«Le port actuel des pêcheurs ne peut être celui des Phéniciens, assure Ibrahim Noureddine, archéologue ayant déjà présenté un mémoire d’études supérieures en archéologie sur le port antique de Byblos. La crique est peu profonde et trop étroite pour pouvoir abriter les grands navires de l’antiquité chargés de plusieurs tonnes. Et selon la pierre de Palerme, datant du 3e millénaire, et découverte en Égypte, quarante navires ont transporté du bois de cèdres de cinquante-deux mètres de long de Byblos vers l’Égypte. Ces navires ne peuvent pas accoster dans un si petit port», poursuit-il. Par conséquent, c’est ailleurs qu’il faut le chercher. Selon la théorie fondée par Honor Frost, l’emplacement des installations portuaires antiques de Byblos se trouve au sud de la ville, plus précisément dans la zone appelée Skhiné et connue actuellement sous le nom de Tam Tam Beach. Cette zone était probablement reliée à la vieille ville, le site archéologique actuel, mais tout lien a été coupé durant les fouilles effectuées par M. Maurice Dunand. Ne prenant pas en considération l’emplacement du port, ce dernier a déversé les remblais des fouilles sur le littoral coupant ainsi la ville de son port. «Les Phéniciens étaient les grands navigateurs de l’Antiquité, mais ils n’avaient pas de grandes installations portuaires naturelles sur leur terre natale, explique Mme Frost. Pour cette raison, leurs ingénieurs avaient l’habitude d’aménager le récif rocheux suivant leurs exigences». Et à Byblos, c’est le récif nommé Dahret Martine qui était utilisé dans l’Antiquité pour l’amarrage des grands bateaux. Situé à deux kilomètres de la côte, il sert actuellement de point de pêche, il est en fait possible de le situer la nuit à cause des éclairages des bateaux de pêcheurs. C’est près de ce recif où la profondeur des eaux varie entre vingt-cinq et soixante-deux mètres que M. Noureddine avait effectué de nombreuses plongées. Il a découvert plusieurs indices d’utilisations de ce récif aux périodes antiques, lui permettant de conclure que «les grands bateaux accostaient sur le récif et il étaient déchargés grâce à de petites barques», explique-t-il. Pour approcher des rivages en toute sécurité, Mme Frost souligne «qu’un temple-tour ou “light house”, s’élevait à l’intérieur de la cité de Byblos. C’est une construction similaire à celle d’Ougarit illustrée sur une tablette. Haute de plusieurs dizaines de mètres, elle est dédiée à la divinité de la mer, où on brûlait les offrandes sur le toit. Le feu guidait les navires vers le port. Cette construction a été déterrée par Maurice Dunand au cours des années trente. C’est une tour à une seule entrée à escaliers où plusieurs ancres de bateaux ont été découvertes, ainsi que des traces de feu», poursuit-elle. Cette cité antique n’a encore révélé que le peu de son histoire et les prochaines prospections sont capitales pour mieux comprendre sa relation avec la mer et le commerce maritime qui avait fait sa richesse et sa renommée.
«Le port actuel des pêcheurs ne peut être celui des Phéniciens, assure Ibrahim Noureddine, archéologue ayant déjà présenté un mémoire d’études supérieures en archéologie sur le port antique de Byblos. La crique est peu profonde et trop étroite pour pouvoir abriter les grands navires de l’antiquité chargés de plusieurs tonnes. Et selon la pierre de Palerme, datant du 3e millénaire, et découverte en Égypte, quarante navires ont transporté du bois de cèdres de cinquante-deux mètres de long de Byblos vers l’Égypte. Ces navires ne peuvent pas accoster dans un si petit port», poursuit-il. Par conséquent, c’est ailleurs qu’il faut le chercher. Selon la théorie fondée par Honor Frost, l’emplacement des installations portuaires antiques de Byblos se trouve au sud de la ville, plus précisément dans la zone...
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