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Actualités - Chronologies

Revue hebdomadaire des marchés - Beyrouth : retour à la prudence

Le marché des changes de Beyrouth a fonctionné cette semaine dans un climat empreint d’inquiétudes liées à la détérioration de la situation au Liban-Sud à la suite d’une attaque du Hezbollah contre les fermes de Chebaa à la veille du week-end dernier et de la riposte israélienne qui s’en est suivie contre une position syrienne dans la Békaa. Ce développement, accompagné de menaces réciproques, n’a pas tardé à empoisonner l’atmosphère, incitant la communauté financière à la prudence et nourrissant des craintes sur les perspectives d’investissement dans l’économie libanaise. Dans ce contexte, l’offre du dollar, qui commençait à se manifester la semaine dernière, s’est nettement contractée dès lundi à un moment où une certaine demande en cette monnaie continuait à se faire sentir pour les besoins commerciaux courants des opérateurs. Cela étant, l’action de la Banque du Liban (BDL) est venue encore une fois déterminer le cadre dans lequel le marché devait évoluer. En se déclarant donc prête à acheter le billet vert à 1 501,00 LL et à le vendre à 1 514,00 LL simultanément, celle-ci est parvenue à le maintenir tous les jours, de lundi jusqu’à vendredi, au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999. Mais à la lumière de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande du dollar sur le marché interbancaire, les établissements de crédit de la place ont été amenés à le négocier effectivement au point supérieur de cette fourchette d’intervention de la BDL et rarement en dehors d’elle, soit entre 1 513,75 et 1 514,25 LL jusqu’à la fin de cette semaine, contre 1 509,00 et 1 510,00 LL à la fin de la semaine dernière, en hausse de 0,3 % en moyenne d’une huitaine à l’autre. Toutefois, et eu égard au potentiel toujours limité de la demande en devises, ce mouvement d’achat et de vente du billet vert ne devait guère s’accompagner d’activité, comme la semaine dernière, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que le volume des échanges sur toute la semaine n’aurait pas dépassé quelque 35 millions de dollars, dont une partie placée à la vente par la BDL à 1 514,00 LL et l’autre partie par les banques de la place entre 1 513,00 et 1 514,00 LL à l’achat et à la vente. Déprime de l’euro après le statu quo monétaire en Europe À l’étranger, la Banque centrale européenne (BCE) a de nouveau déçu les marchés des changes cette semaine en refusant de baisser ses taux d’intérêt, jeudi dernier, envoyant l’euro au tapis, proche de son plancher historique atteint en octobre. La devise unique européenne était déjà très déprimée par la dégradation des indicateurs économiques des pays de la zone euro, tandis qu’à l’inverse l’économie américaine semblait relever la tête avant l’annonce hier d’une hausse de chômage aux États-Unis en juin à 4,5 % de la population active contre 4,4 % en mai. L’euro, qui était tombé jeudi, avant la publication des chiffres de l’emploi américain, jusqu’à 0,8350 dollar, non loin de son plus bas historique atteint le 26 octobre 2000, est parvenu donc à repasser à la hausse le seuil de 0,84 dollar sans que ce mouvement constitue un changement de tendance. Dès le début de la semaine, l’euro se trouvait en mauvaise posture, les investisseurs ne croyant plus guère à une ouverture du robinet monétaire en Europe, après des commentaires peu encourageants à ce sujet du président de la BCE, Wim Duisenberg, devant le Parlement européen à Strasbourg. «Le niveau actuel du taux-clé de la BCE était approprié pour assurer la stabilité des prix dans la zone euro à moyen terme», a-t-il estimé. Deux jours plus tard, jugeant que, «depuis la dernière réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, il n’y a pas eu de nouvelles informations qui justifieraient de changer cette évaluation», la BCE décidait effectivement de maintenir le loyer de l’argent à 4,50 %, en dépit des appels à la baisse pour soutenir l’économie européenne. Le marché n’a pas apprécié ce geste et a puni l’euro en le faisant dégringoler jusqu’à ses plus bas niveaux historiques. La défiance des investisseurs envers la monnaie européenne a aussi été alimentée par un fort rebond de l’indice américain des directeurs d’achat de 42,1 points en mai à 44,70 points le mois dernier, ce qui a profité au dollar. Cela d’autant que les marchés apprenaient aussi que les commandes à l’industrie aux États-Unis auraient augmenté de 2,5 % en mai après une baisse de 3,4 % en avril. «Les récents indicateurs économiques suggèrent une légère amélioration de l’économie aux États-Unis dans les mois prochains», observaient les analystes de la BNP-Paribas. Résultat, on assiste selon eux «à un complet retournement de sentiment sur le marché, où les cambistes tablent sur un redressement de l’activité dans la seconde moitié de l’année». À l’inverse, les derniers indicateurs européens n’incitent pas vraiment à l’optimisme : en Allemagne, le nombre de chômeurs a progressé de 22 000 personnes en juin pour le sixième mois consécutif, réduisant encore un peu plus les espoirs du