Le marché des changes de Beyrouth a entamé la semaine dans le calme dans un climat d’apaisement politique, les opérateurs étant plus ou moins rassurés par la détermination du gouvernement à assainir les finances publiques et à renforcer le processus de stabilité monétaire. Dans cette perspective, la demande du dollar devait se limiter aux besoins commerciaux du pays sans que cela constitue la moindre motivation à l’offre de cette monnaie en dehors du circuit de la Banque du Liban (BDL). Dans ces conditions, le maintien par la BDL de sa fourchette d’intervention en l’état, soit entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente du billet vert, l’a fait clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis environ deux ans. Mais, compte tenu de la pénurie d’offre en cette monnaie en dehors d’elle, les établissements de crédit ont continué à la négocier dans les transactions interbancaires au haut de sa fourchette d’intervention à 1 514,00 LL et très rarement en dehors d’elle. Cela étant, le volume des échanges est resté modérément étoffé, ne dépassant guère quelque quinze millions de dollars, presque entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, à en croire les milieux cambistes de la place. Léger redressement du dollar dans des marchés calmes à l’étranger À l’étranger, l’euro a perdu un peu de terrain en ce début de semaine, mais a évolué dans des marges étroites sur un marché calme du fait de l’absence des opérateurs américains hier en raison d’une journée fériée aux États-Unis pour la fête du Travail (Labor Day). De fait, l’euro est resté handicapé par les chiffres publiés vendredi dernier aux États-Unis, ont noté les analystes de l’agence financière Currency Network. «Il n’y a pas beaucoup d’indicateurs économiques lundi, et la fermeture des marchés américains aggrave la tendance à la baisse de l’euro», a remarqué de sa part l’agence Standard & Poor’s à Londres. De l’avis unanime des analystes financiers européens, les marchés attendent la publication aujourd’hui de l’indice de confiance des directeurs d’achat aux États-Unis (NAPM). «Avec la publication de l’indice NAPM mardi, les chiffres sur l’emploi en Allemagne mercredi et le rapport sur l’emploi américain en août vendredi, il y a de bonnes chances de retrouver un peu de volatilité sur les marchés dans la semaine», a estimé une note de la firme UBS Warburg. La Commerzbank a fixé à 0,9070 dollar, 0,9060 dollar et 0,9030 dollar les seuils de résistance de l’euro, au-delà desquels les ordres de vente sur la monnaie unique pourraient prendre de l’ampleur. De son côté, le yen est resté indifférent à l’annonce d’une rencontre le 12 septembre entre le ministre japonais des Finances, Masajuro Shiokawa, et le secrétaire américain au Trésor, Paul O’Neill. Les deux hommes se rencontreront à Tokyo au lendemain de la réunion des ministres des Finances de l’Asia Pacific Economic Cooperation (APEC) ce week-end, pour s’entretenir de la politique américaine concernant le dollar et d’une possible intervention sur les marchés des changes, a annoncé hier un responsable officiel japonais qui a requis l’anonymat. «Shiokawa et O’Neill pourraient échanger leurs points de vue sur le marché des changes, y compris la politique américaine du dollar fort, sur la possibilité d’une intervention concertée sur le marché et d’autres questions liées à ces sujets», a déclaré un autre responsable japonais à la presse. Le ministre japonais des Finances avait souhaité vendredi dernier une stabilisation de la parité dollar/yen, caractérisée actuellement par un net affaiblissement du billet vert, à travers une coopération internationale. De plus, l’euro s’est ressenti de l’annonce par l’un des six principaux instituts allemands de conjoncture, l’IWH, qui a abaissé sa prévision de croissance pour la première économie européenne à 1 % cette année contre encore 1,7 % en juillet dernier, après la stagnation de la croissance du produit intérieur brut (PIB) allemand au deuxième trimestre. «Les espoirs d’une reprise de la conjoncture en Allemagne durant l’été se sont définitivement volatilisés», a souligné l’institut IWH dans un communiqué. Et comme cela pourrait avoir des conséquences sur l’évolution de la politique monétaire dans la zone euro dans le sens d’un nouvel assouplissement du crédit par la Banque centrale européenne (BCE), le dollar s’est trouvé dans une position privilégiée face à l’euro, se négociant à Londres sur un ton soutenu comme suit : – 0,9075 pour un euro contre 0,9110, vendredi dernier à New York – 1,4525 pour un sterling contre 1,4545 – 2,1550 DM contre 2,1470 – 7,2285 FF contre 7,2005 – 1,6710 FS contre 1,6610 – 2 133,65 lires contre 2 125,45 – 118,75 yens contre 118,80. Bourse de Beyrouth : marché stable et terne À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la stabilité en ce début de semaine dans un marché terne, les quelques valeurs ayant fait l’objet de transactions, à savoir les titres A et B de Solidere ainsi que celui de la Byblos Bank C, ont reproduit leurs derniers cours de la fin de la semaine dernière. