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Actualités - Chronologies

CONJONCTURE - L’Europe centrale frappée à son tour par le ralentissement économique

Une série de chiffres décevants fait craindre que l’Europe centrale, longtemps épargnée, soit à son tour frappée par le ralentissement économique mondial, ont indiqué vendredi des analystes. L’annonce jeudi d’une baisse de la production industrielle de 6,6 % sur le mois de juin en Hongrie par rapport au mois précédent, et de 0,4 % sur un an, a inquiété les analystes des banques spécialisées dans les marchés d’Europe centrale, habitués depuis deux ans à des taux de croissance à deux chiffres. «Ce n’est pas un bon signe, cela signifie que le ralentissement économique dans l’Union européenne se propage en Europe centrale et a un impact plus important que nous le pensions auparavant», a commenté Ronald Schneider, analyste à la Raiffeisen Zentralbank Oesterreich (RZB). La Hongrie est une petite économie particulièrement dépendante de ses exportations vers l’Union européenne. «Les exportations représentent la moitié du PIB hongrois, et les trois quarts des ventes à l’étranger sont réalisées vers l’UE, notamment vers l’Allemagne, de loin son principal partenaire commercial», qui vient d’annoncer une croissance économique nulle pour le deuxième trimestre, précise M. Schneider. Mais la situation des autres pays d’Europe centrale n’est pas fondamentalement différente. Tous ont en commun, y compris la Pologne, la première économie de la région qui dispose d’un marché intérieur important, de dépendre de l’UE pour environ trois quarts de leurs exportations. L’annonce lundi en République tchèque d’un ralentissement plus important que prévu de la production industrielle en juin confirme les craintes d’une diffusion généralisée du ralentissement mondial en Europe centrale. La production industrielle tchèque a augmenté de «seulement» 3,7 % en glissement annuel, contre +6,9 % en mai, alors que ce taux était supérieur à 10 % en début d’année. En Pologne, les analystes de la RZB, comme plusieurs de leurs confrères, ont fortement revu en baisse fin juillet leurs prévisions de croissance pour 2001, de 3 % à 1,9 %. Mais, selon Ivan Fabijancic, analyste à la Erste Bank à Vienne, il ne faut pas exagérer l’impact de la conjoncture de l’UE sur l’Europe centrale. «Les pays de la zone sont en train de devenir de plus en plus indépendants vis-à-vis de l’UE», avec l’accroissement du niveau de vie et l’émergence d’une demande intérieure solvable, estime-t-il. Pour l’analyste, dont la banque a le plus grand réseau en Europe centrale, «le ralentissement est aussi la conséquence de politiques monétaires restrictives destinées à combattre l’inflation». Les taux d’intérêt interbancaires à trois mois culminent actuellement à 15 % en Pologne, alors que l’inflation a atteint en juillet +5,2 % sur un an, soit un taux d’intérêt réel d’environ 10 %. «Avec des taux pareils, il n’est pas étonnant que l’économie souffre», ajoute Ivan Fabijancic. En Hongrie, la décision de laisser le florin s’apprécier vis-à-vis de l’euro en élargissant ses bandes de fluctuation a ramené l’inflation sous contrôle, à moins de 10 %, mais a aussi contribué à renchérir les exportations et à ralentir l’économie. La politique anti-inflation, qui pouvait se justifier en période de surchauffe des économies d’Europe centrale, fait craindre aujourd’hui un atterrissage en catastrophe au moment où la conjoncture mondiale se détériore. «Le risque est que la dégradation des carnets de commande des entreprises multinationales implantées en Europe centrale entraîne des licenciements qui déprimeront la demande intérieure, actuellement le seul moteur de la croissance», estime M. Schneider. Pour l’instant, en dehors de la Pologne, Peter Havlik, de l’Institut d’études économiques comparées de Vienne (WIIW), table encore «sur un taux de croissance moyen d’environ 3 % en 2001, à peine inférieur à l’an dernier et, pour la deuxième année consécutive, supérieur à la moyenne de l’UE». Mais, comme le reconnaît M. Schneider, «tout dépendra finalement de la durée du ralentissement dans l’UE».
Une série de chiffres décevants fait craindre que l’Europe centrale, longtemps épargnée, soit à son tour frappée par le ralentissement économique mondial, ont indiqué vendredi des analystes. L’annonce jeudi d’une baisse de la production industrielle de 6,6 % sur le mois de juin en Hongrie par rapport au mois précédent, et de 0,4 % sur un an, a inquiété les analystes des banques spécialisées dans les marchés d’Europe centrale, habitués depuis deux ans à des taux de croissance à deux chiffres. «Ce n’est pas un bon signe, cela signifie que le ralentissement économique dans l’Union européenne se propage en Europe centrale et a un impact plus important que nous le pensions auparavant», a commenté Ronald Schneider, analyste à la Raiffeisen Zentralbank Oesterreich (RZB). La Hongrie est une petite économie...