L’offre du dollar, qui tendait à s’accroître à Beyrouth vers la fin de la semaine dernière, n’a pas tardé à se contracter hier sur fond d’inquiétudes au lendemain de l’attaque du Hezbollah contre les fermes de Chebaa et la riposte israélienne qui en a suivi contre une position syrienne, nourrissant de profondes appréhensions au niveau de la communauté financière. Pourtant, ce développement n’a pas entraîné un regain d’intérêt pour le billet vert dont la demande est restée concentrée sur les besoins commerciaux courants des opérateurs. Dans ce contexte, l’action de la Banque du Liban (BDL), qui a maintenu sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est venue délimiter les marges de fluctuation du dollar. Il a dû, en effet, clôturer au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de vingt mois, tout en se négociant à la hausse dans les transactions interbancaires, entre 1 513,00 et 1 514,00 LL contre 1 509,00 et 1 510,00 LL vendredi dernier. Toutefois, ce mouvement ne devait pas prendre d’ampleur en raison du faible potentiel de la demande, avec comme corollaire un volume d’échanges ne dépassant pas quelque huit millions de dollars, en grande partie placés à l’achat et à la vente par les banques de la place à 1 514,00 LL, ont indiqué les cambistes. Le dollar dopé par l’économie À l’étranger, l’euro est resté faible en ce début de semaine, sous la barre de 0,85 dollar, déprimé par la conjoncture européenne alors que le billet vert reprenait des forces en anticipant une amélioration de l’économie aux États-Unis. Selon les cambistes, le billet vert a profité hier d’une amélioration des affaires dans l’industrie manufacturière américaine. Les chiffres de l’indice d’activité industrielle de l’Association nationale des directeurs d’achats (NAPM), qui ont progressé de 2,6 points le mois dernier à 44,7 points contre 42,3 points en mai, ont montré que la récession du secteur de l’industrie manufacturière américaine n’empire pas. Bien que cet indice soit toujours au-dessous du seuil des 50 points qui marque une contraction du secteur manufacturier, il n’en demeure pas moins que le ralentissement continue de baisser, a indiqué l’étude mensuelle du NAPM. Et d’ajouter que la question est de savoir si l’industrie se redressera dans la seconde moitié de l’année, et si les autres secteurs se reprendront dans son sillage. En outre, les opérateurs ont été plus ou moins rassurés par le maintien de la hausse des dépenses à la consommation des ménages aux États-Unis à 0,5 % en mai, comme en avril, à un rythme plus élevé que la hausse de leurs revenus, maintenue à 0,2 % pendant la même période. Au contraire, les indicateurs en provenance de la zone euro ne plaidaient guère en faveur de la monnaie unique. À cet égard, les investisseurs ont été déçus par la publication de chiffres maussades sur l’activité de l’industrie manufacturière en Allemagne, en France et en Italie. On a appris hier que le secteur industriel allemand s’est contracté avec un indice en baisse de 48,8 points en mai à 46,60 points en juin. Il en est de même de l’indice des directeurs d’achat du secteur manufacturier qui est retombé en France de 48,80 à 48,50 points et en Italie de 48,40 à 48,30 points pendant la même période. Un indice inférieur à 50 points indique, selon les experts, une contraction de l’industrie manufacturière et ce phénomène est de nature à peser sur la monnaie unique. Cela d’autant que le marché, qui a les yeux tournés vers la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) après-demain, tablait sur une baisse du loyer de l’argent dans la zone euro. De son côté, le yen s’est repris face au billet vert après avoir rapidement digéré une dégradation anticipée du rapport Tankan sur le moral des patrons au Japon. En effet, le dollar devait se négocier à New York sur un ton ferme, sauf face au yen, comme suit : – 0,8465 pour un euro contre 0,8495, vendredi dernier – 1,4160 pour un sterling contre 1,4165 – 2,3105 DM contre 2,3025 – 7,7490 FF contre 7,7215 – 1,7965 FS contre 1,7935 – 2 287,40 lires contre 2 279,30 – 124,45 yens contre 124,70. Bourse de Beyrouth : légèrement mieux À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été soutenue en ce début de semaine par la hausse des actions C de la Byblos Bank de 1 7/16 à 1 1/2 dollar dans un marché très restreint et stationnaire sur le restant de la cote. C’est ainsi que l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,10 % à 56,69 points dans le sillage de l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui s’est adjugé 0,17 % à 122,26 points. