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Actualités - Chronologies

La place géostratégique - de la Turquie gagne en importance

La Turquie, proche alliée des Américains et seul pays musulman membre de l’Otan, sent son importance géostratégique renforcée par la nouvelle donne découlant des attentats aux États-Unis, tout en s’inquiétant des conséquences, relèvent les analystes. Tête de pont de l’Otan dont elle garde le flanc sud-est depuis la guerre froide, État résolument laïque, frontalier de trois pays accusés par Washington de soutien au terrorisme – Irak, Iran et Syrie –, elle pourrait être amenée à ouvrir ses bases pour la «première guerre du XXIe siècle». Pour Hasan Unal, professeur de relations internationales à l’Université Bilkent d’Ankara, «le rôle de la Turquie dans la région va sans doute augmenter, car il apparaît pour le moment que les attaques ont été perpétrées par des islamistes». «Seul pays musulman de l’Otan, elle est la mieux placée peut recommander la retenue aux États-Unis», estime-t-il. Regardant l’aspect positif de la situation, le ministre turc de l’Économie Kemal Dervis a souligné lundi que «nos amis peuvent mieux comprendre l’importance grandissante de la Turquie, et si c’est le cas, l’intégration à l’Union européenne sera plus rapide». La Turquie est candidate à l’UE depuis 1999 mais n’a pas encore ouvert de négociations d’adhésion, devant auparavant améliorer son bilan en matière de respect des droits de l’homme et de la démocratie. Si elle a à gagner d’un renforcement de ses liens avec l’Ouest, elle doit aussi compter avec les coûts d’un engagement militaire pour son économie en pleine récession et peser son intérêt. Les dirigeants turcs rappellent régulièrement et amèrement que leur participation à la guerre du Golfe en 1991 s’est soldée par 35 milliards de dollars de pertes, liées à l’embargo imposé par l’Onu à son voisin irakien après son invasion du Koweït. Déjà, le prix des attentats se fait sentir : la Bourse d’Istanbul avait chuté lundi à la mi-journée de plus de 25 % depuis le 11 septembre. La menace de guerre va affecter le tourisme, première source de revenus en devises, le moral des consommateurs et la demande intérieure, moteur de croissance, estiment les analystes, qui prévoient un report de la timide reprise attendue pour le début 2002. Pour Soli Ozel, professeur à l’université Bilgi d’Istanbul, «si l’Irak est impliqué (...) et si l’Otan lui déclare la guerre, la Turquie devra recevoir quelque chose de très gros pour participer. Elle ne voudra pas répéter l’erreur d’il y a dix ans, dont elle était sortie les mains vides». Jusqu’ici, les responsables américains ont laissé l’Irak hors de cause, pointant le doigt sur Oussama Ben Laden et le régime des taliban. M. Dervis a quant à lui mis en garde contre «la logique qui est de réclamer les coûts d’une participation de la Turquie aux efforts» de la lutte antiterroriste. La Turquie en crise a déjà reçu près de 16 milliards de dollars d’aide du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale pour l’aider à sortir du tunnel, signe de l’importance accordée avant même les attentats au maintien à flot de cet allié sûr de l’Occident. Le Premier ministre Bulent Ecevit est jusqu’ici resté réservé sur la mise à disposition, en cas d’attaques américaines, de la base d’Incirlik (sud), qui abrite les appareils américains et britanniques chargés de faire respecter l’interdiction de survol du nord de l’Irak imposée à l’aviation irakienne depuis la guerre du Golfe. Même s’il a exprimé son plein soutien à une action de l’Otan, y compris en cas d’implication d’un pays voisin – scénario redouté par Ankara qui serait alors aux premières loges.
La Turquie, proche alliée des Américains et seul pays musulman membre de l’Otan, sent son importance géostratégique renforcée par la nouvelle donne découlant des attentats aux États-Unis, tout en s’inquiétant des conséquences, relèvent les analystes. Tête de pont de l’Otan dont elle garde le flanc sud-est depuis la guerre froide, État résolument laïque, frontalier de trois pays accusés par Washington de soutien au terrorisme – Irak, Iran et Syrie –, elle pourrait être amenée à ouvrir ses bases pour la «première guerre du XXIe siècle». Pour Hasan Unal, professeur de relations internationales à l’Université Bilkent d’Ankara, «le rôle de la Turquie dans la région va sans doute augmenter, car il apparaît pour le moment que les attaques ont été perpétrées par des islamistes». «Seul pays musulman...