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Actualités - Chronologies

L’UE prépare déjà l’après - « Moisson essentielle »

Les ministres des Affaires étrangères des Quinze effectuent ce week-end leur rentrée par un difficile débat sur la politique à mener en Macédoine à l’issue de l’opération «Moisson essentielle». Les chefs de la diplomatie européenne, qui se réunissent à huis clos aujourd’hui et demain à Genval, dans la grande banlieue de Bruxelles, conviennent tous de la nécessité de ne pas abandonner la Macédoine à son sort lorsque prendra fin la collecte des armes des rebelles albanophones, le 26 septembre prochain. L’Otan a annoncé que cette opération, qui est un succès selon elle, ne sera pas prolongée d’un seul jour, et il est douteux que les tensions cessent comme par enchantement. Même si l’accord du 13 août accorde une série de droits supplémentaires à la minorité albanophone par le biais de réformes institutionnelles, les affrontements peuvent en effet reprendre à tout moment. Mais le consensus s’arrête là et il paraît exclu que les Quinze approuvent, en tout cas à ce stade, la proposition de l’envoyé spécial de l’Union européenne, François Léotard, qui a suggéré que l’UE envoie 1 500 hommes en Macédoine pour prendre le relais des 3 500 soldats de «Moisson essentielle». «C’est un peu en avant de la musique», dit-on à Paris. «Nous n’avons pas les réponses maintenant», renchérit un responsable de la présidence belge de l’Union européenne. De nombreuses questions restent en effet ouvertes. Si la majorité slave n’est guère favorable au maintien d’une force de l’Alliance atlantique dans le pays, la minorité albanophone ne se sent protégée que par les soldats alliés. À Paris, à Berlin et à Bruxelles, les avis convergent : il faut définir ce que l’on va faire – ce sera l’objet principal de la discussion à Genval, sur la base d’un rapport du chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, retour de Macédoine – avant de décider de la forme d’une opération et du mandant. Hésitations… Pas question, donc, de brûler les étapes et d’envoyer sur place une force de l’UE pour démontrer la montée en puissance de sa Politique étrangère et de défense (Pesd). «L’enjeu n’est pas d’illustrer la Pesd en marche», souligne un diplomate qui reconnaît toutefois que François Léotard est «dans son rôle» d’envoyé spécial de l’Union européenne en présentant une telle proposition. Au Quai d’Orsay, on souligne qu’il ne s’agit pas d’un «ballon d’essai» français, comme le pensent certains. Les Quinze débattront également du financement de la reconstruction et des mesures de confiance entre les deux principales communautés du pays, conformément à l’accord. La Commission européenne a annoncé qu’elle ouvrirait largement les cordons de sa bourse en cas d’accord de paix dans le cadre d’une conférence des donateurs. Au total, ce seront quelque 125 millions d’euros qui seront débloqués dans les prochains mois par la seule Commission. Les chefs de la diplomatie européenne se pencheront par ailleurs sur la situation au Proche-Orient. Javier Solana, qui a été très actif sur ce dossier ces dernières semaines, devrait présenter un rapport quelques jours avant la rencontre entre le président palestinien Yasser Arafat et le ministre israélien des Affaires étrangères, Shimon Peres. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ismail Cem, pourrait pour sa part annoncer que son pays renonce à bloquer les arrangements permettant le prêt des moyens de l’Otan à la future force de réaction rapide européenne. Jusqu’à présent, Ankara refusait de donner son feu vert s’il n’est pas associé à la prise de décision au sein de l’UE. «Nous avons eu quelques indications en ce sens», a déclaré un diplomate belge avant la réunion. Dimanche, les ministres débattront entre eux, puis avec leurs homologues des 13 pays candidats à l’adhésion de l’avenir de l’Union européenne élargie.
Les ministres des Affaires étrangères des Quinze effectuent ce week-end leur rentrée par un difficile débat sur la politique à mener en Macédoine à l’issue de l’opération «Moisson essentielle». Les chefs de la diplomatie européenne, qui se réunissent à huis clos aujourd’hui et demain à Genval, dans la grande banlieue de Bruxelles, conviennent tous de la nécessité de ne pas abandonner la Macédoine à son sort lorsque prendra fin la collecte des armes des rebelles albanophones, le 26 septembre prochain. L’Otan a annoncé que cette opération, qui est un succès selon elle, ne sera pas prolongée d’un seul jour, et il est douteux que les tensions cessent comme par enchantement. Même si l’accord du 13 août accorde une série de droits supplémentaires à la minorité albanophone par le biais de réformes...