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Actualités - Chronologies

L’attentisme américain inquiète les dirigeants européens

Face au repli diplomatique des États-Unis au Proche-Orient, l’Europe tente d’agir pour endiguer la violence, mais son influence sur le conflit israélo-palestinien reste limitée. Terrifiés par la perspective d’une extension de la violence à la région tout entière, les dirigeants européens ont commencé à manifester des signes d’énervement devant la lenteur de Washington à intervenir. Le chef de la diplomatie française Hubert Védrine a suggéré que l’Administration du président George W. Bush manquait de courage en refusant d’assumer ses responsabilités. «Leur attentisme risque de les faire ressembler à des Ponce Pilate. Nous attendons qu’ils s’engagent davantage, conformément à leurs responsabilités mondiales et à l’influence exceptionnelle qu’ils ont sur les protagonistes du conflit», a-t-il affirmé jeudi dans une interview au quotidien français Le Figaro. Débarrassée de ses complexes historiques, l’Allemagne – dont le ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer a effectué la semaine dernière une navette entre Palestiniens et Israéliens – lui a emboîté le pas. «Hubert Védrine dit à juste titre l’importance du rôle américain», a déclaré M. Fisher, après que son homologue français eut insisté sur le fait que «l’engagement des États-Unis est plus que jamais nécessaire». Revenant à la charge vendredi, le ministre français a redit en langage plus diplomatique qu’il «serait beaucoup mieux que les États-Unis sortent de cette réserve qui consiste à laisser s’aggraver ce drame». «Mais, a-t-il ajouté, nous n’allons pas attendre, nous Européens, qu’ils aient ainsi fini de réfléchir à ceci ou à cela et de savoir ce qu’ils vont faire. Quelles que soient les difficultés d’agir, nous nous sommes mis d’accord, tous les ministres européens des Affaires étrangères, d’aller au Proche-Orient sans arrêt pour parler aux uns et aux autres». Même son de cloche côté allemand. «Les initiatives européennes seront de plus en plus importantes dans cette région voisine de l’Europe», affirme M. Fischer. Les responsables européens se succèdent en effet sans discontinuer auprès des Israéliens et des Palestiniens, dans des tentatives désespérées – et parfois ponctuellement couronnées de succès, notamment lorsqu’elles sont soutenues par les États-Unis – pour arracher un cessez-le-feu durable qui permette une reprise du dialogue politique. «Il doit bien y avoir des survivants du camp de la paix de part et d’autre», a lancé exaspéré M. Védrine. Les Européens sont bien conscients que leurs moyens sont limités dans cette région du monde, dominée par la puissance militaire des États-Unis, même s’ils ont des idées pour faire avancer les choses. Et ils sont tous convaincus qu’il n’y aura pas d’accalmie sans véritable perspective politique, ce qui n’est pas la priorité du gouvernement israélien d’Ariel Sharon, obsédé par le tout sécuritaire. «Les choses vont continuer ainsi jusqu’à ce qu’un des deux côtés soit à genoux», a confié un diplomate arabe. Un point de vue partagé par l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hervé de Charette pour qui «la question aujourd’hui est qui va perdre dans cette guerre». «Le pire n’est pas tant que les États-Unis adoptent un profil bas. C’est d’entendre le président américain George Bush faire des déclarations qui confortent la ligne dure de Sharon», a affirmé un diplomate occidental sous couvert d’anonymat. «Israël a clairement indiqué qu’il n’y aurait pas de négociations sous la menace terroriste. C’est aussi simple que cela...», a déclaré M. Bush la semaine dernière. Des propos qui font craindre en Europe que la situation ne devienne encore plus explosive.
Face au repli diplomatique des États-Unis au Proche-Orient, l’Europe tente d’agir pour endiguer la violence, mais son influence sur le conflit israélo-palestinien reste limitée. Terrifiés par la perspective d’une extension de la violence à la région tout entière, les dirigeants européens ont commencé à manifester des signes d’énervement devant la lenteur de Washington à intervenir. Le chef de la diplomatie française Hubert Védrine a suggéré que l’Administration du président George W. Bush manquait de courage en refusant d’assumer ses responsabilités. «Leur attentisme risque de les faire ressembler à des Ponce Pilate. Nous attendons qu’ils s’engagent davantage, conformément à leurs responsabilités mondiales et à l’influence exceptionnelle qu’ils ont sur les protagonistes du conflit», a-t-il...