Le président Jacques Chirac, mis en cause dans l’affaire des voyages privés payés en espèces, se prépare à un 14 juillet de combat, bien décidé à mettre à profit son intervention télévisée pour sortir par le haut de cette crise qui l’affecte personnellement et familialement. Jamais depuis son élection en 1995, cette traditionnelle interview n’aura été aussi attendue et aussi difficile, pas même en 1997 après la dissolution manquée et le retour de la gauche aux affaires. À neuf mois de l’élection présidentielle, où il devrait vraisemblablement affronter le Premier ministre Lionel Jospin, Jacques Chirac n’a pas le droit à l’erreur. Certains observateurs estiment même que, pour lui, la présidentielle pourrait dépendre de sa prestation de samedi. C’est pourquoi l’Élysée a peaufiné sa contre-attaque. Déjà des deux côtés de l’échiquier on prépare le terrain. Le chiffre de 2,4 MF, avancé dans un premier temps comme montant des voyages que Jacques Chirac aurait réglés en liquide quand il était maire de Paris, «jeté en pâture» est «artificiel» et montre les lacunes de l’enquête, estiment des proches de Jacques Chirac. «Tout ce qui a été payé en espèces au voyagiste Maurice Foulatière a été abusivement mis sur le dos de la famille Chirac», a-t-on ajouté. À droite, certains, comme Patrick Devedjian (RPR), ont pointé les risques d’«illégalité» des auditions des proches du président, en faisant valoir que les juges chargés du dossier des marchés publics des lycées d’Île-de-France s’étaient «autosaisis» du dossier des billets d’avion en pré-supposant un lien entre les deux affaires. L’Élysée peut aussi trouver un motif d’apaisement dans le fait que les juges n’ont pas programmé, en l’état, une convocation de Bernadette Chirac, épouse du chef de l’État, ou de Claude Pompidou, veuve de l’ancien président de la République, estimait une source proche du dossier. Mais samedi, Jacques Chirac ne pourra s’en tenir à une argumentation exclusivement juridique ou à la dénonciation d’une opération politicienne, d’un acharnement des juges contre lui, en surfant sur un retournement de l’opinion en sa faveur. Il devra reprendre l’avantage sur le terrain politique, alors que Lionel Jospin lui a grillé la politesse en intervenant lundi soir sur France 3, à cinq jours de la traditionnelle interview du président de la République. S’il n’est pas question d’éluder les questions sur les affaires, Jacques Chirac devrait donc s’exprimer sur tous les sujets d’actualité, en décochant quelques flèches au gouvernement, confronté à une montée du sentiment d’insécurité et à la baisse de la croissance. L’analyse d’un sondage Ipsos publié cette semaine dans Le Point devrait conforter l’Élysée dans cette stratégie. La majorité des Français souhaitent en effet que Jacques Chirac «aborde en priorité» l’insécurité et les problèmes économiques et sociaux, les affaires ne figurant qu’en cinquième position des questions qu’ils souhaitent voir évoquées. «Je crois que le président de la République, le 14 juillet, n’a pas à se défendre, il a simplement à répondre à un certain nombre de préoccupations qui sont celles des Français», a d’ailleurs affirmé jeudi la présidente du RPR Michèle Alliot-Marie.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Jacques Chirac, mis en cause dans l’affaire des voyages privés payés en espèces, se prépare à un 14 juillet de combat, bien décidé à mettre à profit son intervention télévisée pour sortir par le haut de cette crise qui l’affecte personnellement et familialement. Jamais depuis son élection en 1995, cette traditionnelle interview n’aura été aussi attendue et aussi difficile, pas même en 1997 après la dissolution manquée et le retour de la gauche aux affaires. À neuf mois de l’élection présidentielle, où il devrait vraisemblablement affronter le Premier ministre Lionel Jospin, Jacques Chirac n’a pas le droit à l’erreur. Certains observateurs estiment même que, pour lui, la présidentielle pourrait dépendre de sa prestation de samedi. C’est pourquoi l’Élysée a peaufiné sa...