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’affaires assez maigre avec seulement 16 856 actions d’une valeur de 80 293 dollars. Fermeté de Wall Street Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières étaient en hausse en ce début de semaine, des données économiques encourageantes ayant stimulé la cote en dépit de l’avertissement sur résultat de 3M (Minnesota Mining & Manufacturing) et de l’abandon par US Airways et United Airlines de leur projet de fusion. Vendredi, la Bourse électronique Nasdaq avait prolongé d’une heure sa séance officielle, en raison d’une panne technique. Le réajustement des cours de clôture de certains titres, à la suite de cette panne a influé légèrement hier sur le calcul de l’indice composite de ce marché. De ce fait, les marchés, déprimés à l’ouverture par ce phénomène, ne tardaient pas à retrouver leur dynamisme après la publication aux États-Unis d’une série de données économiques encourageantes : hausse de l’indice NAPM en juin, des dépenses de construction et des dépenses de consommation des ménages en mai. De tels chiffres étaient perçus par le marché comme les signes d’un redressement prochain de l’économie américaine. Cela étant, les télécoms, les semi-conducteurs et la pharmacie ont été en hausse contrairement à la biotechnologie et au secteur de l’aviation. C’est ainsi que l’indice composite Nasdaq était à l’équilibre aux alentours des 2 160 points, pendant que l’indice Dow Jones des vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 10 467,61 points et un plus haut à 10 638,23 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 612,37 points, en hausse de 109,97 points sur vendredi dernier. Hausse des Bourses européennes avec les télécoms Les marchés boursiers européens étaient en hausse sensible lundi après-midi, les valeurs des télécoms ayant nettement accentué leur reprise tandis que d’assez bonnes statistiques économiques aux États-Unis permettaient aux marchés américains de se raffermir après un début de séance hésitant. Certains estimant que le pire est peut-être maintenant passé pour les télécoms, ce compartiment a pu ainsi gagner globalement 4,53 %. À la clôture de la plupart des places européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 affichait une hausse de 1,39 %, à 1 416,66 points, et l’Euro Stoxx 50, limité aux valeurs de la zone euro, s’adjugeait 1,47 %, à 4 306,16. Cette première séance de la semaine a été surtout marquée par l’OPA hostile lancée par Fiat avec Électricité de France sur le groupe d’agroalimentaire et d’énergie Montedison pour 4,95 milliards d’euros. Tandis que l’action Montedison, après une suspension de cotation, a accusé un fort recul de 7,65 %, à 3,0560 euros, Fiat, en revanche, a fait un bond en avant de 8,89 %, à 25,22 euros. Dresdner Kleinwort Wasserstein est passé de «conserver» à «accumuler» sur le titre du groupe Fiat, estimant l’OPA lancée sur Montedison «tout à fait cohérente sur le plan stratégique». Pour son premier jour de cotation à Paris, la société sucrière Beghin-Say s’est envolée de 93,83 %, certains la jugeant opérable après la reprise de Saint-Louis par l’allemand Südzucker. Beghin-Say est l’une des quatre sociétés résultant de la scission du groupe Eridania Beghin-Say, contrôlé à 55 % par Montedison. Plus fortes hausses parmi les vedettes européennes, British Telecom gagne 4,25 %, Vodafone 6,67 %, et France Telecom 4,80 %, contribuant à la hausse du secteur des télécoms au plus haut de ces trois dernières semaines. Tokyo : un marché plombé par le Tankan Les valeurs japonaises ont terminé en baisse lundi après la nette perte de confiance des milieux industriels nippons révélée par le rapport trimestriel de la Banque du Japon, le Tankan. L’indice Nikkei, a fini en repli de 1,68 % ou 217,87 points à 12 751,18 points, tandis que le Topix, qui regroupe toutes les valeurs de la première section, abandonnait 1,08 % ou 14,06 points, à 1 286,92 points. L’indice d’évaluation de la conjoncture par les grandes entreprises industrielles publié dans le Tankan ressort à moins 16. En mars, lorsque l’indice avait traduit une détérioration pour la première fois en neuf trimestres, l’indice était à moins cinq. Il était à plus dix en décembre dernier. «Tout le monde disait que c’était pris en compte dans le cours, mais ces mauvais chiffres jettent une ombre sur les perspectives de résultats des entreprises, commente Masatoshi Sato chez Mizuho Investors Securities. D’autant plus que le marché se demande si la prévision de la BoJ pour le prochain trimestre n’est pas un peu trop optimiste». La morosité du Tankan a fait baisser le secteur des techs, qui n’a pas tenu compte de la hausse de 1,65 % du Nasdaq Composite vendredi aux États-Unis.
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