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Actualités - Chronologies

Investissements - Un village hongrois avalé - par des étrangers

Les habitants de Bardudvarnok ne décolèrent pas depuis que leur village, au pied des collines de Zselic au sud-ouest de la Hongrie, a été vendu à des Autrichiens, cimetière compris. L’histoire peut expliquer pourquoi les pays d’Europe de l’Est craignent, lorsqu’ils entreront dans l’Union européenne (UE), de voir des investisseurs étrangers acheter en un rien de temps leurs terres. La mésaventure des 1 200 habitants de Bardudvarnok remonte à 1992, quand l’État a vendu les terrains d’une ancienne coopérative agricole en faillite à un paysan autrichien, qui les a lui même revendus à deux de ses compatriotes. Les Autrichiens n’étaient pas conscients qu’en plus des terrains, ils avaient aussi acquis des routes et l’infrastructure. «Sur les 270 routes du village, 240 sont la propriété des Autrichiens, y compris la place principale et la route qui conduit au cimetière», explique le maire Laszlo Forintos. «Ils possèdent les câbles électriques et les transformateurs. Nous devons demander leur permission pour tout nouveau développement d’infrastructure», ajoute-t-il. Le village situé à 100 kilomètres de la frontière autrichienne a fini par réclamer l’aide de Budapest. Le Premier ministre Viktor Orban a promis de faire le maximum. «La solution ne paraît pas simple. Nous examinons les possibilités de recours légaux, a expliqué Rudolf Viragh, un membre de son cabinet. Nous avons envisagé d’échanger les terrains en question contre d’autres terrains que possède l’État. Mais la législation actuelle interdit totalement aux étrangers d’acquérir des terres agricoles, y compris à travers des échanges», a-t-il indiqué. Les propriétaires autrichiens peuvent s’estimer heureux d’avoir acheté suffisamment tôt, car la Hongrie interdit désormais la vente de ses terres agricoles, dont les prix sont quatre à 20 fois moins élevés que dans l’UE. La Hongrie a conclu un accord avec Bruxelles début juin pour interdire le rachat de terres par des étrangers pendant sept années à compter de son adhésion à l’UE, prévue vers 2004. D’autres anciens pays communistes comme la Pologne et la République tchèque s’inquiètent de l’afflux de riches Allemands qui rachètent des terres notamment celles qui ont autrefois fait partie du territoire germanique. Ces pays exigent des périodes de transition plus longues que la Hongrie. «Toutes les terres accessibles appartiennent à des Autrichiens, du coup les paysans hongrois ont quitté la région qui est devenue sinistrée», explique M. Forintos. Selon lui, l’organisme public d’audit a découvert «de nombreux vices de procédure» dans les ventes de terrains initiales, mais la justice ne peut rien faire car tout cela s’est produit il y a trop longtemps. «C’est scandaleux», soupire-t-il. Mais il n’en veut pas aux Autrichiens. Pour lui, «c’est l’État qui est responsable de la situation». D’ailleurs, les propriétaires autrichiens de Bardudvarnok ont seulement été informés en décembre qu’ils possédaient plus que les terrains convoités, a indiqué leur représentant Hans Ematinger. «Nous ne savions pas que la route du cimetière nous appartenait, nous ne sommes pas très intéressés par les routes et les câbles électriques, ce que nous voulons ce sont les fruits, le bétail et le fourrage pour les animaux», explique-t-il. «Nous allons rechercher une solution acceptable pour Bardudvarnok, ce serait une bonne chose pour tout le monde», assure-t-il. Cependant, les gens du village hésitent à parler de l’affaire. «Pas étonnant, 75 personnes travaillent pour nous dans cette localité», explique Gyoergy Knoll, le directeur de l’entreprise autrichienne qui a investi à Bardudvarnok.
Les habitants de Bardudvarnok ne décolèrent pas depuis que leur village, au pied des collines de Zselic au sud-ouest de la Hongrie, a été vendu à des Autrichiens, cimetière compris. L’histoire peut expliquer pourquoi les pays d’Europe de l’Est craignent, lorsqu’ils entreront dans l’Union européenne (UE), de voir des investisseurs étrangers acheter en un rien de temps leurs terres. La mésaventure des 1 200 habitants de Bardudvarnok remonte à 1992, quand l’État a vendu les terrains d’une ancienne coopérative agricole en faillite à un paysan autrichien, qui les a lui même revendus à deux de ses compatriotes. Les Autrichiens n’étaient pas conscients qu’en plus des terrains, ils avaient aussi acquis des routes et l’infrastructure. «Sur les 270 routes du village, 240 sont la propriété des Autrichiens, y...