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Actualités - Chronologies

Bioterrorisme : l’Amérique craint le pire, une attaque à l’anthrax

Pire que des avions-suicide, des attaques biologiques, par exemple à l’anthrax, pourraient anéantir des populations entières, une menace que les dirigeants américains prennent très au sérieux en tentant de s’y préparer. «Une attaque de terroristes peut arriver à tout moment» et partout : «Ils peuvent nous menacer de guerre chimique, biologique, de missiles», a déclaré à la télévision le secrétaire à la Défense américain Donald Rumsfeld, notant que plusieurs «États hébergeant des organisations terroristes disposent d’armes chimiques et biologiques». Son prédécesseur William Cohen avait déjà tiré la sonnette d’alarme en évoquant une hypothétique dispersion de germes d’anthrax dans le métro de la capitale Washington, qui ferait des dizaines de milliers de morts. Cette bactérie ne peut être soignée que par des antibiotiques pris immédiatement, or l’anthrax est inodore, indétectable et la maladie mortelle ne se manifeste qu’au bout de plusieurs jours. «Nous savons qu’Oussama Ben Laden», le riche islamiste soupçonné de plusieurs attentats dont les attaques dévastatrices du 11 septembre à New York et à Washington, «cherche à acquérir des armes de destruction massive» et que les auteurs du premier attentat contre le World Trade Center en 1993 «expérimentaient avec des armes chimiques», a déclaré M. Cohen il y a un an. «Plusieurs de nos adversaires potentiels – pays issus de l’Union soviétique, Irakiens, Coréens du Nord – ont un programme de militarisation chimique et biologique, et l’anthrax semble être l’arme de choix car elle est simple et bon marché à produire (...), et qu’elle est disponible sur le marché noir», a déclaré le général Randall West, un sous-secrétaire à la Défense spécialisé dans ces menaces, cinq jours avant les attentats de New York et Washington. Le danger peut venir d’États comme de groupes terroristes, a estimé le général, selon qui le président Saddam Hussein disposait de cette arme pendant la guerre du Golfe en 1991. L’arme pourrait être dispersée par des bombes, missiles ou de simples aérosols agricoles, selon Randall West. Maladie normalement associée aux herbivores, l’anthrax (ou maladie du charbon contre laquelle Louis Pasteur inventa un vaccin en 1885) peut se communiquer à l’homme. Sous sa forme inhalée, ce bacille – facile à stocker – peut se propager rapidement et tuer en quelques jours. À moins de vaccination préalable. Pourtant, la vaccination généralisée des forces armées décidée en 1998 par le Pentagone, en commençant par les militaires envoyés dans la région du Golfe, se heurte à des obstacles imprévus. Le principe d’une campagne en plusieurs doses s’est heurté d’abord à la fronde d’une partie des soldats et de membres du Congrès en raison de cas limités d’effets secondaires allergiques. D’autre part, le seul producteur de ce vaccin établi en 1970, la compagnie BioPort de Lansing (Michighan), a dû suspendre la fabrication en février 1998 en raison d’une remise aux normes de ses installations. Une autorisation de la FDA, l’Agence fédérale de sûreté des médicaments et aliments, est attendue en octobre prochain. Mais la production pourrait ne reprendre qu’un an plus tard. Afin de rassurer les militaires quant à la sûreté des vaccins, dont celui contre l’anthrax, et mieux les administrer, le département de la Défense et les Centres de prévention contre les maladies (CDC) d’Atlanta ont établi le 6 septembre un réseau de centres d’études et d’information à travers les États-Unis. Le médecin colonel Renata Engler, pionnière du projet et directrice du premier centre à l’hôpital militaire Walter Reed de Washington, est formelle. «Il nous faut un vaccin. Nous sommes nombreux à nous inquiéter pour la population civile». Il faut accroître la production, a souligné cette spécialiste en immunologie, en déclarant : «Dieu nous garde, si quelqu’un allait dans le métro de Washington et relâchait des germes d’anthrax, les individus exposés auraient 98 % de chances de mourir». Un médecin du Suburban Hospital, à Bethesda (Maryland), près de Washington, se sent «vulnérable». «Nous recevrions les victimes ici, mais pour quoi faire ? Nous n’avons pas assez d’antitoxines», déclare-t-il sous couvert d’anonymat.
Pire que des avions-suicide, des attaques biologiques, par exemple à l’anthrax, pourraient anéantir des populations entières, une menace que les dirigeants américains prennent très au sérieux en tentant de s’y préparer. «Une attaque de terroristes peut arriver à tout moment» et partout : «Ils peuvent nous menacer de guerre chimique, biologique, de missiles», a déclaré à la télévision le secrétaire à la Défense américain Donald Rumsfeld, notant que plusieurs «États hébergeant des organisations terroristes disposent d’armes chimiques et biologiques». Son prédécesseur William Cohen avait déjà tiré la sonnette d’alarme en évoquant une hypothétique dispersion de germes d’anthrax dans le métro de la capitale Washington, qui ferait des dizaines de milliers de morts. Cette bactérie ne peut être...