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Actualités - Chronologies

Paris en état de « drôle de guerre »

L’onde de choc des attentats aux États-Unis a gagné lentement Paris où plusieurs centaines de soldats se sont déployés hier. «État de guerre, les islamistes déclarent la guerre à l’Occident», proclament en lettres énormes les affiches des kiosques à journaux, tandis que policiers et militaires stationnent dans les rues et auprès des principaux bâtiments publics. Pourtant, c’est plutôt l’ambiance d’une «drôle de guerre» qui règne encore dans les hauts lieux touristiques comme Notre-Dame ou la tour Eiffel, où les touristes se pressent toujours en nombre. Si la sécurité et les fouilles ont été renforcées au pied de la tour, aucun policier n’est visible à Notre-Dame de Paris, où l’entrée est gratuite et les visiteurs défilent dans un flot ininterrompu, obligeant un responsable à réclamer le silence par un grand «chut» dans un haut-parleur. «Les seules consignes que nous avons eues sont d’augmenter les rondes, afin de détecter les colis suspects. Contrôler les entrées ici, c’est impossible, c’est cent personnes à la minute», dit le seul vigile posté à l’entrée de la cathédrale. L’ambiance est plus grave à deux pas, devant le Palais de justice, où les gendarmes en faction ont revêtu des gilets pare-balles, portent leurs armes et ont installé des portiques de sécurité. Une voiture de police stationne en permanence au milieu de la rue qui sépare le Palais de justice de la préfecture de police. Devant la préfecture, les policiers dressent brusquement un périmètre de sécurité. Un colis suspect a été repéré, les services de déminage sont alertés, pour rien : il s’agit d’une fausse alerte. À deux pas, les cafés se sont remplis avec l’averse et à cinquante mètres, près du métro, alors que les démineurs s’affairent, le marché aux fleurs bat son plein, filmé par les caméscopes des nombreux touristes. « Techno parade » annulée Au grand magasin de la Samaritaine, rue de Rivoli, et dans le centre commercial des Halles, les allées sont toujours pleines mais de nombreux vigiles au brassard rouge portant le mot «sécurité» contrôlent les allées et venues. Dans le métro, les corbeilles ont été scellées et un message est diffusé régulièrement : «Pour notre sécurité à tous, les bagages à main peuvent être contrôlés, n’hésitez pas à nous contacter. Soyons attentifs ensemble». À Châtelet, l’un des plus grandes stations du métro, les militaires, présents en ces lieux au moment des attentats de 1995, sont absents. Sur la ligne 14 Madeleine-Bibliothèque François-Mitterrand, des employés de la RATP parcourent de long en large les rames automatiques sans chauffeur, à la recherche d’un éventuel colis suspect. À la gare de Lyon, seules deux patrouilles composées chacune de deux appelés en tenue de camouflage et d’un policier sont présentes dans les immenses halls mais sur les quais, les TGV partent vers Lyon et Marseille sans mesures de sécurité particulières. Sur les Champs-Élysées, nulle trace d’uniforme. Le restaurant McDonald’s est plein. Aucun vigile n’a été mobilisé, des hôtesses en uniforme vert distribuent des ballons aux enfants. Devant les écoles et les crèches de la ville, des barrières ont été dressées et le stationnement est interdit. «Ce sont des mesures de sécurité légitimes, ce sont tous les pays occidentaux qui sont concernés», dit une institutrice. Après avoir hésité, la municipalité et la préfecture de police ont annulé la «techno parade» qui était prévue samedi prochain et pour laquelle plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient attendues au Champ-de-Mars, non loin de la tour Eiffel. Les journées du patrimoine, prévues le week-end prochain, ont également été annulées. D’autres manifestations comme la «journée sans voitures» où une grande partie de la voirie devait être réservée aux piétons et aux cyclistes, le 22 septembre, pourraient aussi être annulées, dit-on à la mairie.
L’onde de choc des attentats aux États-Unis a gagné lentement Paris où plusieurs centaines de soldats se sont déployés hier. «État de guerre, les islamistes déclarent la guerre à l’Occident», proclament en lettres énormes les affiches des kiosques à journaux, tandis que policiers et militaires stationnent dans les rues et auprès des principaux bâtiments publics. Pourtant, c’est plutôt l’ambiance d’une «drôle de guerre» qui règne encore dans les hauts lieux touristiques comme Notre-Dame ou la tour Eiffel, où les touristes se pressent toujours en nombre. Si la sécurité et les fouilles ont été renforcées au pied de la tour, aucun policier n’est visible à Notre-Dame de Paris, où l’entrée est gratuite et les visiteurs défilent dans un flot ininterrompu, obligeant un responsable à réclamer le...