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Actualités - Chronologies

L’impressionnant arsenal de l’IRA, ou comment s’en débarrasser

L’Armée républicaine irlandaise, en cessez-le-feu depuis 1997, dispose toujours d’un arsenal impressionnant dont la «neutralisation» pourrait se faire selon des procédés aussi divers que contestés. L’armement de la principale milice nationaliste, dispersé dans des dizaines de caches à travers l’Irlande, le Royaume-Uni, voire à travers l’Europe, est d’une ampleur considérable, sans commune mesure avec celui des groupes armés protestants, plus modeste. Au cœur de cet arsenal, le groupe disposerait d’environ trois tonnes de Semtex H, du plastic militaire d’origine tchèque qui n’est plus fabriqué aujourd’hui. «C’est un explosif incolore et sans odeur d’une longévité d’environ 35 ans» que les paramilitaires utilisent plutôt aujourd’hui comme charge détonante pour mettre à feu des bombes ou des mortiers artisanaux, précise-t-on de source militaire. De plus, l’IRA possèderait au moins un missile sol-air Sam 7, de fabrication soviétique, une quarantaine de lance-roquettes antichars RPG, 20 mitrailleuses lourdes, 700 fusils d’assaut russes AKm et AK47, six lance-flammes, un fusil de «sniper» américain Barrett Light 50 et des centaines d’armes de poing. Les forces de l’ordre pensent que la plus grande partie de cet armement a été obtenue dans les années 1980 auprès du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. La mise «hors d’usage de façon complète et vérifiable» de cet arsenal, comme s’y est engagée l’IRA selon la Commission internationale sur le désarmement, pourrait prendre plusieurs formes. La législation passée par Londres et Dublin indique seulement que les armes «doivent être rendues inaccessibles ou inutilisables» de façon permanente, ce qui laisse une latitude considérable quant au procédé. Seule certitude : l’armée clandestine, soucieuse d’éviter tout acte symbole de reddition, refuse «de déposer ses armes aux pieds de quiconque», assure-t-on de source proche de l’IRA. Dans un premier temps, deux de ses caches d’armes, dans la campagne irlandaise, pourraient être neutralisées par des moyens mécaniques ou chimiques. Ces dépôts secrets seraient vraisemblablement ceux qui ont déjà été inspectés à trois reprises par des intermédiaires choisis par l’IRA, le Finnois Martti Ahtisaari et l’ancien négociateur en chef de l’ANC, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa. Des experts de la Commission, dirigée par le général canadien John de Chastelain, dont MM. Ramaphosa et Ahtisaari ne font pas partie, devront assister à ce premier acte de désarmement. La solution d’une chape de béton coulée sur les caches souterraines est la plus souvent évoquée. Mais les unionistes estiment qu’une telle chape peut toujours être brisée et ils préconisent que du béton soit coulé à l’intérieur de ces caches. D’autres procédés ont également été avancés : brûler les armes par des moyens chimiques, les détruire de façon mécanique, voire les jeter à la mer. Le général de Chastelain n’a pas précisé quelle méthode serait privilégiée, pas plus qu’il n’a évoqué de calendrier. Mais quels que soient les moyens mis en œuvre, un tel désarmement serait historique, l’IRA n’ayant jamais rendu ou détruit une seule de ses armes depuis la naissance de l’organisation mère au début du siècle dernier.
L’Armée républicaine irlandaise, en cessez-le-feu depuis 1997, dispose toujours d’un arsenal impressionnant dont la «neutralisation» pourrait se faire selon des procédés aussi divers que contestés. L’armement de la principale milice nationaliste, dispersé dans des dizaines de caches à travers l’Irlande, le Royaume-Uni, voire à travers l’Europe, est d’une ampleur considérable, sans commune mesure avec celui des groupes armés protestants, plus modeste. Au cœur de cet arsenal, le groupe disposerait d’environ trois tonnes de Semtex H, du plastic militaire d’origine tchèque qui n’est plus fabriqué aujourd’hui. «C’est un explosif incolore et sans odeur d’une longévité d’environ 35 ans» que les paramilitaires utilisent plutôt aujourd’hui comme charge détonante pour mettre à feu des bombes ou des...