Les opposants au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale (BM) ont commencé mardi à se mobiliser avant les réunions annuelles des deux institutions à Washington les 29 et 30 septembre, qui ont déjà été écourtées par crainte des manifestations. Lors d’une conférence de presse, les représentants de la «coalition pour une justice mondiale» (Coalition for Global Justice) ont affirmé qu’ils attendaient «plusieurs milliers» de manifestants antimondialisation dans la capitale fédérale américaine. Les représentants de la coalition, qui regroupe une cinquantaine d’associations majoritairement américaines, ont refusé mardi de se démarquer des violences qui ont déjà émaillé les assemblées du FMI et de la BM à Prague l’an dernier. Des incidents similaires avaient eu lieu lors de la réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle (États-Unis) fin 1999, des réunions dites «de printemps» du FMI et de la BM à Washington en avril 2000 et de la réunion du Groupe des sept pays les plus industrialisés (G7) à Gênes (Italie) en juillet où un manifestant avait été tué par la police. «Nous attendons certainement plusieurs milliers de manifestants mais nous ne savons pas exactement combien», a affirmé Liz Butler, qui fait partie de cette coalition. «Les institutions qui perpétuent pour l’instant la plus grande violence sont le FMI et la Banque. Des milliers, sinon des millions de personnes, meurent à cause de leurs politiques et ceux qui les aident à prendre leurs décisions en comité secret sont les policiers et c’est de là que vient la violence. Nous aimerions que les médias s’intéressent aux violences commises par le FMI chaque jour dans le monde», a-t-elle ajouté. Un autre membre de la coalition, qui se veut souple et non hiérarchisée, Robert Weissman, a précisé mardi que «d’autres conférences de presse seront organisées dans les prochains jours pour discuter du problème de la violence, mais que le but aujourd’hui est de se concentrer sur notre message». La municipalité de Washington a prévu de déployer près de 4 000 policiers supplémentaires pour protéger les sièges voisins du FMI et de la Banque mondiale qui se trouvent à quelques centaines de mètres de la Maison-Blanche, demeure du président des États-Unis. Le Fonds et la Banque avaient décidé à la mi-août de réduire leurs assemblées à deux jours au lieu des sept prévus pour répondre au souhait de la municipalité. Mardi, les membres de la coalition ont de nouveau appelé les deux institutions financières internationales à effacer totalement la dette des pays les plus pauvres pour que ceux-ci puissent investir davantage dans l’éducation et les services de santé. «Le FMI et la Banque mondiale ont au moins 30 milliards de dollars à leur disposition pour annuler la dette à tout jamais», a affirmé Tim Atwater, représentant aux États-Unis du mouvement «Jubilé 2000» qui milite pour l’effacement de la dette. «L’ironie la plus cruelle est que le FMI et la Banque essayent de se présenter comme les adversaires de la pauvreté alors qu’ils sont des créanciers sans pitié pour les pauvres», a-t-il ajouté. Illustrant un cas local, Vanessa Dixon a rappelé que le FMI et la BM ne payaient à Washington ni taxe foncière ni taxe sur la valeur ajoutée, alors que cet argent pourrait aider à faire fonctionner le seul hôpital public de la ville, DC General, qui vient d’être réduit à un seul service d’urgence avant d’être vendu à des intérêts privés. «La privatisation de DC General montre la vraie nature de la privatisation qui est de récompenser des intérêts privés aux dépens des gens ordinaires», a-t-elle affirmé. La coalition a également appelé à une plus grande transparence dans le fonctionnement des deux institutions, demandant notamment à ce que leurs débats soient retransmis sur un réseau public de télévision, comme c’est déjà le cas pour le Congrès américain.
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