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Actualités - Chronologies

Du haut de l’Empire State Bulding, un grand vide vers le sud

Du haut des 381 mètres de l’Empire State Building, ce vieux et fier gratte-ciel new-yorkais, les regards se tournent vers le sud et immédiatement, un vide saute aux yeux : la vue s’étend loin vers la mer, sans être barrée par les deux tours géantes du World Trade Center. Samedi matin, plusieurs centaines de touristes et de New-Yorkais, ont voulu constater de leurs propres yeux ce que les images des télévisions leur ont déjà montré en continu depuis quatre jours : les deux tours jumelles réduites en poussière par deux avions-suicide. «J’avais ce sentiment : je devais venir ici. Quand vous voyez ce drame dans les journaux, ça semble encore irréel». Erik Anderson, un New-Yorkais de 40 ans, fixe pendant de longues minutes l’opaque fumée blanche qui se dégage encore des décombres, à cinq kilomètres au sud, et éclate en sanglots. «Je ne sais pas ce que je ressens», avoue Gary Reid, un étudiant écossais. «Quand vous voyez cette fumée, c’est juste triste», lâche-t-il d’une voix blanche. Sur la plate-forme panoramique, au 86e étage, les déclencheurs des appareils photo cliquent, les jumelles d’observation sont prises d’assaut. James Maiarana prend la pose avec ses trois garçons, tous de moins de 10 ans. Il est venu en famille depuis Buffalo, à l’autre bout de l’État de New York. «Ils ont vu la destruction à la télé, ils ont vu le diable. J’étais au travail, je ne pouvais pas en bouger. Donc j’ai voulu les amener ici, pour qu’ils voient le bien, les volontaires, les secouristes». Pendant le week-end, James a prévu une série de visites aux sites new-yorkais liés d’une manière ou d’une autre aux attentats, comme à l’Armory, où les familles viennent s’enquérir du sort de proches disparus. Dans l’air limpide de la matinée, les bruits des sirènes de quelques véhicules de secours qui se rendent dans le sud de Manhattan remontent, étouffés. Monika Bolz, une Allemande traînée par son mari Peter sur la plate-forme, est anxieuse à l’idée de se trouver si haut. «Ce n’est pas risqué, maintenant toutes les mesures de sécurité ont été prises», essaye-t-il de la raisonner. Ce couple d’Allemands était le premier à faire la queue, samedi à 00h30 du matin, pour monter au sommet du gratte-ciel. Quelques heures plus tard, ils étaient des centaines à attendre, seulement pour voir les visites à nouveau interdites à la suite d’alertes à la bombe. Inauguré en 1931, l’Empire State Building est un symbole pour les New-Yorkais, un défi relevé en moins de treize mois en pleine période de dépression économique. Il est resté le plus haut gratte-ciel de New York, jusqu’à la construction des deux tours jumelles en 1973. Depuis mardi il l’est à nouveau... Cela fait quatorze ans que Marion Hurley travaille ici avec sa femme et s’enorgueillit de n’avoir jamais eu peur. «On ne peut pas vivre avec la peur», explique-t-il, philosophe. «Tu dois continuer et vivre ta vie. C’est ce que je fais. Je vends des souvenirs dans l’Empire State Building». Mais, pour une fois, les touristes délaissaient les répliques du célèbre building et se ruaient sur les cartes postales des Twins Towers.
Du haut des 381 mètres de l’Empire State Building, ce vieux et fier gratte-ciel new-yorkais, les regards se tournent vers le sud et immédiatement, un vide saute aux yeux : la vue s’étend loin vers la mer, sans être barrée par les deux tours géantes du World Trade Center. Samedi matin, plusieurs centaines de touristes et de New-Yorkais, ont voulu constater de leurs propres yeux ce que les images des télévisions leur ont déjà montré en continu depuis quatre jours : les deux tours jumelles réduites en poussière par deux avions-suicide. «J’avais ce sentiment : je devais venir ici. Quand vous voyez ce drame dans les journaux, ça semble encore irréel». Erik Anderson, un New-Yorkais de 40 ans, fixe pendant de longues minutes l’opaque fumée blanche qui se dégage encore des décombres, à cinq kilomètres au sud, et...