Arabes et musulmans d’Amérique, inquiétés par une série d’attaques perpétrées ce week-end contre des membres de cette communauté, ont reçu lundi le soutien du président George Bush qui s’est rendu au centre islamique de Washington pour montrer au pays la nécessité de ne pas faire d’amalgame entre l’islam et le terrorisme. «Le président estime qu’il est très important que tous les dirigeants américains disent à travers tout le pays que les musulmans américains sont des Américains et qu’ils aiment, eux aussi, leur drapeau», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer. Depuis les attentats de New York et de Washington mardi dernier, la communauté arabe et musulmane vit dans l’angoisse de devenir un bouc émissaire d’un carnage qui a fait plus de 5 500 morts ou disparus, dont l’essentiel dans les tours du World Trade Center. Plusieurs centaines d’incidents visant des musulmans sont survenus aux États-Unis depuis les attentats, incitant le comité américain de protection des droits civiques (UCCR) à mettre en place un numéro d’urgence pour signaler les actes ou discriminations contre des membres de cette communauté. «Nous avons ouvert 40 enquêtes pour crimes racistes, notamment pour des attaques contre des Américains d’origine arabe et des institutions», liées à cette communauté, a annoncé lundi le chef du FBI Robert Mueller assurant que le département de la Justice et le FBI étaient déterminés à combattre «avec force» les violations aux lois fédérales sur les crimes racistes. «Si nous permettons aux terroristes de nous rendre intolérants, ils auront gagné», a de son côté lancé la présidente de l’UCCR, Mary Frances Berry, ajoutant que «nous ne devons pas laisser notre désir de trouver les coupables nous conduire à un comportement irresponsable et non américain». Deux des actes les plus graves sont survenus dans le sud des États-Unis, le premier à Mesa dans l’Arizona (sud-ouest) où un employé sikh d’une station-service, Balbir Singh Sodhi, 49 ans, a été tué d’un coup de feu par un individu. Ce dernier, avant d’être arrêté, a également tiré sur l’employé d’origine libanaise d’une autre station service, sans l’atteindre, et sur une maison habitée par une famille d’origine afghane. À Dallas (Texas), le propriétaire pakistanais d’un magasin a été tué par balles samedi soir. La police de la ville a indiqué au Conseil pour les relations américano-islamiques (CAIR) qu’elle enquêtait sur ce crime qu’elle considérait comme raciste et lié aux attentats. Le CAIR indiquait en outre lundi avoir été alerté sur «plusieurs centaines d’incidents, parmi lesquels des menaces, discriminations et violences» depuis les attentats du 11 septembre, qui, selon cette organisation, touchent également beaucoup les femmes portant le foulard islamique et les étudiants d’origine arabe dans les universités et écoles américaines. L’organisation signalait aussi lundi deux cas de voitures lancées contre des mosquées, dans l’Ohio et l’Indiana. Si la Chambre des représentants américaine appelait jeudi, dans une résolution votée à main levée, tous les Américains à faire preuve de solidarité, avec les victimes des attentats, et de patriotisme, en arborant sur leurs maisons le drapeau national pendant 30 jours, elle adoptait une autre résolution samedi, condamnant toute violence contre les Américains d’origine arabe, musulmans et asiatiques vivant dans le pays.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Arabes et musulmans d’Amérique, inquiétés par une série d’attaques perpétrées ce week-end contre des membres de cette communauté, ont reçu lundi le soutien du président George Bush qui s’est rendu au centre islamique de Washington pour montrer au pays la nécessité de ne pas faire d’amalgame entre l’islam et le terrorisme. «Le président estime qu’il est très important que tous les dirigeants américains disent à travers tout le pays que les musulmans américains sont des Américains et qu’ils aiment, eux aussi, leur drapeau», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer. Depuis les attentats de New York et de Washington mardi dernier, la communauté arabe et musulmane vit dans l’angoisse de devenir un bouc émissaire d’un carnage qui a fait plus de 5 500 morts ou disparus, dont...