L’Église orthodoxe veut accroître - son influence dans la société
le 09 juillet 2001 à 00h00
L’Église orthodoxe russe dont le rôle a été renforcé après l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en mars 2000 veut encore accroître son influence dans la société. «L’Église doit être présente dans toutes les institutions où l’on veut la voir. Il ne faut pas pratiquer de ségrégation contre elle dans la nouvelle Russie démocratique», a affirmé le métropolite Kirill, chef du département des relations extérieures du patriarcat russe, intervenant devant les députés de la Douma (Chambre basse). Vladimir Poutine manifeste régulièrement son attachement à la foi orthodoxe. Le 7 mai 2000, lors de la cérémonie de son investiture au poste de président, le patriarche russe avait célébré un service religieux à l’intention de M. Poutine. La présence d’Alexis II à la cérémonie a été critiquée par des défenseurs des droits de l’homme qui ont rappelé que la Russie était un État laïc. «Poutine a une attitude favorable envers l’Église», a reconnu l’archevêque Kliment, chef adjoint du département des relations extérieurs du patriarcat. L’ecclésiastique a cependant estimé que certains fonctionnaires dans l’entourage du président «ne sont pas encore allés au fond des choses» dans les questions religieuses. «Il y a des problèmes qui traînent en longueur, par exemple la restitution des biens de l’Église», a-t-il précisé, évoquant les églises et les terres nationalisées en Russie après la révolution bolchevique de 1917. «Au niveau de la législation, il y a de nouveaux documents qui limitent les droits des organisations religieuses», a regretté Mgr Kliment, relevant notamment que le nouveau code fiscal a «augmenté la charge fiscale de l’Église». Selon lui, la situation est «particulièrement difficile» pour les églises rurales et les églises endommagées à l’époque soviétique et qui sont en train d’être reconstruites. Le métropolite Kirill a reproché de son côté à l’État une application trop stricte du principe de la séparation de l’Église et de l’État, en particulier au sein de l’armée et dans les établissements scolaires. «C’est le résultat de longues années d’athéïsme en Russie. L’Église n’y peut rien et doit se contenter de la place qu’elle avait à l’époque soviétique», a-t-il déclaré, lors d’auditions parlementaires. «Lorsqu’un prêtre orthodoxe vient dans l’armée pour proposer d’y intégrer des aumôniers, on lui répond que c’est impossible», a affirmé le métropolite. «Nous avons pourtant de très bonnes relations avec l’armée. Les militaires s’adressent très souvent à nous pour demander de créer des églises dans leurs régiments», a assuré à son tour l’archevêque Kliment. L’Église orthodoxe avait soutenu l’offensive russe en Tchétchénie lancée le 1er octobre 1999, estimant que l’armée devait éliminer les «terroristes» tchétchènes qui menacent la sécurité de la Russie. Le saint-synode avait rendu hommage aux soldats russes qui ont «défendu l’intégrité territoriale» du pays. «Les chrétiens ne doivent pas se détourner de la vie laïque», a observé à ce propos le métropolite Kirill.
L’Église orthodoxe russe dont le rôle a été renforcé après l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en mars 2000 veut encore accroître son influence dans la société. «L’Église doit être présente dans toutes les institutions où l’on veut la voir. Il ne faut pas pratiquer de ségrégation contre elle dans la nouvelle Russie démocratique», a affirmé le métropolite Kirill, chef du département des relations extérieures du patriarcat russe, intervenant devant les députés de la Douma (Chambre basse). Vladimir Poutine manifeste régulièrement son attachement à la foi orthodoxe. Le 7 mai 2000, lors de la cérémonie de son investiture au poste de président, le patriarche russe avait célébré un service religieux à l’intention de M. Poutine. La présence d’Alexis II à la cérémonie a été critiquée par...
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