Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth n’a subi aucun changement hier, l’offre du dollar demeurant très rare en dehors de la Banque du Liban (BDL) et la demande ne devant guère dépasser le cadre des besoins commerciaux courants des opérateurs. Dans ce contexte, l’action de la BDL est restée le principal facteur déterminant de la tendance du marché. En se déclarant toujours prête à vendre le billet vert à 1 514,00 LL et à l’acheter, quoique théoriquement à 1 501,00 LL, celle-ci est parvenue à le maintenir invariablement au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de vingt mois. Mais, compte tenu de la pénurie d’offre en cette monnaie sur le marché interbancaire, les établissements de crédit ont été amenés à la négocier au haut de la fourchette d’intervention de la BDL et très rarement en dehors d’elle, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter qu’en raison du potentiel limité de la demande, le volume des échanges ne devait pas dépasser quelque sept millions de dollars, entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL. Reprise du dollar après le statu quo monétaire européen et britannique À l’étranger, l’euro s’est approché dangereusement hier de son plus bas niveau historique atteint en octobre dernier, après la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir inchangés ses taux d’intérêt au moment où le marché s’inquiète de plus en plus de la tournure prise par l’économie européenne. La BCE a laissé son principal taux directeur inchangé à 4,50 % et devrait le maintenir à ce niveau quelque temps encore afin de contrer l’inflation dans la zone euro, a expliqué hier son président, Wim Duisenberg, à l’issue de la réunion de son conseil des gouverneurs. Le président de la BCE a ainsi refroidi un peu plus les espoirs d’une baisse des taux dans la zone euro, prônée par nombre d’économistes et d’hommes politiques pour soutenir l’activité européenne en très net ralentissement. Cette décision, même si elle était anticipée par une large partie des cambistes, n’a pas été favorable à l’euro à court terme, ont estimé les analystes de marchés. «La situation en Europe se dégrade et les données en provenance de la zone euro suggèrent que la décélération de l’économie est plus prononcée et plus éparpillée que prévu avec les secteurs de la consommation et des services également plus faibles et des pays comme l’Italie et la France aussi concernés par le ralentissement de l’économie mondiale», a observé hier une analyse de la Canadian Imperial Bank of Commerce (CIBC). Il en est de même de l’Allemagne où le nombre de chômeurs a augmenté pour le sixième mois consécutif, de 22 000 personnes en juin par rapport à mai. Or, aux États-Unis la situation économique semble s’améliorer, bénéficiant au dollar. Les chiffres positifs publiés dans l’après-midi d’hier par les directeurs d’achats dans le secteur non manufacturier américain ont renforcé le sentiment des cambistes selon lequel l’économie américaine redécolle. Dans ces conditions, le nouveau statu quo monétaire de la BCE n’a guère été apprécié par les investisseurs. Selon une analyse de la banque BNP-Paribas, «ce n’est pas une politique monétaire trop sévère qui est la cause du ralentissement de l’économie en Europe, c’est simplement que la zone a un potentiel de croissance plus lent et plus bas». La BCE «doit diminuer ses taux cet été, car il serait dangereux de laisser le marché dans une position de wait and see pendant quatre semaines», a ajouté l’analyse de BNP-Paribas. En Grande-Bretagne, le statu quo monétaire observé par la Banque d’Angleterre n’a pas été bien pris par les cambistes aussi et le marché estime que le maintien du principal taux directeur britannique à 5,25 % ne doit pas durer beaucoup de temps. Cela étant, le dollar ne tardait pas à être bien entouré hier, se négociant sur un ton ferme à New York, comme suit : – 0,8370 pour un euro contre 0,8475, la veille à Londres – 1,4005 pour un sterling contre 1,4075 – 2,3370 DM contre 2,3075 – 7,8370 FF contre 7,7390 – 1,8195 FS contre 1,7975 – 2 313,35 lires contre 2 284,40 – 125,75 yens contre 124,50. Bourse de Beyrouth : léger mieux À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est légèrement améliorée hier grâce à la petite hausse des Ciments libanais, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,05 % à 55,95 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait à 121,85 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires très maigre avec au total 16 372 actions négociées d’une valeur de 69 830 dollars seulement. Les marchés américains déprimés après l’Independence Day Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières étaient de nouveaux déprimés hier, au lendemain du