Vainqueur de deux étapes de la Vuelta, l’Écossais David Millar, 24 ans, est considéré comme un des grands espoirs du cyclisme, selon des spécialistes qui craignent pourtant que le côté fêtard de cet Écossais, ne gâche son potentiel de vainqueur possible du Tour de France. Il y a quelques années, Avril Millar, sa mère, a placé 100 livres (160 euros) chez un bookmaker anglais. Le pari : David gagnera un jour le Tour de France. «Elle a perdu 100 livres», plaisante le fils qui refuse pour le moment d’endosser le statut de vainqueur potentiel d’un Grand Tour. «Pour gagner une course à étapes, il faut que je m’améliore beaucoup en montagne, sans trop perdre en contre-la-montre. Mais, pour le moment, je suis loin du compte», estime David Millar, que certains voient suivre les pas de Lance Armstrong avec qui il partage de nombreux points communs et qui a également commencé sa carrière chez Cofidis. Révélation tardive Le talent de Millar a été révélé sur le tard. Né à Malte, ce fils de pilote de ligne a longtemps vécu à Hong Kong, loin des courses de vélo. Il n’a découvert le cyclisme qu’à l’âge de 15 ans alors qu’il était en vacances en Angleterre. Une année plus tard, Millar remportait ses premières courses et était repéré par les recruteurs. Trois ans après, il prenait une licence au VC Saint-Quentin (nord de la France). Repéré par Cyrille Guimard, parrainé par Toni Rominger, il signe à 20 ans pour l’équipe Cofidis. À 23 ans, il participe à son premier Tour de France et endosse, dès le prologue, le maillot jaune de leader de la plus grande course du monde. «J’ai tout de suite compris que j’avais du talent. Un talent physique. Je ne connais personne qui, à moins de 25 ans, peut me battre sur un contre-la-montre. Je suis différent», explique ce fils de bonne famille découvrant un monde nouveau. Manque de sérieux «Quand tu viens pour courir en Europe, tu rencontres des tas de Français, des Belges et des Italiens qui ont sacrifié leur jeunesse, ne sont pas allés au lycée parce qu’on les a repérés très jeunes. Ils manquent de culture et d’expérience du monde réel. Moi, j’ai eu la chance d’arriver beaucoup plus tard», explique David. Ce talent lui joue des tours et certains doutent de sa capacité à se discipliner. «Il faudrait qu’il soit plus sérieux pour progresser. Il préfère faire la fête et il n’est pas rigoureux dans ses entraînements. Un gâchis» affirme-t-on dans le milieu. Le coureur, lui, refuse pour le moment de mener une vie d’ascète : «Quand je suis arrivé en France, j’ai passé un an et demi sans boire, sans sortir, sans faire la fête, alors que tous mes amis étaient à la fac et s’amusaient. Moi, j’étais coincé dans un village pourri du nord de la France et je me suis dit qu’est-ce que je fais là ? Quand j’aurai 25 ans, tous mes amis auront des boulots et j’aurais raté mes années d’étudiant. C’est là que j’ai décidé qu’il fallait profiter des deux mondes. Il y a des périodes où je suis très sérieux et d’autres où je décompresse». L’année prochaine, David Millar aura 25 ans. Ses amis auront donc du travail et sortiront moins. Millar pourrait ainsi s’entraîner plus sérieusement et permettre à sa mère d’espérer pouvoir un jour récupérer un peu plus que les 100 livres déposées chez le bookmaker.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Vainqueur de deux étapes de la Vuelta, l’Écossais David Millar, 24 ans, est considéré comme un des grands espoirs du cyclisme, selon des spécialistes qui craignent pourtant que le côté fêtard de cet Écossais, ne gâche son potentiel de vainqueur possible du Tour de France. Il y a quelques années, Avril Millar, sa mère, a placé 100 livres (160 euros) chez un bookmaker anglais. Le pari : David gagnera un jour le Tour de France. «Elle a perdu 100 livres», plaisante le fils qui refuse pour le moment d’endosser le statut de vainqueur potentiel d’un Grand Tour. «Pour gagner une course à étapes, il faut que je m’améliore beaucoup en montagne, sans trop perdre en contre-la-montre. Mais, pour le moment, je suis loin du compte», estime David Millar, que certains voient suivre les pas de Lance Armstrong avec qui il...