THÉATRE - « Bérénice » - dans une Rome mussolinienne
le 20 juillet 2001 à 00h00
Le comédien Lambert Wilson fait ses débuts de metteur en scène cet été avec la Bérénice de Racine dont il transpose l’action dans une Rome davantage mussolinienne qu’antique, le costume trois pièces signé Christian Lacroix pour les hommes remplaçant la toge patricienne. Ce traitement au théâtre ou à l’opéra des ouvrages du répertoire est maintenant courant et le public s’y est habitué. Mais dans le cas présent, cette pièce mythique devient tragédie de grands bourgeois de l’entre-deux-guerres mondiales. Les interprètes des principaux protagonistes ne prennent pas la pause, cependant la familiarité de leurs attitudes fait perdre un peu de son universalité à l’œuvre, en fait ressortir même certaines faiblesses. Cette Bérénice a été étrennée début juillet en ouverture des Estivales de Perpignan et elle est donnée jusqu’au 26 juillet à ciel ouvert dans le cloître des Carmes au 55e Festival d’Avignon, avant une tournée, à partir de la rentrée, dans treize théâtres à Paris et de la décentralisation jusqu’au début février. La comédienne britannique Kristin Scott Thomas, connue surtout du public par le cinéma (Quatre mariages et un enterrement, Le patient anglais), pour le rôle-titre et Lambert Wilson que le 7e art a aussi popularisé, dans le personnage d’Antiochus, l’amoureux éconduit, – en plus de la signature de la mise en scène –, ont suffi, seuls, à donner à cette production le caractère d’un «événement médiatique». Les neuf représentations prévues à Avignon se jouent quasiment à guichets fermés. C’est oublier que le troisième personnage capital Titus qui sacrifie son amour pour Bérénice, reine de Judée, pour mieux réussir son destin d’empereur romain, est interprété par Didier Sandre. Un comédien qui a acquis une solide réputation au théâtre, notamment au Festival d’Avignon avec un légendaire Soulier de satin de Claudel monté par Antoine Vitez. Kristin Scott Thomas, dans une longue robe lui découvrant le dos, a une allure de farouche amoureuse, face à ses partenaires qui restent un peu compassés. Mais il faut encore à cette comédienne travailler sa prosodie en français dont la prononciation des vers raciniens n’a pas la clarté de celle de ses camarades.
Le comédien Lambert Wilson fait ses débuts de metteur en scène cet été avec la Bérénice de Racine dont il transpose l’action dans une Rome davantage mussolinienne qu’antique, le costume trois pièces signé Christian Lacroix pour les hommes remplaçant la toge patricienne. Ce traitement au théâtre ou à l’opéra des ouvrages du répertoire est maintenant courant et le public s’y est habitué. Mais dans le cas présent, cette pièce mythique devient tragédie de grands bourgeois de l’entre-deux-guerres mondiales. Les interprètes des principaux protagonistes ne prennent pas la pause, cependant la familiarité de leurs attitudes fait perdre un peu de son universalité à l’œuvre, en fait ressortir même certaines faiblesses. Cette Bérénice a été étrennée début juillet en ouverture des Estivales de Perpignan...
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