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Actualités - Chronologies

Hommage - Distinction honorifique argentine au père Abou

L’ambassadeur d’Argentine, M. José Pedro Pico, a remis au recteur de l’Université Saint-Joseph, le père Sélim Abou, les insignes d’officier de l’Ordre du Libertador General San Martin. Une cérémonie a eu lieu à cette occasion mercredi soir à la résidence de l’ambassadeur, en présence d’un grand nombre de personnalités. Dans son allocution, M. Pico a notamment déclaré : «Par mon intermédiaire, l’Argentine rend aujourd’hui hommage, tout d’abord, au recteur de l’Université Saint-Joseph, une institution dont vous avez enrichi l’influence et le rôle au Liban, en y développant les composantes pédagogique, politique et éthique sans lesquelles – vous l’avez souvent souligné – une véritable université ne mériterait pas son nom (…). L’Argentine veut aussi distinguer l’intellectuel, engagé dans le présent libanais : vous avez su maintenir vivant le langage de l’esprit critique et vous n’avez jamais hésité à défendre une certaine idée de la spécificité libanaise, fondée sur une vision démocratique et plurielle, prenant en considération l’existence de communautés diverses, dont le rôle doit être reconnu et valorisé. (…) L’Argentine, enfin, veut aussi honorer en vous l’argentinophile ou devrai-je dire l’argentinologue, si vous me pardonnez ce barbarisme». Et M. Pico de conclure : «Jorge Luis Borges écrivait : “Nous sommes des êtres harcelés par différentes loyautés”. Je crois que vous avez su les intégrer : homme d’Église ; intellectuel libanais francophone ; anthropologue ; écrivain engagé ; recteur d’université et peut-être, plus encore aujourd’hui qu’hier, un Argentin de cœur». Le père Abou a pris à son tour la parole pour remercier l’ambassadeur de l’honneur qu’il lui fait en lui remettant ces insignes : «Je ne suis pas du tout sûr que je mérite cette distinction, mais je suis sûr que l’Argentine a joué, dans ma vie professionnelle et personnelle, un rôle capital, a déclaré le père Abou. Il y a exactement quarante ans, je débarquais dans ce pays dont j’ignorais tout, pour y accomplir la dernière année de ma formation jésuite. (…) J’ai été immédiatement fasciné par l’Argentine et d’abord par le contraste entre ses constantes géo-historiques et celles du Liban. Durant quarante ans, je suis retourné chaque année en Argentine, soit pour y enseigner la philosophie moderne et contemporaine, à l’Université du Salvador à Buenos Aires ou à l’Institut Montoya à Posadas, soit pour effectuer des recherches sur l’intégration nationale argentine (…). De ces recherches devaient naître deux études de terrain, parues sous le titre de Immigrés dans l’autre Amérique et Retour au Parana. Ce dernier fut immédiatement suivi d’une étude sur l’étonnante histoire de la République jésuite des Guaranis». Le père Abou a fait part en outre de sa surprise lorsqu’il découvrit que le général Don José de San Martin, le libérateur de l’Argentine, du Chili et du Pérou, vénéré par tous les Argentins comme «le père de la patrie», était né en 1771 à Yapeyu, localité fondée par les jésuites en 1627, et qu’il avait fait ses études dans un collège jésuite en Espagne. «Dès lors, un sentiment de proximité s’est ajouté à l’admiration que j’éprouvais pour le grand stratège, héros de l’épopée andine ; pour l’homme d’État, obsédé par le souci de l’indépendance et de la souveraineté de son pays ; pour l’homme politique intègre et désintéressé, qui choisit l’exil volontaire pour marquer son rejet des intrigues politiciennes dans lesquelles se débattait son pays à peine libéré ; de l’homme de principes enfin, qui écrivait à sa fille : “Seràs lo que debes ser o no seràs nada” (tu seras ce que tu dois être ou tu ne seras rien)», a déclaré le recteur de l’USJ.
L’ambassadeur d’Argentine, M. José Pedro Pico, a remis au recteur de l’Université Saint-Joseph, le père Sélim Abou, les insignes d’officier de l’Ordre du Libertador General San Martin. Une cérémonie a eu lieu à cette occasion mercredi soir à la résidence de l’ambassadeur, en présence d’un grand nombre de personnalités. Dans son allocution, M. Pico a notamment déclaré : «Par mon intermédiaire, l’Argentine rend aujourd’hui hommage, tout d’abord, au recteur de l’Université Saint-Joseph, une institution dont vous avez enrichi l’influence et le rôle au Liban, en y développant les composantes pédagogique, politique et éthique sans lesquelles – vous l’avez souvent souligné – une véritable université ne mériterait pas son nom (…). L’Argentine veut aussi distinguer l’intellectuel,...