Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth s’est davantage apaisé hier, après les tractations politiques menées à tous les niveaux, afin de rétablir l’entente au sein du pouvoir. Ce phénomène s’est traduit par la poursuite de la contraction de la demande du dollar à des fins non commerciales sans pour autant stimuler l’offre de cette monnaie en dehors du circuit de la Banque du Liban (BDL) qui est restée le principal acteur du marché. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, soit entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue à faire fixer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de 23 mois. Mais, en l’absence d’autres contreparties valables à la vente de cette monnaie, celle-ci continuait à être négociée dans les transactions interbancaires au haut de cette fourchette, soit à 1 514,00 LL, et très rarement en dehors de la BDL, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que le volume des échanges sur toute la journée d’hier n’aurait guère dépassé quelque dix millions de dollars, presque entièrement placés à la vente par la BDL à ce taux. Euro résistant malgré des prises de bénéfices À l’étranger, l’euro est resté résistant face au billet vert hier, malgré des prises de bénéfices en cours de journée après l’annonce d’une stagnation de la croissance en Allemagne au deuxième trimestre. L’euro s’était hissé la veille au-dessus de la barre de 0,92 dollar grâce à l’amélioration du climat des affaires en Allemagne reflétée par une hausse inattendue du baromètre mensuel IFO en juin. Mais la course de l’euro s’est ralentie hier après la publication de chiffres un peu plus faibles que prévu du Produit intérieur brut (PIB) allemand qui ont amoindri les perspectives d’un redressement de la conjoncture dans la première économie européenne. La croissance en Allemagne a stagné au deuxième trimestre par rapport au premier, confirmant ainsi le ralentissement tangible de la conjoncture dans ce pays, selon les données publiées par l’Office fédéral des statistiques. À cet égard, il s’est avéré que le PIB allemand est resté inchangé de mars à juin, par rapport au trimestre précédent, en données corrigées des variations saisonnières et calendaires (CVS). Par rapport au deuxième trimestre 2000, le PIB allemand a crû de 0,6 % seulement en volume, soit de la plus petite hausse en volume depuis le premier trimestre 1997 (+0,1 %). Les analystes ont noté que le marché a commencé à prendre ses bénéfices après l’envolée de l’euro la veille au-dessus du seuil de 0,92 dollar, s’interrogeant sur la durabilité du rebond observé dans les chiffres de l’indice IFO sur le climat des affaires en Allemagne. Dans ce contexte, l’annonce hier par le département américain du Travail que les demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États-Unis ont augmenté de 8 000 dossiers à 393 000 au cours de la semaine close le 17 août n’a pas pu redémarrer l’euro, malgré que ce développement reflétait des suppressions d’emplois entraînées par le marasme de l’économie américaine. Cela étant, le dollar devait manifester une certaine résistance aux influences baissières en provenance de son loyer assez bas dans une conjoncture économique toujours faible, se négociant à New York comme suit : – 0,9155 pour un euro contre 0,9145, la veille – 1,4475 pour un sterling contre 1,4495 – 2,1365 DM contre 2,1385 – 7,1650 FF contre 7,1725 – 1,6605 FS contre 1,6640 – 2 115,00 lires contre 2 117,30 – 119,80 yens contre 120,40. Bourse de Beyrouth : stabilité dans la déprime À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la stabilité hier dans un marché dépourvu d’animation, les quelques valeurs ayant fait l’objet de transactions ont reproduit leurs derniers cours de la veille. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est maintenu à 54,33 points, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires à 121,85 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires très mince avec au total 8 350 actions négociées d’une valeur de 50 200 dollars seulement. Irrégularité des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont évolué hier d’une manière mitigée. L’activité continuait à être calme et devrait le rester jusque début septembre, quand les opérateurs reviendront du long week-end du Labor Day célébré le 3 septembre aux États-Unis. Selon les analystes, les investisseurs ont été tiraillés entre une poursuite de la chasse aux bonnes affaires amorcée la veille et les inquiétudes sur la performance à venir de l’économie américaine, avec la publication par les chaînes de magasins Kmart et The Limited de résultats décevants et d’avertissements pour les prochains mois. De plus, le marché craint que les dépenses des consommateurs, qui ont