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Actualités - Chronologies

Le Nigeria, un pays fragilisé par le colonialisme

Les frontières du Nigeria, comme celles de nombreux pays africains, sont issues du partage de l’Afrique par les colonisateurs européens, peu respectueux des découpages territoriaux traditionnels, estiment des historiens et des politologues d’Ibadan (sud-ouest du Nigeria). Après les ravages de l’esclavage, le Nigeria, pays le plus peuplé du continent – 121,8 millions de personnes – a subi l’impact du colonialisme, qui a divisé l’Afrique en états artificiels. La Grande-Bretagne, réunissant ses protectorats du nord et du sud du pays, a créé le Nigeria actuel. Elle a ainsi rassemblé au sein d’un même État plus de 250 langues et groupes culturels différents et deux religions importées, le christianisme et l’islam. Six ans après le retrait des Britanniques en octobre 1960, un premier coup d’État a plongé le pays dans la guerre civile. Depuis 1966, le Nigeria a connu trois décennies de dictatures militaires anarchiques et a été dirigé pendant de courtes périodes par des gouvernements civils désorganisés. Il n’est plus possible aujourd’hui de diviser à nouveau de manière pacifique un État comme le Nigeria, bien que les frontières créées pendant l’ère coloniale soient rongées par les mouvements d’action régionaux et les impératifs de l’intégration économique. «Les années 1950 n’ont pas été une période de décolonisation», estime le professeur J.F. Ade Ajayi à Ibadan. Les Britanniques ont administré le Nigeria mais n’ont pas essayé de le diriger, précise ce chercheur en histoire. Un manque de légitimité Quand ils sont partis, ils ont réalisé que quelqu’un devrait diriger le pays et ils ont remis le pouvoir non aux chefs traditionnels mais à une nouvelle classe de dirigeants, professionnels et élites instruites, sélectionnés dans des conditions plus douteuses que traditionnelles, ajoute M. Ajayi. Il n’y avait donc aucun lien ou légitimité politique entre le dirigeant et ses administrés. «Les gens ici considèrent encore pour beaucoup leurs chefs traditionnels, qui sont choisis, comme des dirigeants légitimes, ce qui n’est pas le cas de leurs soi-disant leaders élus», explique M. Ajayi. Depuis la vague des mouvements d’indépendance dans les années 60, certains États africains ont connu la stabilité politique, mais ils sont peu nombreux car leurs dirigeants manquent de légitimité, affirment des politologues d’Ibadan. Pour M. Ajayi, la solution à cette instabilité réside dans le patriotisme. Le développement d’«un véritable sens patriotique» chez les dirigeants et leurs administrés «serait une véritable décolonisation», estime-t-il. Car «l’État nigérian n’est pas un principe auquel les gens se sont identifiés, hormis lors de manifestations particulières comme les matches de football ou les agressions extérieures, comme lorsque le Nigeria est critiqué», ajoute-t-il. Les États occidentaux refusent que la question du dédommagement des victimes de l’esclavage et du colonialisme soit abordée à Durban (Afrique du Sud) où doit s’ouvrir le 31 août la conférence mondiale de l’Onu contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance.
Les frontières du Nigeria, comme celles de nombreux pays africains, sont issues du partage de l’Afrique par les colonisateurs européens, peu respectueux des découpages territoriaux traditionnels, estiment des historiens et des politologues d’Ibadan (sud-ouest du Nigeria). Après les ravages de l’esclavage, le Nigeria, pays le plus peuplé du continent – 121,8 millions de personnes – a subi l’impact du colonialisme, qui a divisé l’Afrique en états artificiels. La Grande-Bretagne, réunissant ses protectorats du nord et du sud du pays, a créé le Nigeria actuel. Elle a ainsi rassemblé au sein d’un même État plus de 250 langues et groupes culturels différents et deux religions importées, le christianisme et l’islam. Six ans après le retrait des Britanniques en octobre 1960, un premier coup d’État a plongé...