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 54,33 points ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 121,85 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires très mince avec au total 13 103 actions négociées d’une valeur de 55 876 dollars seulement. Les Bourses européennes en baisse avec France Télécom et les médias Les Bourses européennes ont été en baisse lundi en fin d’après-midi, entraînées par France Télécom et par les valeurs de médias, alors que les investisseurs apparaissent de plus en plus pessimistes sur les perspectives économiques mondiales. À la clôture de la plupart des marchés, l’indice européen FTSE Eurotop 300 et l’indice des valeurs de la zone euro DJ Euro Stoxx 50 ont perdu respectivement 1,1 % et 1,4 %. Les deux indices ont touché leurs plus bas niveaux depuis octobre 1999. Les opérateurs télécoms et les valeurs médias ont été les grandes perdantes de la journée. L’indice télécoms a perdu 2,21 %, tandis que celui des médias a cédé 1,85 %. France Télécom a dégringolé de 4,50 %, les investisseurs redoutant notamment que le titre ne soit exclu des indice Stoxx 50 et Euro Stoxx 50. France Télécom a perdu environ 80 % de sa valeur depuis la dernière refonte des composantes de l’indice DJ Stoxx, ce qui signifie que l’opérateur téléphonique français pourrait ne plus figurer parmi les 50 premières sociétés européennes en terme de capitalisation boursière. Si le titre venait à quitter les indices de référence, les gérants de fonds vendraient leurs actions pour s’adapter au changement des indices Stoxx 50 ou Euro Stoxx 50. La nervosité des investisseurs s’explique également par l’approche des résultats complets de France Télécom au titre du 1er semestre, dont la publication aura lieu demain. Son homologue allemand Deutsche Telekom a dégringolé lui aussi, de 3,13 %, par crainte d’une nouvelle arrivée massive de titres sur le marché à l’expiration d’une clause de «lock-up». Le britannique COLT Telecom Group a fait figure d’exception dans le secteur, avec un bond de 21,22 %. Grâce à la faiblesse persistante de ses obligations, il a réussi à racheter 115 millions de livre ($167,3 millions) en papier pour seulement 68 millions de livres. Renault a chuté de 5,17 %, les marchés s’inquiétant notamment de voir la morosité du marché automobile américain et le renforcement du yen face au dollar peser sur son partenaire japonais Nissan Motor. BMW a reculé de 0,40 %. Le constructeur allemand a annoncé qu’il rappelait environ 530 de ses nouvelles Mini qu’il a vendues en Grande-Bretagne, en raison d’un défaut qui pouvait provoquer un incendie lors du passage à la pompe. Tokyo : nouveau plongeon La Bourse de Tokyo a chuté de 2,8 % lundi, à son plus bas niveau depuis 17 ans, en raison de craintes d’une détérioration des résultats semestriels des entreprises qui doivent être annoncés au cours du mois, ont indiqué des courtiers. L’indice Nikkei-225 a perdu 303,83 points à la clôture à 10 409,68 points, au plus bas depuis le 14 août 1984 quand il avait terminé à 10 360,92 points. L’indice élargi Topix de son côté a abandonné 31,94 points à 1 071,73 yens. Les transactions ont été modérées avec quelque 629 millions de titres échangés contre 685 millions vendredi. Le secteur des valeurs technologiques est sous pression à la suite de l’annonce du fabricant d’appareils photos et d’équipements optiques japonais Nikon qu’il réviserait ses prévisions de bénéfices lundi après-midi, ont estimé les courtiers. «La révision attendue à une baisse plus profonde des prévisions de bénéfices de Nikon Further a découragé les investisseurs dans l’après-midi», a déclaré Koichi Kawata, courtier chez Sakura Friend Securities. «À présent, la possibilité d’une chute de l’index Nikkei vers les 10 000 points pas plus loin que demain est croissante», a-t-il ajouté. La tendance à la baisse s’est maintenue sur le marché en raison de craintes concernant les prochains résultats d’entreprises et une révision plus profonde de leurs prévisions de bénéfices, ont noté les courtiers. «Vers la fin du semestre, de nombreuses sociétés annonceront leurs résultats. Elles annonceront une production en forte baisse pour le second semestre», a indiqué Yoshihiko Kuroichi, responsable de marché chez Kankaku Securities. «La tendance sur le marché est encore à la baisse (...), l’économie japonaise est stagnante et tend à encore s’enfoncer», a-t-il encore estimé. L’index a tout d’abord été à la hausse dans le sillage des marchés américains vendredi. «Mais les gains obtenus à New York n’ont pas été un facteur suffisant pour continuer à soutenir le Nikkei», a noté Masaru Kazama, analyste chez Nissan Securities. À New York, vendredi, l’indice industriel américain Dow Jones a pris 30,17 points, soit 0,30 %, à la fermeture à 9 949,75 points, après une hausse un peu plus tôt au-dessus des 10 000 points, et l’indice composite Nasdaq a gagné 13,75 points, soit 0,77 %, à 1 805,43. «Les technologiques (à Tokyo) ont terminé à la baisse, les investisseurs étant déçus par les plans de restructuration annoncés récemment», a ajouté M. Kazama.
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