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Actualités - Chronologies

Ken Loach, le militant, s’en prend à Blair

Le cinéaste britannique Ken Loach s’en est pris lundi au gouvernement de Tony Blair «qui soutient les grandes corporations». «C’est un moment critique pour la classe ouvrière», a déclaré, très applaudi, le réalisateur engagé de Bread and Roses, My Name is Joe ou Raining Stones. Les syndicats sont «dans la poche du gouvernement. Ils ont cessé d’être la force qu’ils étaient autrefois. Leurs dirigeants ont abandonné le champ de bataille». «Qui organisera la résistance ?», a demandé Ken Loach, prêt à transformer la conférence de presse du Lido, rituelle et minutée, en un meeting politique. Un jeune représentant du Forum Social de Gênes, le mouvement qui a organisé les manifestations lors du sommet du G8, en juillet dernier, a d’ailleurs pris la parole affirmant : «Ce n’est pas fini. Cet automne, il y aura des manifestations dans les rues et aucune interdiction ne pourra l’empêcher, cher Berlusconi» (le chef du gouvernement italien). Pour le réalisateur britannique, le «vieux projet social-démocrate, où coexistaient entreprises privées et nationalisées, n’existe plus. Il est mort». La privatisation et la place croissante des corporations dans nos vies «ont détruit une grande partie du tissu social», a souligné Ken Loach, évoquant la pénurie d’enseignants et d’infirmières au Royaume-Uni. Le cinéaste a précisé qu’il avait commencé à faire des recherches à Glasgow pour un nouveau projet de film. «J’y ai rencontré des adolescents de 16, 17 ans, qui sont censés être au collège et qui travaillent à temps partiel comme des adultes parce que leurs parents sont au chômage. Mais ils sont sous-payés, parce qu’ils sont trop jeunes», a-t-il dit. Ken Loach a aussi évoqué le destin tragique de Rob Dawber, 44 ans, le scénariste du film, mort au début de l’année, victime de l’amiante. Il avait travaillé pendant 17 ans dans les chemins de fer britanniques et il a été licencié au moment de la privatisation. C’est lui qui a pris l’initiative d’écrire au réalisateur pour lui parler de son expérience du rail. Le jour où on lui a demandé de travailler pour nous sur ce scénario, son médecin lui a appris qu’il était condamné, a raconté Ken Loach, précisant qu’il avait pu voir le film avant de mourir.
Le cinéaste britannique Ken Loach s’en est pris lundi au gouvernement de Tony Blair «qui soutient les grandes corporations». «C’est un moment critique pour la classe ouvrière», a déclaré, très applaudi, le réalisateur engagé de Bread and Roses, My Name is Joe ou Raining Stones. Les syndicats sont «dans la poche du gouvernement. Ils ont cessé d’être la force qu’ils étaient autrefois. Leurs dirigeants ont abandonné le champ de bataille». «Qui organisera la résistance ?», a demandé Ken Loach, prêt à transformer la conférence de presse du Lido, rituelle et minutée, en un meeting politique. Un jeune représentant du Forum Social de Gênes, le mouvement qui a organisé les manifestations lors du sommet du G8, en juillet dernier, a d’ailleurs pris la parole affirmant : «Ce n’est pas fini. Cet automne, il y...