chancelier Gerhard Schröder d’atteindre l’an prochain ses objectifs en termes d’emploi. Dans la zone euro, la confiance des industriels s’est de nouveau dégradée en juin et les ventes de détail d’avril ont été décevantes. Enfin, en France, le moral des ménages s’est effrité en juin pour le cinquième mois consécutif, tombant à son plus bas niveau depuis l’été 1999. Dans ces conditions, les analystes doutent que la BCE puisse continuer plus longtemps à ignorer les ratés de la croissance européenne, estimant qu’elle doit diminuer ses taux cet été, car il serait dangereux de laisser le marché dans une position de «wait and see» pendant quatre semaines. Le conseil des gouverneurs de la BCE se réunit le 2 août, avant de faire une pause jusqu’au 30 août. Cela étant, et compte tenu des chiffres décevants du chômage aux États-Unis le mois dernier, le dollar est parvenu à conserver une partie de ses gains d’une semaine à l’autre, se négociant à la hausse hier à New York par rapport à vendredi dernier comme suit : – 0,8475 pour un euro contre 0,8495 – 1,4120 pour un sterling contre 1,4165 – 2,3075 DM contre 2,3025 – 7,7410 FF contre 7,7215 – 1,7940 FS contre 1,7935 – 2 284,95 lires contre 2 279,30 – 126,00 yens contre 124,70. Les Bourses américaine, européennes et japonaise touchées par le ralentissement de l’économie et les avertissements Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières, qui avaient connu une semaine faste à la fin du mois de juin grâce aux valeurs de la haute technologie, ont manqué de certitude cette semaine pour engager un nouveau train de hausse. Réagissant à l’aggravation du chômage le mois dernier aux États-Unis et à l’avertissement de plusieurs sociétés sur leurs résultats dans le secteur de l’informatique et des télécoms, la cote américaine a manqué de confiance et s’est enfoncée dans le rouge. Certes, les investisseurs, qui commençaient à espérer un prochain rebond de l’économie américaine après la publication de l’indice des directeurs d’achats et des commandes à l’industrie, ont été sous le choc après les disparitions d’emplois plus fortes que prévu en juin. À cet égard, le chômage est monté d’un cran à 4,5 % le mois dernier contre 4,4 % en mai et les suppressions d’emplois nets ont totalisé 114 000 emplois non agricoles contre 8 000 créations d’emplois pendant la même période. Nombre d’analystes commencent d’ores et déjà à s’inquiéter d’une possible récession même si certains d’entre eux ont refusé de dramatiser. «L’économie reste faible mais semble avoir touché le fond», notait hier la banque Merrill Lynch. «C’est un désastre, un chiffre digne d’une récession», estimait d’un autre côté une analyse de la chaîne de télévision CNBC très suivie par les investisseurs. De plus, les marchés devaient aussi encaisser une nouvelle vague d’avertissements sur résultats. Après les mises en garde lancées par Minnesota Mining and Manufacturing (3M), Internet Security Systems, DuPont, Federated Departement Stores... Advanced Micro Devices et EMC du secteur informatique étaient hier sur la sellette au moment où les Bourses européennes souffraient des mauvaises performances du britannique Marconi qui a dit s’attendre à une baisse de moitié de son bénéfice annuel d’exploitation et annoncé la suppression de 4 000 emplois supplémentaires. C’est dans ce contexte que l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq a perdu cette semaine 6,76 % à 2 013,65 points hier en préclôture contre 2 159,59 points à la fin de la semaine dernière ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles de Wall Street qui a abandonné pendant le même temps 2,37 % à 10 253,52 points contre 10 502,40 points. Il en est de même des autres grandes Bourses européennes avec la chute de l’indice Footsie à Londres de 2,89 % à 5479,20 points contre 5 642,50 points, de l’indice CAC 40 à Paris de 4,32 % à 4 999,36 points contre 5 225,33 points et de l’indice Extra Dax à Francfort de 3,24 % à 5 862,10 points contre 6 058,38 points d’une huitaine à l’autre. Enfin, la Bourse de Tokyo s’est fortement ressentie cette semaine de la publication d’une série de profit warnings (avertissements sur résultats de sociétés) dans la haute technologie et des inquiétudes concernant les créances des grandes banques. En effet, l’indice Nikkei a perdu 5,11 % à 12 306,08 points hier contre 12 969,05 points vendredi dernier.
Le marché des changes de Beyrouth a fonctionné cette semaine dans un climat empreint d’inquiétudes liées à la détérioration de la situation au Liban-Sud à la suite d’une attaque du Hezbollah contre les fermes de Chebaa à la veille du week-end dernier et de la riposte israélienne qui s’en est suivie contre une position syrienne dans la Békaa. Ce développement, accompagné de menaces réciproques, n’a pas tardé à empoisonner l’atmosphère, incitant la communauté financière à la prudence et nourrissant des craintes sur les perspectives d’investissement dans l’économie libanaise. Dans ce contexte, l’offre du dollar, qui commençait à se manifester la semaine dernière, s’est nettement contractée dès lundi à un moment où une certaine demande en cette monnaie continuait à se faire sentir pour les...