Le président bolivien Hugo Banzer, 75 ans, atteint d’un cancer du poumon et du foie, a présenté officiellement, hier matin, jour de la Fête nationale, sa démission devant le Parlement réuni à Sucre, la capitale constitutionnelle, 570 km au sud-est de La Paz. Le chef de l’État, à la surprise générale, a aussi demandé pardon à ses adversaires politiques du temps du régime militaire (1971-78) qu’il a présidé. Ce régime avait été caractérisé par des violations répétées des droits de l’homme, et notamment par des emprisonnements et assassinats d’opposants dont celui du général de gauche Juan Jose Torres, en juin 1976 à Buenos Aires. Le vice-président Jorge Quiroga, un technocrate de 41 ans, très proche collaborateur du président démissionnaire, lui succédera dès que le Congrès aura accepté, sans doute cet après-midi en séance ordinaire, le renoncement du chef de l’État. Le président a présenté sa démission à l’occasion de la séance solennelle inaugurale de l’année parlementaire. Dans une brève allocution, il a expliqué qu’il a renoncé pour des raisons de santé à son mandat juste un an avant son terme. «Ma présence aujourd’hui à Sucre a une connotation spéciale», a-t-il dit en lisant sa courte déclaration à caractère de testament politique. «Je présente ma démission de ma charge de président de la République, la laissant à celui à qui elle revient légalement, selon la Constitution : le vice-président Jorge Quiroga Ramirez», a-t-il poursuivi d’une voix ferme, légèrement enrouée, mais le souffle parfois court dû au traitement de chimiothérapie auquel il est soumis depuis le 1er juillet. «La grave maladie dont je suis atteint et qui exige de longs soins à l’étranger, sans garantie de résultat, a créé une situation que je n’ai pas souhaitée», a-t-il expliqué, avec son successeur à ses côtés. «Le traitement auquel je suis soumis sera pénible et comporte de nombreux risques, a-t-il souligné. Dès lors, il ne m’est plus possible de gouverner comme je l’aurais souhaité. Par-dessus tout doivent prévaloir les intérêts du pays, confronté à des circonstances délicates, qui requiert une conduite quotidienne, stable et surtout vigoureuse». «C’est l’unique raison pour laquelle je m’éloigne de ma haute charge, pour donner à l’État sa dignité, pour que, dans le cadre de la plus pure démocratie, je remette la présidence à mon successeur, pour lequel j’ai la plus grande confiance concernant sa capacité». En traitement à l’hôpital militaire Walter Reed de Washington, le président Hugo Banzer est revenu spécialement en Bolivie pour présenter personnellement sa démission, afin de respecter rigoureusement les règles constitutionnelles en la matière. «Toujours, j’ai pris grand soin d’assumer pleinement mes devoirs et obligations», a-t-il souligné dans son allocution, avant de lancer un appel à l’unité de la coalition au pouvoir afin de permettre à son successeur à faire face à la grave situation qu’il va affronter. Il a aussi invité les dirigeants de cette coalition à laisser de côté leurs ambitions personnelles pour le bien de la Bolivie. «Je demande à tous les Boliviens de lui apporter leur soutien afin de surmonter les difficultés dont dépend le futur» du pays. «Les circonstances requièrent de la sérénité, un esprit ouvert et responsable, d’oublier ses intérêts personnels pour légitimes qu’ils soient face à l’intérêt national», a-t-il conclu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président bolivien Hugo Banzer, 75 ans, atteint d’un cancer du poumon et du foie, a présenté officiellement, hier matin, jour de la Fête nationale, sa démission devant le Parlement réuni à Sucre, la capitale constitutionnelle, 570 km au sud-est de La Paz. Le chef de l’État, à la surprise générale, a aussi demandé pardon à ses adversaires politiques du temps du régime militaire (1971-78) qu’il a présidé. Ce régime avait été caractérisé par des violations répétées des droits de l’homme, et notamment par des emprisonnements et assassinats d’opposants dont celui du général de gauche Juan Jose Torres, en juin 1976 à Buenos Aires. Le vice-président Jorge Quiroga, un technocrate de 41 ans, très proche collaborateur du président démissionnaire, lui succédera dès que le Congrès aura accepté, sans...