Le deuil des familles des victimes des attentats de Washington et de New York va se prolonger des années, au rythme de l’identification des corps, confie le fils de victimes du crash d’un avion d’EgyptAir en 1999. Jeff Kowalsky peut partager son amère expérience : il rentre dimanche à Detroit (nord) pour l’enterrement de certains restes du corps de son père, que la famille vient de recevoir. Cela fait près de deux ans que ses parents, Larry et Edith Kowalsky, en route pour des vacances au Kenya, ont sombré dans l’Atlantique au large de Boston (Massachusetts) à bord du vol 990 d’EgyptAir New York - Le Caire. «Rien ne va se passer rapidement, rien ne va être facile, le processus d’identification va prendre des années», assure Jeff, un photographe de 35 ans venu à New York couvrir l’attentat contre les tours du World Trade Center. «D’autant plus, rappelle-t-il, que pour EgyptAir il n’y avait que 217 corps, alors que là on les compte par milliers, avec en plus ceux du Pentagone et de Pennsylvanie». Outre les quelque cinq mille morts de New York, l’offensive terroriste du 11 septembre a également ravagé une partie du Pentagone, près de Washington, et un avion détourné par les terroristes s’est écrasé en Pennsylvanie, sur la côte est. Jeff Kowalsky se rappelle que lui, ses trois frères et un oncle avaient dû donner un peu de leur sang pour aider à l’identification de l’ADN de ses parents. «On a également expédié le dossier dentaire de mes deux parents», précise-t-il. «Juste un an après le crash, le médecin légiste du Rhode Island a laissé partir les restes (des corps), et on a pu célébrer les funérailles». «Il y a un mois, on a appris qu’on avait découvert d’autres restes du corps de mon père, alors on fait une cérémonie dimanche. Ça dure et ça dure. Ça ne finit jamais». «Pour nous, au moins, on était sûr de ce qui était arrivé à tous les passagers de l’avion. Mais là, pour les familles, ça va être terrible, parce qu’elles se disent qu’elles ont peut-être des proches qui vivent encore». D’après sa propre expérience, les autorités vont employer les grands moyens pour mener à bien le délicat travail d’identification. «Pour nous, quand on est allé donner notre sang, on a été convoqué dans un cimetière militaire. C’était évident qu’ils allaient employer les grands moyens». «Là, ça a déjà commencé. J’ai vu qu’on avait demandé aux gens d’apporter des cheveux recueillis sur les brosses et les peignes des personnes disparues».
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