été jusqu’à présent un élément essentiel de la croissance économique, ne commencent à faiblir avec les licenciements en série annoncés depuis plusieurs semaines et en dernière date par le groupe des médias et de l’Internet AOL Time Warner. Dans l’actualité boursière, le secteur de la distribution a cédé du terrain avec Kmart, The Limited, Wal Mart, The Gap... Le fabricant d’ordinateurs Gateway s’est également affaibli après que l’agence financière Standard & Poor’s eut abaissé la note générale sur le crédit du groupe. Le secteur de l’Internet était mitigé après que le PDG d’Exodus Communications, numéro un mondial de l’hébergement de sites, eut laissé entendre dans une interview au quotidien USA Today que la société était désormais ouverte à une offre de rachat en raison de sa situation financière. Cela étant, l’indice composite Nasdaq était en baisse à moins de 1 860 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 286,79 points et un plus bas à 10 213,52 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 239,46 points, en recul de 37,44 points sur la veille. Vulnérabilité des Bourses européennes Les Bourses européennes ont fini la plupart en hausse jeudi, emmenées par Nokia et les technologiques, mais les nouveaux rebondissements de l’affaire du Baycol de Bayer et le repli de Nestlé ont freiné leur avance. L’indice Eurotop-300 a progressé de 0,21 % à 1 277,13 et l’EuroStoxx-50 s’est adjugé 0,62 % à 3 816,99. Londres a toutefois perdu 0,23 % et Paris 0,05 %, tandis que Francfort a monté de 0,65 %. Nokia s’est adjugé 1,13 % et son concurrent Ericsson 1,83 %, entraînant l’indice DJ Stoxx des technologiques en hausse de 1,48 %. À l’inverse, le groupe chimique et pharmaceutique allemand Bayer a perdu 1,72 % à 34,30 euros, après avoir annoncé le retrait de son médicament contre le cholestérol, le Baycol, du marché japonais. Cette mesure enlèvera jusqu’à 150 millions d’euros au bénéfice d’exploitation annuel du groupe. Bayer a également confirmé des informations liant le Baycol à 1 100 cas de troubles musculaires. Le produit a déjà été retiré d’autres marchés du monde après avoir été rendu responsable de la mort de 52 personnes, entraînant des poursuites judiciaires. «L’action va être déprimée pendant quelque temps. À 35 euros environ, le cours devrait servir à l’achat plutôt qu’à la vente», a dit Ulf Mortizen, gestionnaire de fonds chez Nordinvest à Hambourg. Nestlé a cédé 3,3 % à cause de la révision en baisse des prévisions de Goldman Sachs sur ses résultats. Le premier groupe alimentaire mondial a annoncé mercredi une hausse de son bénéfice au premier semestre et prévu une année record. «En dépit d’une forte croissance du bénéfice par action et du chiffre d’affaires au premier semestre, nous avons adopté une attitude plus prudente des perspectives du cours de l’action», a expliqué Goldman Sachs dans une note de recherche. «Notre principale inquiétude est la baisse sous-jacente de la marge au premier semestre». Sonera a abandonné 5,24 %. Le premier opérateur finlandais de télécommunications a annoncé la suppression de 9 % de ses effectifs, soit environ un millier d’emplois, en raison de la crise de son secteur. Tokyo : au plus bas depuis octobre 1984 Le principal indice de la Bourse de Tokyo a terminé jeudi à son plus bas en clôture depuis octobre 1984, entraîné par des grands noms de la cote, comme Sony Corp, plombés par les inquiétudes sur la faiblesse de leurs résultats. Plusieurs grandes technologiques, y compris Sony, ont déjà revu à la baisse leurs prévisions de résultats pour l’exercice à fin mars prochain, mais les investisseurs craignent que le marasme permanent du secteur des hautes technologies ne les amène de nouveau à corriger leurs projections. «Je ne vois pas ce qui pourrait inciter les investisseurs à se porter fortement à l’achat. On risque fort d’avoir de nouveau “profit warnings” lorsque les sociétés annonceront leurs résultats semestriels en octobre», a dit l’analyste Keiko Kondo, d’UFJ Capital Markets Securities. Les grands fabricants de composants électroniques Murata Manufacturing Co Ltd et Kyocera Corp avaient fait savoir qu’ils publieraient des prévisions de résultats révisées après la clôture, ce qui n’a pas manqué d’attiser les inquiétudes sur le marché. L’indice Nikkei 225 a terminé sur un recul de 269,51 points, soit 2,36 %, à 11 126,92, son plus bas en clôture depuis le 23 octobre 1984. L’indice pondéré Topix a perdu quant à lui 18,15 points, soit 1,56 %, à 1 147,39. Sony a dévissé de 4,15 %, à 5 550 yens, son plus bas en clôture depuis juin 1999, tandis que Kyocera reculait de 3,31 %, à 7 300 yens. Un fort recul de NTT DoCoMo Inc a aussi pesé sur la tendance générale.
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