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Actualités - Chronologies

Phénomène de société - Les oublié(e)s de la mode -

La créativité bat son plein... L’inspiration feuillette archives, anciennes photos et clichés d’actualité, pour mettre au point des vêtements qui reflètent passé, présent et avenir. Il arrive que l’inspiration dérape et que le résultat soit proche du «remake» d’un ancien film à succès, mais sur de beaux corps jeunes le ridicule ne tue personne... Il n’en est pas de même pour les femmes d’âge mûr. Or une des belles performances du XXe siècle fut le fait de revitaliser la maturité en prolongeant «le temps des cerises». Sport, hormonothérapies, diététique, recyclages font des quinquagénaires et au-delà actuelles des êtres dynamiques, actifs, avec un pouvoir d’achat que les économistes ne peuvent se permettre d’ignorer. Or l’offre vestimentaire actuelle ne répond pas à ce besoin. Si les immenses progrès scientifiques et technologiques ont réussi à prolonger la jeunesse ou du moins son apparence d’une bonne vingtaine d’années, les créateurs n’ont pas suivi. Et cela autant pour les hommes que pour les femmes. Entre les extravagances minimalistes, les délires inspirés, les visions futuristes et les éternels «come-back», la création stagne pour cette tranche d’âge, laissée seule à picorer d’ici de là des détails neufs, pour bricoler un style «âge neuf» ni trop jeune ni trop vieux mais habillant convenablement cette nouvelle tranche de vie active. Rien de plus déprimant dans le prêt-à-porter que la section qui couvre cet âge, jadis canonique, qui se situe entre 50 et 65 ans... Des tailleurs, des ensembles, des robes «respectables», des teintes sourdes, des modèles répétitifs, de la monotonie née de l’uniformité... à faire bâiller d’ennui et fulminer de rage... Aucun effort de création, d’innovation, de renouveau. En d’autres termes, le grand phénomène de notre temps, la prolongation de la vie active, n’a pas encore trouvé ses chantres. Les dames (les hommes aussi) en jeunesse prolongée n’ont pas encore trouvé des créateurs inspirés, des visionnaires de la mode, qui sauraient imaginer des vêtements adaptés, propres à cette rallonge de la vie active arrachée au temps démolisseur. Si Marina Rinaldi et quelques autres griffes ont su jouer les providences pour les tailles enveloppées, les quinquas (et plus) d’aujourd’hui attendent toujours leur Pygmalion qui saura les délivrer de la désolante grisaille du vêtement. Tout pour la jeunesse... Le phénomène n’est pas uniquement un fait de société. Le clivage actuel n’est que le contrecoup du culte séculaire de la vieillesse... Des siècles durant, les cheveux blancs étaient vénérés, adulés, honorés par la société. La gérontocratie prévalait dans diverses sociétés antiques et moins anciennes, imposant ses lois et ses visions, forte d’une expérience de la vie savamment exploitée. L’Amérique avec son pragmatisme ainsi que bon nombre d’autres facteurs sont venus mettre un terme au règne des têtes blanches. Action, production, compétition, proclament les temps actuels, et leur pragmatisme brutal exclut férocement ceux qui n’ont pas les dents acérés et les articulations robustes. La mode, on le sait, n’est que le miroir d’une époque. Elle ne s’intéresse qu’à ceux qui servent le mieux et le plus ses objectifs... Un marché insoupçonné Un poste innovateur dans les agences de style des capitales phares est en train d’acquérir une grande importance : celui de «chercheur(euse) de tendances». Or ces nouveaux gourous avertissent (les industriels et les créateurs commencent à tenir compte) de la création d’un nouveau marché : celui de l’âge mûr... Les gens vieillissent toujours. Mais grâce au sport, à la diététique, aux liftings, à la DHEA et aux progrès de la science, ils vieillissent plus lentement et... joliment ! On lutte contre le délabrement, la marginalisation, la déprime et la morosité de la dernière étape. Cette lutte installe ainsi un nouveau marché de plus en plus florissant, de plus en plus prometteur. En construisant un nouveau «look» à la vieillesse, on crée de nouvelles sources de revenus, de nouveaux emplois, de nouvelles perspectives. La retraite devient pour les uns un nouveau départ et pour les autres une source d’inspiration et de revenus. Qui oserait s’en plaindre ? Il y a quelques années, une pièce de théâtre, devenue film à succès, Harold and Maud, donnait le premier rôle à une femme âgée, à l’esprit et au cœur étonnamment jeunes. On a toujours dit que la littérature et les arts sont des prophètes...
La créativité bat son plein... L’inspiration feuillette archives, anciennes photos et clichés d’actualité, pour mettre au point des vêtements qui reflètent passé, présent et avenir. Il arrive que l’inspiration dérape et que le résultat soit proche du «remake» d’un ancien film à succès, mais sur de beaux corps jeunes le ridicule ne tue personne... Il n’en est pas de même pour les femmes d’âge mûr. Or une des belles performances du XXe siècle fut le fait de revitaliser la maturité en prolongeant «le temps des cerises». Sport, hormonothérapies, diététique, recyclages font des quinquagénaires et au-delà actuelles des êtres dynamiques, actifs, avec un pouvoir d’achat que les économistes ne peuvent se permettre d’ignorer. Or l’offre vestimentaire actuelle ne répond pas à ce besoin. Si les...