Le renseignement par l’image, une nécessité pour l’Europe
le 06 juillet 2001 à 00h00
Des capacités autonomes de renseignement par l’image sont indispensables à l’Europe si elle veut prétendre à un rôle actif dans le monde et éviter une hégémonie américaine, estime un rapport parlementaire français. Ce rapport, rédigé par le député socialiste, Jean-Michel Boucheron, rapporteur spécial des crédits de la défense, passe en revue les moyens existants : satellites d’observation, drones (avions sans pilotes), et systèmes intégrés de traitement des données. Intitulé Des espions au service de la Paix ? Le renseignement par l’image, le rapport dresse un bilan parfois sévère des efforts français dans ce domaine et notamment du programme d’observation militaire par satellite Helios. M. Boucheron souhaite toutefois que la France joue un rôle moteur pour développer une capacité de renseignement de ce type à l’échelle européenne. Les informations recueillies par imagerie satellitaire ou aérienne sont devenues indispensables pour les opérations militaires, la gestion des crises, et les relations internationales en général. Pour M. Boucheron, «ne pas en disposer, c’est se condamner politiquement à la paralysie». «La guerre du Golfe, puis la Bosnie, puis le Kosovo ont démontré aux dirigeants successifs, écrit-il, qu’il n’y avait aucune capacité de négociations politiques entre États sans capacité d’évaluation précise de la crise et il n’y aura bientôt plus d’action militaire possible sans une connaissance extrêmement détaillée des cibles potentielles». Mais «les États-Unis (qui) s’apprêtent à développer puissamment leurs moyens spatiaux, leurs capteurs aériens et leurs microcapteurs (...) risquent, lit-on dans le rapport, d’avoir dans 15 ans le monopole mondial de l’examen de la terre». Les États-Unis disposent déjà de satellites KeyHole et Lacrosse dont les modèles les plus récents autoriseraient une définition (la taille du plus petit détail identifiable) de l’ordre de 15 centimètres ce qui «permet de distinguer un homme d’une femme» et développent des micro ou des nano-drones. «La question qui se pose, explique M. Boucheron, est de savoir si l’Europe a les moyens et la volonté de mettre en place un système, sinon concurrent du moins incontournable lui permettant d’être un partenaire dans un dialogue avec les États-Unis». L’enjeu stratégique est de taille et le rapport fait état des pressions diplomatiques et des incitations commerciales de Washington auprès des pays européens visant à les dissuader de participer aux programmes européens de satellite et, notamment au programme Helios II. La construction d’un tel système se heurte aussi à «la culture traditionnelle du renseignement où les échanges entre nations sont difficiles», mais si l’Europe a pu faire la monnaie unique, note M. Boucheron, «pourquoi ne serait-elle pas capable de franchir un pas aussi déterminant dans le domaine du renseignement ?».
Des capacités autonomes de renseignement par l’image sont indispensables à l’Europe si elle veut prétendre à un rôle actif dans le monde et éviter une hégémonie américaine, estime un rapport parlementaire français. Ce rapport, rédigé par le député socialiste, Jean-Michel Boucheron, rapporteur spécial des crédits de la défense, passe en revue les moyens existants : satellites d’observation, drones (avions sans pilotes), et systèmes intégrés de traitement des données. Intitulé Des espions au service de la Paix ? Le renseignement par l’image, le rapport dresse un bilan parfois sévère des efforts français dans ce domaine et notamment du programme d’observation militaire par satellite Helios. M. Boucheron souhaite toutefois que la France joue un rôle moteur pour développer une capacité de renseignement de...
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