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Actualités - Chronologies

Le TPI attend d’autres - « gros poissons »

Le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye espère que le transfert de Slobodan Milosevic va ouvrir la voie à l’arrestation et au transfert d’autres «gros poissons», en particulier les ex-chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic. Lors d’une conférence solennelle, vendredi, devant une trentaine de caméras de télévision braquées vers elle, le procureur du TPI Mme Carla Del Ponte a qualifié l’arrivée de M. Milosevic à La Haye de «tournant» historique. «J’espère que le transfert de Slobodan Milosevic va donner une énergie nouvelle à la tâche d’arrêter les fugitifs qui sont encore en liberté», a déclaré le procureur. «Tous nos accusés doivent être jugés», a-t-elle dit. Depuis plusieurs années, les procureurs successifs du TPI aiguillonnent les gouvernements occidentaux qui ont des forces en Bosnie-Herzégovine pour obtenir l’arrestation de Karadzic et Mladic. Del Ponte a de nouveau qualifié de «déplorable» et «scandaleuse» cette impunité des deux grands criminels de guerre présumés, symboles de la «purification ethnique» en Bosnie. L’arrestation des deux hommes se heurterait à des réticences au sein de la SFOR (Force de stabilisation de l’Otan en Bosnie), compte tenu du caractère risqué de telles opérations. Des analystes font également état de réticences politiques compte tenu des répercussions que pourraient avoir de telles arrestations en Republika Srpska (RS), l’entité serbe de Bosnie. Mme Del Ponte s’est à plusieurs reprises demandé dans le passé s’il existait une réelle «volonté politique» des Occidentaux de procéder à l’arrestation des deux hommes, ne cachant pas que, sur ce point particulier, sa patience était à bout. «On nous oppose des problèmes techniques», confie un haut responsable du TPI, un tribunal qui ne possède aucune force de police propre et qui doit donc compter sur la bonne volonté des pays de l’ex-Yougoslavie ou des pays occidentaux qui ont des forces en Bosnie-Herzégovine pour arrêter les personnes inculpées. Quelques heures après le transfert de M. Milosevic à La Haye, le président de la RS, Mirko Sarovic, a indiqué que les autorités de RS devraient prendre une décision dans les prochains jours sur la manière de régler ce problème des criminels de guerre. M. Sarovic s’est prononcé pour une modification de la Constitution de RS qui interdit actuellement l’extradition des citoyens de l’entité serbe. Radovan Karadzic est supposé se trouver dans la partie orientale de la RS. Mladic, qui était officier de l’armée yougoslave, avant de prendre la tête des forces serbes de Bosnie, en 1992, aurait été vu en République fédérale de Yougoslavie (RFY), à Belgrade, avant le changement de régime en octobre. Les deux hommes sont accusés de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et génocide, notamment pour leur rôle lors du siège de Sarajevo et dans les massacres qui ont suivi la prise de Srebrenica, l’enclave musulmane de Bosnie orientale, en juillet 1995. Mme Del Ponte a souhaité récemment que Karadzic, dans l’hypothèse où il serait finalement arrêté, soit jugé aux côtés de Mme Biljana Plavsic, vice-présidente de RS à l’époque du conflit, et de Momcilo Krajisnik, président du Parlement de RS. Leur procès devrait débuter à l’automne. Vingt-cinq personnes faisant l’objet d’un acte d’accusation public du TPI sont encore dans la nature. Parmi elles, quatre proches collaborateurs de Slobodan Milosevic, dont l’actuel président de la Serbie Milan Milutinovic. Une douzaine d’autres sont l’objet d’un acte d’accusation secret.
Le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye espère que le transfert de Slobodan Milosevic va ouvrir la voie à l’arrestation et au transfert d’autres «gros poissons», en particulier les ex-chefs politique et militaire des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic et Ratko Mladic. Lors d’une conférence solennelle, vendredi, devant une trentaine de caméras de télévision braquées vers elle, le procureur du TPI Mme Carla Del Ponte a qualifié l’arrivée de M. Milosevic à La Haye de «tournant» historique. «J’espère que le transfert de Slobodan Milosevic va donner une énergie nouvelle à la tâche d’arrêter les fugitifs qui sont encore en liberté», a déclaré le procureur. «Tous nos accusés doivent être jugés», a-t-elle dit. Depuis plusieurs années, les procureurs successifs du TPI aiguillonnent les...