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Actualités - Chronologies

Les habitants de Jénine impuissants - face aux chars israéliens

Devant la façade éventrée du poste de police de Jénine, des centaines de Palestiniens contemplent dans un silence navré les dégâts de l’incursion de chars et de bulldozers israéliens dans la nuit de lundi à mardi dans cette ville autonome du nord de la Cisjordanie. L’édifice d’un étage, en forme de L, n’a pas résisté aux coups de boutoir des bulldozers qui ont opéré pendant plus de deux heures, selon des témoignages concordants. «Vers 23h00, deux bulldozers et une dizaine de chars ont pénétré sur une profondeur de quelques centaine en zone sous contrôle palestinien», indique Kamal Jaber, un responsable du Fateh, le mouvement du président Yasser Arafat, pour le district de Jénine. «Les chars ont aussitôt ouvert le feu à la mitrailleuse lourde alors qu’un ou deux hélicoptères survolaient l’unité israélienne», ajoute-t-il. Près du poste de police, un camion-citerne criblé de balles de gros calibre témoigne de ces tirs. Le responsable palestinien est convaincu que les Israéliens avaient pour objectif de détruire le poste de police et ne cherchaient pas à capturer où abattre des activistes Palestiniens, comme d’aucuns le croient à Jénine. Cet objectif a été apparemment atteint : la face extérieure du rez-de-chaussée de l’une des deux ailes, longue de trente mètres, a été quasi démolie. L’étage supérieur s’est affaissé. À travers la façade béante on aperçoit, sur le plancher en pente, des lits superposés en fer. Le poste abritait deux cents policiers, indique un responsable de la sécurité palestinienne qui a requis l’anonymat. L’homme montre une pièce qui servait de bureau. Au mur défoncé sont restées des photos jaunies du président Yasser Arafat et de Saddam Hussein, le président irakien, populaire auprès des Palestiniens. «Les habitants ont opposé une résistance farouche pendant plus de cinq heures, avec leurs fusils et leurs couteaux», soutient ce quinquagénaire, armé d’un vieux pistolet. Cette version des faits a été reprise par la radio officielle palestinienne et dans un communiqué du ministre de l’Information palestinien, Yasser Abed Rabbo. Mais un médecin de l’hôpital de Jénine, le Dr Abou Khali, indique que seuls trois policiers ont été légèrement blessés lors de l’incursion, ce qui ne traduit pas un combat intense. L’armée israélienne n’a signalé quant à elle aucun tué ou blessé parmi ses forces. D’ailleurs, autour du bâtiment nulle trace de combats violents et à juger par les décombres, les Israéliens ont eu tout le temps qu’il faut pour détruire le poste. Le bâtiment avait été évacué depuis plusieurs jours par crainte de représailles à l’attentat-suicide jeudi de Jérusalem, suivi trois jours plus tard d’une seconde attaque-suicide moins meurtrière dans la banlieue de Haïfa. Les deux attentats avaient été commis par des intégristes de la région de Jénine.
Devant la façade éventrée du poste de police de Jénine, des centaines de Palestiniens contemplent dans un silence navré les dégâts de l’incursion de chars et de bulldozers israéliens dans la nuit de lundi à mardi dans cette ville autonome du nord de la Cisjordanie. L’édifice d’un étage, en forme de L, n’a pas résisté aux coups de boutoir des bulldozers qui ont opéré pendant plus de deux heures, selon des témoignages concordants. «Vers 23h00, deux bulldozers et une dizaine de chars ont pénétré sur une profondeur de quelques centaine en zone sous contrôle palestinien», indique Kamal Jaber, un responsable du Fateh, le mouvement du président Yasser Arafat, pour le district de Jénine. «Les chars ont aussitôt ouvert le feu à la mitrailleuse lourde alors qu’un ou deux hélicoptères survolaient l’unité...