La réussite des pays dépend des incitations qu’ils offrent à l’innovation, à l’acquisition de compétences et à l’accès aux nouvelles technologies Le Rapport mondial sur le développement humain 2001 propose un classement des plus grands centres d’innovation technologique de la planète. Il n’est pas surprenant de constater que la plupart de ces technopôles se trouvent aux États-Unis, en Europe et au Japon. Mais les pays en développement en comptent eux aussi quelques-uns, et non des moindres. On peut notamment citer Sâo Paulo et Campinas au Brésil, Bangalore en Inde, Kuala Lumpur en Malaisie, le Gauteng en Afrique du Sud et el-Ghazala en Tunisie. Tous ces technopôles regroupent des instituts de recherche, des start-ups et des fonds de capital-risque. Le rapport attire l’attention sur le fait que, par le biais de la technologie de l’information et des communications, ces centres sont de plus en plus reliés entre eux et à l’économie mondiale. En effet, ils recourent de plus en plus à l’Internet pour proposer des services en temps réel à des clients se trouvant n’importe où dans le monde. La plupart des entreprises orientées sur la technologie disposent désormais de laboratoires de recherche dans plusieurs pays et externalisent leur production à l’échelon planétaire. Pour la première fois cette année, le rapport comporte un indicateur du développement technologique (IDT). Celui-ci classe 72 pays en fonction de leur aptitude à développer des technologies et à les utiliser. La Finlande arrive en tête, suivie des États-Unis, de la Suède et du Japon. Les bons résultats de la Finlande s’expliquent par le fort pourcentage d’habitants qui utilisent l’Internet et connaissent les technologies de pointe (l’indicateur ne mesure pas la puissance technologique d’un pays ni son hégémonie mondiale dans ce domaine). Des pays récemment industrialisés figurent également en bonne place selon cet indicateur. Ainsi, la République de Corée (5e) devance le Royaume-Uni (7e), le Canada (8e), Singapour (10e), l’Allemagne (11e) et la Norvège (12e). Le Mexique (32e) fait quant à lui partie des «leaders potentiels». L’IDT montre aussi que le fait de disposer d’un technopôle de rang international ne suffit pas à garantir la diffusion de la technologie à l’ensemble du pays. Par exemple, l’Inde, qui abrite l’un des centres d’innovation technologique les plus dynamiques au monde, n’est que 63e selon l’IDT, derrière le Zimbabwe, la Syrie et le Paraguay. En effet, Bangalore, où se concentre l’essentiel de l’activité technologique du sous-continent, n’est qu’une petite enclave dans un pays où un adulte n’a en moyenne fréquenté l’école que pendant cinq ans. En Inde, l’analphabétisme touche plus de 40 % des adultes, la consommation d’électricité est deux fois moins élevée qu’en Chine et on compte à peine 29 téléphones pour 1 000 habitants. Le Rapport mondial sur le développement humain 2001 souligne qu’à l’ère des réseaux, tout pays qui ne parvient pas à utiliser efficacement la technologie risque fort de voir son niveau de développement humain reculer et de se retrouver en marge de l’économie mondiale. Tous les pays, même les plus pauvres, doivent donc mettre en place des politiques qui encouragent l’innovation, l’acquisition de compétences poussées et l’accès aux nouvelles technologies. «Tous les pays ne peuvent pas se situer à la pointe de l’innovation technologique, affirme Nancy Birdsall, conseillère spéciale du Rapport mondial sur le développement humain 2001. Mais sur le marché mondial d’aujourd’hui, axé sur le savoir, chaque pays, quel que soit son degré de pauvreté, doit édifier ses propres capacités à maîtriser les technologies mondiales et les adapter à ses besoins. Il doit donc investir dans l’enseignement secondaire et la recherche universitaire et inciter les entreprises à dispenser une formation à leurs salariés». Le rapport observe que, de nos jours, dans tous les pays à la pointe de la technologie, les pouvoirs publics offrent des incitations et financent l’enseignement et la formation. Cependant, qu’ils soient d’origine locale ou internationale, les moyens mobilisés sont insuffisants pour généraliser cette tendance à de nombreux pays en développement.
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