chômage de l’Independence Day, sur fond d’avertissements d’entreprises. Les opérateurs étaient pourtant revenus sur les marchés avec un certain optimisme, les statistiques plaidant pour une prochaine reprise de l’économie américaine après que la Réserve fédérale (Fed) eut baissé six fois ses taux depuis le début de l’année. La mauvaise humeur ambiante s’est reflétée dans l’indice S&P 500, qui représente une large palette d’entreprises et dans l’indice composite de la bourse électronique Nasdaq, fief des valeurs de la haute technologie et de l’Internet, affecté par l’équipementier de télécommunications britannique Marconi qui a lancé un avertissement sur ses résultats. Les concurrents américains se sont aussitôt ressentis dont Cisco Systems, Lucent Technologies, le canadien Nortel... En outre, les valeurs des grands magasins étaient aussi en recul après l’avertissement sur résultats lancé par Federated Departement Stores qui a pris dans son sillage Home Depot et Sears. Cela étant, les principaux ont creusé leurs pertes en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, par rapport au début de la séance, malgré des achats effectués par les gestionnaires de fonds au début d’un nouveau trimestre. C’est ainsi que l’indice Nasdaq revenait à moins de 2100 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 10 567,04 points et un plus bas à 10 461,40 points avant d’afficher en préclôture 10 481,41 points, en baisse de 89,70 points sur mardi dernier. Dégringolade des Bourses européennes avec les technologiques La dégringolade entamée jeudi matin par les valeurs technologiques sur les marchés européens s’est confirmée dans l’après-midi lorsqu’il est apparu que les marchés américains s’orientaient eux aussi à la baisse, en particulier le Nasdaq où dominent les valeurs de croissance. À la clôture de la plupart des places européennes, l’indice DJ Stoxx des technologiques accusait une lourde perte de 6,9 %, à 407,10 points, au plus bas depuis mars 1999, tandis qu’à New York, sur le Nasdaq, l’indice composite reculait de 1,40 %. L’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 était alors en repli de 0,61 %, à 1 379,38 points, et le DJ Euro Stoxx 50 des valeurs vedettes de la zone euro perdait 0,73 %, à 4 183,75. Dès l’ouverture, les technologiques européennes avaient très mal réagi à de nouveaux «profit warnings», surtout celui lancé mercredi soir par l’équipementier britannique de télécoms Marconi qui a dit s’attendre à une baisse de moitié de son bénéfice annuel d’exploitation et annoncé la suppression de 4 000 emplois supplémentaires. Évoquant la succession des avertissements sur résultats, Riccardo Bindi, gérant de fonds chez Lombard Odier, a observé : «On dirait presque qu’il y a une liste de ces technologiques et que les gérants de fonds les cochent les unes après les autres, pour vendre à découvert celles qui n’ont pas encore annoncé de mauvaises nouvelles, et ce qui est grave, c’est qu’ils ont habituellement raison». Marconi est tombé en chute libre, abandonnant plus de la moitié de sa valeur, 54 % exactement, à 112-1/2 pence en clôture. Malgré cela, l’indice britannique FTSE 100, dont fait partie Marconi, a pu limiter ses pertes à 0,9 % en clôture. Tokyo : en léger repli La Bourse de Tokyo s’est légèrement repliée jeudi, affectée par la baisse persistante de Sony, par crainte d’une révision en baisse des prévisions de résultats. L’indice Nikkei 225 a perdu 21,72 points, soit 0,17 %, à 12 607,30, et Topix 3,31 points, soit 0,26 %, à 1 274,69. «La chute persistante de Sony est inquiétante et elle pèse sur le marché», a commenté Tatsuyuki Kawasaki, de Kaneyama Securities. En baisse pour la quatrième séance d’affilée, Sony a cédé 2,69 % à 7 590 yens, affecté en partie par le rappel de 560 000 téléphones mobiles fabriqués pour sa filiale KDDI. Les inquiétudes ne se limitent pas à Sony. Matsushita Communication Industrial a abandonné 1,89 % à 5 190 yens. Le premier fabricant japonais de téléphones cellulaires a annoncé lundi qu’il révisera très probablement en baisse ses prévisions pour l’exercice en cours. Matsushita Electric Works a perdu 10,26 % à 1 277 yens, le fabricant de matériaux de construction et d’équipements légers ayant publié des résultats plus faibles que prévu. a l’inverse, NEC a gagné 0,67 % à 1 643 yens. Le secteur de l’immobilier a également été bien orienté dans l’espoir que cette industrie bénéficiera des réformes structurelles promises par le gouvernement, dont l’amélioration des structures dans les zones urbaines. Les replis l’ont emporté sur les progressions par 670 à 631, avec 144 valeurs inchangées, dans un volume de 653 millions de titres, contre 613 millions mercredi.
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