L’automobile est le secteur industriel le plus dynamique en Iran, où ont été produites quelque 300 000 voitures en 2000, alors que la demande dépasse les 600 000 véhicules, selon les experts. Tous les modèles du monde se retrouvent à Téhéran, des belles américaines des années cinquante à quatre-vingt, choyées, aux voitures japonaises, sud-coréennes et européennes dernier cri. Mais seule une famille sur sept possède sa voiture, étant donné le prix élevé, en moyenne 50 à 80 % plus cher qu’en Occident. «L’Iran veut se lancer dans une industrialisation automobile à grande échelle. C’est un très gros marché de 63 millions d’habitants, qui est doté d’une solide tradition automobile. Actuellement, aidé par une situation financière forte en raison des prix élevés du pétrole, il fabrique sous licence, mais compte être rapidement autonome», explique un expert occidental. Aucun chiffrage de la coopération avec les firmes étrangères n’est disponible, les contrats fonctionnant selon le système de la rétrocession (buy-back), où l’investisseur se fait payer par les recettes à venir. 70 % du parc, au total 3,7 millions de véhicules, tourisme et poid-lourds, sont encore composés de la voiture populaire Paykan (flèche), bas de gamme ou milieu de gamme, fabriquée par le constructeur Iran Khodro. La Paykan, dont 140 000 exemplaires sortent par an, est une version modernisée de la voiture britannique Hunter (Hilman) dont près d’un million ont plus de 20 ans, et que le gouvernement veut remplacer, notamment pour lutter contre l’extrême pollution des villes. L’industrie automobile iranienne, lancée dans les années 60 avec Rover, American Motors, Citroën et Mitsubishi notamment, a connu une croissance moyenne de 27 % en cinq ans. Elle représente 2,5 % du PIB et 18 % de la valeur ajoutée totale des biens produits en Iran. Elle emploie 400 000 personnes et concerne 1 200 entreprises. Iran Khodro, que le gouvernement compte subventionner de moins en moins, est le plus grand constructeur du Moyen-Orient, et envisage de se lancer dans l’exportation en Afrique, en Asie, mais aussi en Europe, en revendant sur ces marchés des véhicules construits sous licence avec des sociétés étrangères, en particulier Peugeot, son partenaire principal. Il contrôle 64 % du marché iranien et son chiffre d’affaires avoisine les deux milliards de dollars. Outre la production des Paykan, Iran Khodro monte en Iran la Peugeot 405 : environ 30 000 de ces voitures ont été produites en 2000. La production de la 206 est en passe de commencer, et 30 000 de ces véhicules devraient être montés sous douze mois, 120 000 à terme, selon Iran Khodro, qui compte en exporter y compris en Europe. Une «Peugeot de luxe», réalisée en Iran, la Pars, avec 10 000 exemplaires déjà sortis, est en train de percer parmi les classes aisées. L’autre grande entreprise automobile (30 % de part de marché), également publique, Saipa (Société anonyme industrielle de production automobile, créée avec Citroën), qui a monté de nombreuses Renault 5, fabrique la Pride (Kia, sud-coréenne) ainsi que des 4x4 Nissan (japonais). Saipa va démarrer rapidement le montage de la Citroën Xantia, dans une version conçue pour l’Iran. Six mille Xantia devraient être produites dès 2001. Un petit secteur privé existe également, avec Iran Vanet, qui monte notamment des Mazda (Japon), et Kerman Motor, qui fabrique des Daewoo Cielo (Corée du Sud). Membre du groupe Saipa, la société Sahab Khodro se lance, avec le français Renault Véhicules Industriels, dans la fabrication d’autobus dont le moteur fonctionne au gaz. Mais, malgré les tentatives d’autofinancement, l’industrie automobile iranienne, dépendante des subventions de l’État, demeure tributaire de la principale ressource du pays, le pétrole, ce qui risque, si les cours baissent brusquement ces prochaines années, de la fragiliser face à la concurrence internationale.
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