Le calme a prévalu encore hier sur le marché des changes de Beyrouth dont l’évolution continuait à être caractérisée par la persistance d’une demande commerciale du dollar en l’absence de contreparties valables à l’offre de cette monnaie en dehors de la Banque du Liban (BDL). Cela étant et compte tenu du maintien par la BDL de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert devait être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis deux ans environ. Mais eu égard à la pénurie d’offre en cette monnaie en dehors de la BDL, les établissements de crédit ont été amenés à l’acheter pour le compte de leurs clients auprès de celle-ci et au point supérieur de sa fourchette d’intervention, ont indiqué les cambistes. Toutefois, ce mouvement n’a pas pu prendre de l’ampleur en raison du potentiel toujours limité de la demande selon ces mêmes milieux qui ont estimé le volume des échanges pour la journée d’hier à quelque douze millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Reprise de l’euro à l’étranger À l’étranger, l’euro a repris de la hauteur hier face aux autres grandes monnaies, notamment le billet vert, repassant au-dessus du seuil de 0,89 dollar, après la publication d’une statistique américaine moins bonne que prévu sur le secteur non manufacturier. À cet égard, les opérateurs ont été très sensibilisés hier par l’annonce de l’Association nationale des directeurs d’achats américains (NAPM) que son indice mesurant l’évolution du secteur non manufacturier aux États-Unis aurait fléchi de 48,9 points en juillet à 45,5 points le mois dernier alors que les analystes tablaient sur une hausse à 49,3 points de cet indice. Ces chiffres sont venus donc rappeler que les États-Unis ne sont pas encore sortis du tunnel, déclenchant un mouvement de dégagement sur le dollar au profit surtout de l’euro. Cela d’autant que le vice-ministre japonais des Finances Haruhiko Kuroda estimait hier dans une déclaration à la presse que la monnaie unique européenne est «clairement sous-évaluée», affirmant que le Japon «se tient prêt à intervenir sur le marché des changes pour préserver la stabilité des taux de changes» car cette évolution ne reflète pas selon lui les fondamentaux économiques. Le billet vert s’était cependant renforcé plus tôt dans la journée en Europe après les propos tenus par le secrétaire américain au Trésor Paul O’Neill en faveur de la politique de dollar fort. M. O’Neill a d’abord dit s’attendre à une remontée en puissance de l’activité dans les prochains mois et en 2002 avec un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) d’au moins 2,5 % l’an prochain, réitérant qu’un dollar fort est dans le meilleur intérêt des États-Unis. Toutefois, les dégagements sur le dollar ont été limités hier, les investisseurs ayant estimé devoir attendre le rapport sur l’emploi américain en août aujourd’hui. Si les créations d’emplois sont mauvaises, cet affaiblissement du dollar pourrait se poursuivre en se renforçant, et si ce n’est pas le cas, les pressions sur lui devraient se relâcher. D’un autre côté, la livre sterling s’est un peu repliée hier, affectée par une nouvelle dégradation du secteur manufacturier en Grande-Bretagne de 0,5 % en juillet et de 3,2 % sur un an qui a neutralisé le statu quo monétaire observé par la Banque d’Angleterre à l’issue de la réunion hier de son comité de politique monétaire. Cela étant, le dollar s’est montré généralement vulnérable sauf contre le yen, qui a continué de souffrir des craintes d’intervention pour empêcher sa reprise. Il s’est négocié en effet à New York sur un ton faible comme suit : – 0,8950 pour un euro contre 0,8860, la veille – 1,4555 pour un sterling contre 1,4575 – 2,1850 DM contre 2,2075 – 7,3290 FF contre 7,4035 – 1,6895 FS contre 1,7075 – 2 163,45 lires contre 2 185,40 – 121,05 yens contre 120,70. Bourse de Beyrouth : baisse de Solidere B Après plusieurs journées de stabilité, la Bourse de Beyrouth a renoué avec la baisse hier consécutivement au repli des actions B de Solidere de 5,00 à 4 3/4 dollars dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a perdu 0,40 % à 54,12 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 121,85 points. Pourtant, ce mouvement ne s’est guère accompagné d’activité, dont en témoignent les quelque 13 113 actions négociées d’une valeur de 53 705 dollars seulement. Wall Street et Nasdaq déprimés par Microsoft et Motorola Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont accéléré leur recul hier, en raison de liquidations massives dans les technologiques et en particulier Microsoft et Motorola. Ce mouvement est intervenu après l’apparition de nouveaux