pour les troupes américaines d’ouvrir des bases au Pakistan, sans se couper d’une grande partie de son opinion publique. Pour autant, il «va être obligé de coopérer, il n’a pas d’autre choix», estime, de son côté, Valérie Niquet, experte sur le problème d’Asie du Sud auprès de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Le risque de déstabilisation n’est toutefois pas limité au seul Pakistan. Les républiques voisines d’Asie centrale sont également fragiles. Les anciennes républiques soviétiques, Ouzbékistan, Turkménistan et surtout Tadjikistan, sont «dans une sorte de valse-hésitation» entre un soutien aux États-Unis et la crainte de poussées de fièvre islamistes sur leur territoire déjà en proie à l’activisme de ces mouvements intégristes, selon François Godement. Cette situation, «extrêmement risquée, inquiète très fortement la Chine», voisine par l’Ouest de ce baril de poudre en Asie du Sud, a-t-il ajouté. Un regroupement entre les États-Unis, la Russie et l’Inde auquel s’ajouterait un effondrement du Pakistan, dont Pékin est le principal allié, serait une catastrophe du point de vue de la Chine, note cet expert. Cet ensemble de données géopolitiques a de quoi faire réfléchir les États-Unis et leur réponse ne pourra dans ces conditions qu’«être de long terme», estime Thierry de Montbrial, qui dirige l’Ifri. Pour Jean-Vincent Brisset, expert des questions militaires et de l’Asie auprès de l’Iris, la cause est entendue : «Une opération terrestre» des États-Unis en Afghanistan serait un «jeu de massacre». «Je vois plutôt les États-Unis se lancer dans une action longue, quitte à lancer quelques coups forts», sous forme par exemple de frappes aériennes bien ciblées, a-t-il estimé.
Une riposte américaine brutale, à court terme, ciblée sur l’Afghanistan présente un risque majeur de déstabilisation et il n’est pas sûr que les États-Unis s’y résolvent, selon plusieurs experts. Les représailles des États-Unis ne peuvent être que massives, voire prendre la forme d’une véritable opération de guerre terrestre en Afghanistan, selon une partie des commentateurs de par le monde. Mais au fur et à mesure que les jours passent, et à la lumière des prudentes déclarations américaines, certains experts jugent que la vraie réponse de Washington prendra du temps et qu’elle pourrait emprunter d’autres voies, tant est grand le risque d’une forte déstabilisation des pays voisins de l’Afghanistan, à commencer par le Pakistan. «Nous sommes confrontés à un moment de déstabilisation, à des risques...