L’ex-roi Siméon II, qui a décidé hier d’assumer les fonctions de Premier ministre de Bulgarie, est le premier monarque d’Europe de l’Est chassé par le communisme à revenir au pouvoir. Après 55 ans d’exil, Siméon de Saxe-Cobourg-Gotha, qui avait accédé au trône à l’âge de 6 ans, en 1943, a remporté brillamment les élections législatives du 17 juin dernier, ne ratant que d’un siège la majorité absolue au Parlement. Voici les principaux héritiers des couronnes des pays de l’Est : – Siméon II : expulsé avec sa famille à 9 ans peu après un référendum en faveur de la République en septembre 1946, il s’est réinstallé en Bulgarie en avril dernier. En 1996, il était retourné pour la première fois dans son pays natal, alors dirigé par des ex-communistes. Né à Sofia le 16 juin 1937, proclamé roi à six ans après la mort de son père Boris III, en août 1943, Siméon II est contraint à l’exil trois ans plus tard à la suite d’un coup d’État communiste (septembre 1944) et l’assassinat du prince Cyrille, membre du conseil de régence. Il vit d’abord en Égypte, puis à partir de 1951 à Madrid où il épouse une aristocrate espagnole, Marguerite, dont il a cinq enfants. Après des études d’économie, il se lance dans les affaires. En 1998, les biens de la famille royale lui sont restitués et, le 4 avril 2001, il s’installe au palais de Vrania, près de Sofia. Le 6, il annonce son intention de constituer «un mouvement national» basé sur la «moralité» dans les perspectives des élections législatives. Son Mouvement national Siméon II (MNS II) obtient 120 sièges sur 240 au Parlement au scrutin du 17 juin. – Leka 1er : fils unique du dernier roi d’Albanie, Zog 1er, il vit depuis 1979 en Afrique du Sud et n’a jamais cessé d’espérer pour l’Albanie une restauration de la monarchie et de la Constitution de 1928. Né le 5 avril 1939, il a vécu en Albanie les trois premiers jours de sa vie, avant que sa famille ne s’exile en Grèce, puis en France et en Angleterre. Il devient l’héritier de la couronne albanaise en 1961, à la mort de son père. Il revient à Tirana en avril 1997, après plus d’un demi-siècle d’exil, alors que le pays est en proie à l’anarchie. Il repart quelques jours plus tard pour l’Afrique du Sud. Ce bref séjour lui vaudra d’être condamné par contumace, en 1999, à trois ans de prison par le tribunal de Tirana pour l’organisation d’une «manifestation illégale». – Michel 1er : il a été appelé à régner à deux reprises en Roumanie, pendant un total de dix années. La première fois, à l’âge de six ans, succédant à son père Carol (1927 à 1930). La seconde, à 19 ans (1940 à 1947). Il est contraint d’abdiquer quelques heures avant la proclamation de la République populaire, le 30 décembre 1947, sous la pression des communistes. L’année suivante, il s’exile à Londres. Il recouvre la citoyenneté roumaine en 1997. Vivant en Suisse, il achève le 8 juin 2001 une visite de trois semaines en Roumanie, marquée par la réconciliation avec le président Ion Iliescu, après plus de dix ans de relations conflictuelles. – Alexandre Karadjordjevic : né en 1945, en exil à Londres, il est le fils de Pierre II couronné roi de Yougoslavie en 1941, mais immédiatement chassé de son pays par l’avancée des troupes allemandes et banni par le régime de Tito, en novembre 1945. Dans les années 70, le prince Alexandre choisit de vivre aux États-Unis. Après la chute du Mur de Berlin, il revient à Londres, se glissant dans le personnage d’un potentiel monarque en exil, s’entourant même d’un Conseil privé. En octobre 2000, après l’arrivée au pouvoir en Yougoslavie (Serbie et Monténégro) du président Vojislav Kostunica, un carré de fidèles monarchistes accueille le prince héritier à l’aéroport de Belgrad. «Mon seul objectif est d’aider au développement de la démocratie et de féliciter le nouveau président ainsi que le peuple serbe», déclare-t-il. – Nicolas Petrovic : né le 7 juillet 1944 en France, à Lannion, en Bretagne. Fils du prince Mihailo Petrovic, de mère française, il est l’héritier de la dynastie des Petrovic qui régna pendant trois siècles sur le Monténégro, jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale. Franco-Yougoslave, il est architecte à Paris et ne prétend pas à une restauration de la monarchie, mais soutient les aspirations indépendantistes d’une partie des Monténégrins. Depuis 1991, Nicolas Petrovic organise à Cetinje, l’ancienne capitale monténégrine, une biennale d’art plastique et d’art contemporain.
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