PÊCHE - Plus de capture sauvage - Les requins, espèce protégée
le 17 juillet 2001 à 00h00
Assis sur son embarcation artisanale, Samey Raymond Kodjo, un Béninois, est soucieux après la suspension de la capture des requins, qui représente 90 % des revenus annuels des pêcheurs artisanaux établis dans la région côtière de Pointe-Noire, au sud du Congo. En mai, le ministre congolais de la Pêche, Henri Djombo, a suspendu la pêche aux requins pour empêcher leur capture sauvage, à la demande du Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon la direction régionale de la pêche de Pointe-Noire, la mesure est destinée à protéger cette espèce, qui se reproduit difficilement. Elle touche aussi bien les pêcheurs artisanaux que les armateurs étrangers qui pêchent dans les eaux maritimes congolaises, souvent sans licence. La population des requins dans les eaux congolaises n’est pas connue officiellement. La production de la pêche artisanale et industrielle est estimée annuellement entre 18 000 et 20 000 tonnes. Les besoins en ressources halieutiques du Congo sont évalués entre 30 000 et 50 000 tonnes, couverts en partie par des importations. Manque à gagner La pêche artisanale du requin, qui a débuté en 1998 au Congo, est pratiquée par des ressortissants béninois, ghanéens et togolais, qui vivent avec leurs familles dans deux campements. L’un jouxte la base de la société pétrolière Elf-Congo, filiale de TotalFinaElf, l’autre celle d’Agip, filiale de la société italienne ENA sur la côte. Les deux camps comptent globalement plus de 300 pêcheurs. «La suspension de cette pêche constitue un manque à gagner très important, se plaint Kodjo. «Elle représentait 90 % de nos revenus annuels. Nous avons contracté auprès des commerçants usuriers de la place des prêts pour l’achat de filets de capture. Un filet et ses accessoires coûtent au moins 4 millions de Fcfa. Nous ne savons pas comment nous allons rembourser ces prêts». «Quand nous pêchions les requins, nous pouvions en capturer entre 10 et 20 par sortie de pêche. Nos revenus annuels pouvaient atteindre 2 à 3 millions de Fcfa», ajoute Kodjo. Les requins étaient vendus sur place au prix de 200 000 à 250 000 Fcfa l’unité. Les ailerons étaient achetés par des commerçants sénégalais qui les exportaient en Asie. Après la suspension de la pêche aux requins, les pêcheurs artisanaux ont décidé de se rabattre sur celle des sardines, qui était jusqu’en 1998 leur activité principale. «Mais cette année, la pêche aux sardines n’est pas fructueuse», déplore Janvier Tati, un Congolais.
Assis sur son embarcation artisanale, Samey Raymond Kodjo, un Béninois, est soucieux après la suspension de la capture des requins, qui représente 90 % des revenus annuels des pêcheurs artisanaux établis dans la région côtière de Pointe-Noire, au sud du Congo. En mai, le ministre congolais de la Pêche, Henri Djombo, a suspendu la pêche aux requins pour empêcher leur capture sauvage, à la demande du Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Selon la direction régionale de la pêche de Pointe-Noire, la mesure est destinée à protéger cette espèce, qui se reproduit difficilement. Elle touche aussi bien les pêcheurs artisanaux que les armateurs étrangers qui pêchent dans les eaux maritimes congolaises, souvent sans licence. La population des requins dans les eaux congolaises n’est pas connue...
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