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Actualités - Chronologies

Les maoïstes du Népal parmi les derniers adeptes du Grand Timonier

Vingt-cinq ans après la mort de Mao Tsé-Toung, des rebelles népalais sont parmi les derniers guérilleros à se réclamer du Grand timonier. Si, en Chine même, le maoïsme a fait long feu, au Népal, le petit mouvement armé né en 1996 est devenu une véritable force politique et militaire, surfant sur le mécontentement alimenté par la pauvreté des vallées arides de cet État himalayen. En février de cette année-là, quelque 250 maoïstes népalais lançaient leur première opération de «guerre du peuple». Moins de six ans plus tard, les émules du révolutionnaire qui changea la face de la Chine, le grand voisin du Nord, contrôlent des pans entiers de l’ouest du Népal, ses régions les plus défavorisées. Au prix de combats et d’attentats qui ont fait quelque 1 800 morts, ils ont constitué une force de quelque 8 500 militants bien entraînés et soutenus par 15 000 «volontaires» rémunérés. Tenant la dragée haute à la police, ils ont obligé le gouvernement de Katmandou à créer une force spéciale de 15 000 hommes pour les combattre. Sous la direction de leur chef Pushpa Kamal Dahal (plus connu sous le nom de Prachand), les maoïstes népalais se sont inspirés de la stratégie qui fit le succès de l’auteur du Petit livre rouge. Ils ont compris que, comme en Chine, la conquête du pouvoir passait par celle des campagnes, où vit la majorité de la population, souvent dans des conditions de grande pauvreté. Beaucoup de gens sont sensibles à leurs mots d’ordre sociaux. «Ils disent qu’ils veulent promouvoir l’éducation, libérer les pauvres et créer des emplois pour les jeunes dans les villages», explique Padma Ratna Tuladhar, un militant des droits de l’homme. Sur le plan politique, ils réclament l’abolition de la monarchie vieille de plus d’un siècle et son remplacement par une république. Les guérilleros ont d’ailleurs reçu une aide inespérée et involontaire du prince héritier Dipendra qui, dans des circonstances mystérieuses, massacra le roi Birendra et neuf autres membres de sa famille avant de se suicider début juin. Mais si leur succès est indéniable, leurs méthodes expéditives et leurs préceptes «intégristes» suscitent des critiques. «Les maoïstes du Népal ne sont communistes que de nom», dit un analyste politique et défenseur des droits de l’homme, Kapil Shrestha. «Les maoïstes chinois, tout en se lançant dans la guérilla, n’ont jamais eu recours à la terreur et à l’intimidation. Les maoïstes népalais ont fait du meurtre et du terrorisme leur arme favorite», dit ce membre de la commission népalaise des droits de l’homme. Sur le plan idéologique, les rebelles ont obtenu le mois dernier du gouvernement qu’il interdise la consommation d’alcool au Népal quatre jours par mois. L’alcool était accusé par une organisation de femmes maoïste de favoriser la violence domestique. Mais des défenseurs des droits de l’homme y ont vu un premier pas vers un régime intégriste violant les traditions népalaises et menaçant des rites religieux où l’alcool est utilisé, comme les mariages et les naissances. «Il s’agit d’un terrorisme culturel imposé par les rebelles qui suivent la voie des taliban», les milices islamistes au pouvoir à Kaboul, se plaint Anata Paudel, un travailleur social. Accusé de faiblesse à l’égard de la guérilla, le Premier ministre Girija Prasad Koirala a dû démissionner en juillet. Son successeur Sher Bahadur Deuba et les rebelles ont décidé une trêve et accepté d’ouvrir des négociations. Une première rencontre a eu lieu le mois dernier. Une autre est prévue la semaine prochaine.
Vingt-cinq ans après la mort de Mao Tsé-Toung, des rebelles népalais sont parmi les derniers guérilleros à se réclamer du Grand timonier. Si, en Chine même, le maoïsme a fait long feu, au Népal, le petit mouvement armé né en 1996 est devenu une véritable force politique et militaire, surfant sur le mécontentement alimenté par la pauvreté des vallées arides de cet État himalayen. En février de cette année-là, quelque 250 maoïstes népalais lançaient leur première opération de «guerre du peuple». Moins de six ans plus tard, les émules du révolutionnaire qui changea la face de la Chine, le grand voisin du Nord, contrôlent des pans entiers de l’ouest du Népal, ses régions les plus défavorisées. Au prix de combats et d’attentats qui ont fait quelque 1 800 morts, ils ont constitué une force de quelque 8...