Plus de 40 000 Allemands de l’Est ont réussi à franchir le mur de Berlin - L’évasion vers l’Ouest, une course - à l’audace et à l’imagination
le 11 août 2001 à 00h00
Pour s’évader vers l’Ouest, de l’autre côté du mur de Berlin apparemment infranchissable, les Allemands de l’Est ont fait preuve d’une audace et d’une imagination sans bornes. Plus de 40 000 ont réussi. Dans le musée berlinois consacré au mur, Haus am Checkpoint Charlie, de vieilles voitures trafiquées, témoignent des conditions parfois incroyables des évasions. Comme cet un espace très étroit – 18 litres – aménagé dans le réservoir à essence d’une Coccinelle : c’est là que des dizaines de personnes se sont glissées, pliées en quatre pendant parfois plusieurs heures, pour passer la frontière. Sous le moteur, sous une banquette arrière ou encore coincé entre deux parois sous une voiture, il fallait se retenir de remuer, d’éternuer ou de tousser, malgré l’air vicié. On estime à 300 le nombre de personnes parvenues à fuir par ce moyen. Au fur et à mesure que la Volkspolizei (Vopos), la police est-allemande, découvrait ces cachettes, il fallait en inventer d’autres. Une artiste de Magdebourg se lova dans le haut-parleur d’un chanteur hollandais. Un Français dissimula sa fiancée dans une double valise dont les côtés avaient été découpés. Les murs du musée sont recouverts de photographies de ces amoureux prêts à tout pour se retrouver. Quitte parfois à user d’un «pigeon». Comme cet homme de l’Ouest séparé de sa belle par le mur, qui séduisit une femme lui ressemblant, l’emmena en week-end à Berlin-Est et lui déroba ses papiers pour faire évader sa vraie fiancée. Complices fiables Ces fuites sous le nez des gardes-frontières nécessitaient des complices fiables. Entre 1961 et 1963, des centaines de personnes de l’Ouest et de l’Est aidèrent de façon désintéressée à des évasions. Mais des hommes comme l’Allemand de l’Ouest Kurt Woldert, qui permit l’évasion de 55 personnes, laissèrent peu à peu la place à des firmes privées commercialisant l’aide. C’est la voie souterraine qui était le moyen privilégié des Berlinois de l’Est, car elle permettait une évasion en masse. En 1964, 57 personnes parvinrent ainsi à passer à l’Ouest, à partir de la cave d’une maison située à proximité du mur. Une douzaine de tunnels furent creusés au total. D’autres choisissaient de se jeter à l’eau pour franchir la Spree, la rivière qui traverse la ville d’est en ouest. Mais en 1965, la RDA installa sur 25 km des tapis de pics de métal, à 10 cm sous la surface. Des centaines ont tenté la grande aventure par la Baltique. Une petite quarantaine ont réussi, comme ce moniteur de plongée qui construisit un sous-marin miniature à partir d’un vélomoteur d’occasion et rejoignit le Danemark par la Baltique : 25 km en 5 heures. Une solution moins classique était de quitter par les airs le sol honni. Un moyen nécessitant des «machines» dont le musée Haus am Checkpoint Charlie a conservé les plus extraordinaires, un télésiège, qui permit à toute une famille de glisser sur un filin tendu vers l’Ouest depuis des toilettes sous le toit d’un ministère est-allemand. Au moins 254 personnes sont mortes en tentant de franchir le mur à Berlin. La liste se clôt avec l’échec de Chris Gueffroy, 20 ans, mort fusillé par les Vopos alors qu’il tentait de passer par-dessus les barbelés. C’était en février 1989, neuf mois avant la chute du mur de Berlin.
Pour s’évader vers l’Ouest, de l’autre côté du mur de Berlin apparemment infranchissable, les Allemands de l’Est ont fait preuve d’une audace et d’une imagination sans bornes. Plus de 40 000 ont réussi. Dans le musée berlinois consacré au mur, Haus am Checkpoint Charlie, de vieilles voitures trafiquées, témoignent des conditions parfois incroyables des évasions. Comme cet un espace très étroit – 18 litres – aménagé dans le réservoir à essence d’une Coccinelle : c’est là que des dizaines de personnes se sont glissées, pliées en quatre pendant parfois plusieurs heures, pour passer la frontière. Sous le moteur, sous une banquette arrière ou encore coincé entre deux parois sous une voiture, il fallait se retenir de remuer, d’éternuer ou de tousser, malgré l’air vicié. On estime à 300 le nombre...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.