Rechercher
Rechercher

Actualités - Biographies

Gaby Lteif - « en toute franchise »

Gaby Lteif a connu le bonheur de vivre et de présenter les plus beaux jours de notre télévision aux temps de sa splendeur. Des jours de pluie, d’arc-en-ciel, guerres et paix, des soirées en noir et blanc puis en technicolor. Il en reste des souvenirs haut en couleurs. Des impressions en quadrichromie. Trois semaines de vacances passées au pays. Retrouvailles ravies avec le soleil – Gaby Lteif est toute bronzée – et rendez-vous quotidien avec l’air du Liban qu’elle aime à respirer à pleins poumons ; elle en est souriante, presque sereine. Nostalgique, déjà, à la veille de son très prochain départ où elle va retrouver son «autre elle», sa «moitié» parisienne depuis janvier 1986. «J’aime Paris, ses rues, sa culture, sa langue», confie-t-elle de sa voix posée, intacte, professionnelle. Paris… Elle en a toujours rêvé, «je voulais faire des études de philosophie et de psychologie à la Sorbonne». Son père dit oui, puis se rétracte ; «il voulait que je devienne ambassadrice !». Il accepte enfin de faire un compromis. «Tu aimerais faire de la télévision ?», propose-t-il en guise de consolation. La jeune demoiselle accepte le lot et s’inscrit en cours d’information. «Je voulais un espace de liberté, la télévision me semblait idéale». Débute ainsi une longue carrière sur la chaîne 5 et 11. «Il ne faut pas oublier que cette télévision a vu défiler des “gens de bonne famille” qui avaient envie d’y travailler. Il s’y passait des choses très importantes, tout était encore inédit». S’enclenche alors une grande histoire d’amour qui dure encore. «Après avoir suivi un stage d’un an auprès de Adel Malek, présentateur du premier talk-show politique télévisé, je savais enfin ce que je voulais faire, je voulais être présentatrice de programmes. Nous étions une douzaine de jeunes filles choisies parmi plus de cinq cents par un jury fort intimidant. Je me souviens de mon angoisse et de la difficulté que j’ai eu à la cacher». Des programmes, elle en présentera beaucoup, jeux, variétés, sous la direction des plus grands, Jean-Claude Boulos, Gaston Chikhani ou encore Riad Charara. «Ils étaient les maîtres du studio, moi une simple débutante qui voulait apprendre. J’ai évolué avec cette envie d’apprendre». De longues journées et soirées passées devant la caméra, elle se souviendra de tout, «je me souviens même du jour où la télévision est passée du noir et blanc à la couleur. Je présentais ce soir-là une émission qui s’appelait d’ailleurs – heureuse coïncidence – “Alouan”». De l’angoisse, elle en ressentira tous les jours les malaises rapidement balayés par la caméra. «Je suis une personne qui doute. Paradoxalement, le moment où l’on passe à l’écran devient alors un havre de paix. Pour un moment. Mais où l’on est tout seul, où les flambeurs que nous sommes misons tout à chaque fois». Les belles couleurs de la glorieuse télévision libanaise seront vite ternies par la guerre et les conditions de travail dangereuses et difficiles. En 1986, Gaby décide de s’en aller. «Je ne pouvais plus supporter toutes ces violences, cette contradiction entre le sourire que j’affichais et la violence qui m’habitait. Il fallait que je m’éloigne». Destination : Paris, bien sûr. Paris et RMC, une seconde vie Gaby Lteif quitte donc ses deux amours, la télévision et le Liban, pour retrouver ses passions, Paris et la radio. En langue française, bien sûr. «J’ai tout de suite démarré à Radio Monte-Carlo». De présentatrice, elle se transforme en ambassadrice, son père en aurait été très heureux – avec pour charme sa voix et le parfum de Beyrouth – réunissant autour d’elle des personnalités politiques, artistiques et autres du monde arabe. Des nombreuses émissions, les auditeurs retiendront En toute franchise, interrompue il y a un an, après une présence de deux fois deux ans, L’autre visage, «où il s’agit, depuis 5 ans, de découvrir et faire découvrir “l’autre visage”, la face cachée de l’invité, personnage du monde politique, littéraire, artistique ou culturel arabe». Et enfin, Le rendez-vous du vendredi, «un salon oriental qui ouvre ses portes à tous les artistes et intellectuels arabes de passage dans la capitale parisienne». Heureuse, Gaby Lteif ? «Je m’y attelle ! À l’étranger, on apprend la différence. Le manque. Et les défis». Le succès de la réussite et de la longévité ? «Être authentique, les gens perçoivent la vérité de l’autre, et… ce quelque chose d’indéfinissable». Probablement… une certaine franchise. Carla HENOUD
Gaby Lteif a connu le bonheur de vivre et de présenter les plus beaux jours de notre télévision aux temps de sa splendeur. Des jours de pluie, d’arc-en-ciel, guerres et paix, des soirées en noir et blanc puis en technicolor. Il en reste des souvenirs haut en couleurs. Des impressions en quadrichromie. Trois semaines de vacances passées au pays. Retrouvailles ravies avec le soleil – Gaby Lteif est toute bronzée – et rendez-vous quotidien avec l’air du Liban qu’elle aime à respirer à pleins poumons ; elle en est souriante, presque sereine. Nostalgique, déjà, à la veille de son très prochain départ où elle va retrouver son «autre elle», sa «moitié» parisienne depuis janvier 1986. «J’aime Paris, ses rues, sa culture, sa langue», confie-t-elle de sa voix posée, intacte, professionnelle. Paris… Elle en a...