signes de faiblesse de l’activité économique aux États-Unis tels qu’illustrés par l’indice NAPM des services. Il s’est ensuite accéléré sous l’effet d’une baisse du titre Microsoft, coté à la fois à Wall Street et sur le Nasdaq, et d’une dégringolade de l’action Motorola. Microsoft a abandonné largement du terrain après que le département de la Justice aux États-Unis eut annoncé qu’il renonce à demander le démantèlement du numéro un mondial des logiciels qu’il poursuit pour pratiques monopolistiques. Motorola a également plongé après avoir indiqué qu’il risquait d’enregistrer une perte proforma de 5 à 8 cents par action, alors que la moyenne des attentes à Wall Street était d’une perte de 5 cents. Le fabricant d’équipements de télécommunications a également annoncé qu’il allait supprimer 2 000 emplois supplémentaires dans sa division Global Telecom Solutions, en raison des difficultés rencontrées sur le marché des téléphones portables. L’ensemble des titres technologiques étaient en baisse avec Microsoft et Motorola ainsi que les aériennes après que Goldman Sachs eut révisé à la baisse ses prévisions des résultats financiers du secteur en 2001. En effet, l’indice composite Nasdaq est retombé jusqu’à 1 700 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 028,35 points et un plus bas à 9 826,24 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 857,44 points, en baisse de 175,832 points sur la veille. Forte baisse des Bourses européennes Les valeurs européennes étaient en forte baisse jeudi en fin d’après-midi, tombant à leur plus bas niveau depuis mars 1999 dans le sillage de Wall Street après les nouveaux signes de faiblesse de l’activité venus notamment des États-Unis. Une quarantaine de minutes après la fermeture de la plupart des marchés européens, l’indice européen Eurotop 300 accusait une lourde perte de 2,4 %, à 1 222,02 points, après avoir touché précédemment un point bas de deux ans et demi à 1 220,85 points. L’indice DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro abandonnait alors 2,47 % à 3 547,25 points. La situation s’est détériorée au Royaume-Uni où les chiffres de la production manufacturière, publiés ce jeudi, ont fait ressortir une baisse de 0,9 % en juillet, ce qui porte à 3 % son recul sur un an. Les investisseurs ont saisi le prétexte de ces mauvais chiffres pour se délester les valeurs TMT (technologie-médias-télécoms) dont ils doutent de plus en plus de la capacité à réaliser des résultats satisfaisants. Il est vrai que les technologiques, et notamment les fabricants d’équipements de télécoms, continuent les uns après les autres à réviser en baisse leurs prévisions de résultats. Après Alcaltel et Marconi, ce fut hier après-midi au tour de l’américain Motorola de revoir à la baisse ses anticipations de résultats pour le troisième trimestre. Parmi les plus fortes baisses du jour, on a noté Marconi qui a dévissé de 23,68 %, à 31,01 pence, alors que les inquiétudes concernant son endettement ont monté d’un cran. Toujours dans le domaine des équipementiers télécoms, le finlandais Nokia, le numéro un mondial des téléphones mobiles, a chuté de 9,23 %, à 14,59 euros. Alcatel a abandonné 4,67 %, à 14,30 euros, après un plus bas en séance à 13,55, à la suite surtout d’une révision en baisse par ABN Amro de ses prévisions d’exploitation du groupe français. Tokyo : léger mieux La Bourse de Tokyo a clôturé en hausse jeudi, en dépit de la mise sous surveillance avec implication négative de la dette du Japon par l’agence de notation Moody’s Investors Service. L’indice Nikkei 225 a progressé de 51,54 points (0,49 %) à 10 650,33, tandis que le Topix a progressé de 3,02 points, soit 0,28 %, à 1 090,74. «Je ne pense pas que la décision de Moody’s soit réellement surprenante compte tenu de l’état de faiblesse de l’économie. On s’est davantage préoccupé de la baisse du yen ; on a aussi le sentiment que le marché est survendu», a commenté Haruki Takahashi (Tsubasa Securities). Le Nikkei a perdu près de 1 % à l’annonce de la décision de Moody’s qui touche la note Aa2 donnée à la dette publique libellée en yen. Mais la baisse du yen a pris l’ascendant dans l’esprit des investisseurs, en ce qu’elle constitue un plus notable pour les exportateurs nippons. Les rendements des emprunts obligataires longs ont monté après l’annonce de Moody’s, celui de l’emprunt d’État à 10 ans passant de 1,37 % avant l’annonce à 1,405 % ensuite. Ainsi, Honda Motor, troisième constructeur automobile japonais, a progressé de 4,75 % à 4 630 yens et le numéro un, à savoir Toyota Motor, de 0,54 % à 3 750 yens.
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