Les dirigeants toulousains ont adopté une attitude jusqu’au-boutiste en allant devant le Conseil d’État pour dénoncer le laxisme des instances du football français dans l’affaire des faux passeports, mais aussi pour défendre leurs intérêts financiers. Les quatre dirigeants de la société anonyme à objet sportif (SAOS), Jacques Rubio, Bernard Decker, André Labatut et Bernard Boscq, détiennent 66 % du TFC. Souhaitant conserver leurs prérogatives, ils n’ont jamais réalisé «l’appel d’offres auprès de grands investisseurs» souhaité par l’ancien maire Dominique Baudis en mai 1999. Avec 100 MF en recrutements et un emprunt de 30 MF pour le futur centre de formation, la saison 2000-2001 a été celle d’un «coup de poker», estime M. Van den Bruwaene. Le président de l’association TFC, qui est détentrice de 33 % de la SAOS, «ne cautionne plus la politique des dirigeants». Car la stratégie de «résistance» a aussi révélé des tensions internes au sein du club. L’année de sa remontée en D1, le Toulouse FC pointe à la dernière place du classement à l’issue de la 19e journée (15 points) après sa défaite à Saint-Étienne en décembre 2000 (1-0). Les dirigeants toulousains mettent alors en marche une machine qui devait plonger le football français dans la tourmente en déposant une réserve avant la rencontre face aux Verts, parce qu’ils avaient aligné des joueurs munis d’un faux passeport communautaire (le gardien ukrainien Maxim Levytsky et l’attaquant brésilien Alex). Aubaine Pour eux, la perspective de récupérer des points sur le tapis vert au nom des règlements de la Fédération française de football (FFF) a été «une aubaine», selon leur opposant Van den Bruwaene. En sa double qualité d’avocat et de vice-président du TFC, Me Decker en revanche ne jure que par l’article 187 des règlements de la FFF : en cas de fraude sur l’identité d’un joueur, la sanction est le match perdu. Selon Me Decker, le TFC se heurte «à l’acharnement de la FFF à protéger son vice-président, Carlo Molinari, également président du FC Metz», dont le gardien colombien Faryd Mondragon a détenu un faux passeport grec. Me Decker met aussi en cause le vice-président de la Ligue (LNF), Jean-Louis Campora, également président de l’AS Monaco, qui a utilisé le Chilien Pablo Contreras, au faux passeport italien, jusqu’à fin 2000. D’échec sportif en requêtes rejetées devant les juridictions sportives, l’unique chance pour les dirigeants réside dans la décision du Conseil d’État, qui doit avant le 27 juin décider ou non d’annuler le classement du championnat de France et rendre un nouveau classement. En cas de rejet de sa requête, le TFC risque de descendre une marche de plus : relégué en national par la direction nationale du contrôle de gestion, le club aurait peu de chance d’éviter le dépôt de bilan, synonyme de descente en division inférieure, soit le championnat amateur (CFA). Ses dirigeants reconnaissent un trou de 50 MF, évalué à 100 MF par M. Van den Bruwaene. Dans cette hypothèse, la stratégie de résistance toulousaine aurait alors conduit à la disparition d’un grand club de football dans la quatrième ville de France.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les dirigeants toulousains ont adopté une attitude jusqu’au-boutiste en allant devant le Conseil d’État pour dénoncer le laxisme des instances du football français dans l’affaire des faux passeports, mais aussi pour défendre leurs intérêts financiers. Les quatre dirigeants de la société anonyme à objet sportif (SAOS), Jacques Rubio, Bernard Decker, André Labatut et Bernard Boscq, détiennent 66 % du TFC. Souhaitant conserver leurs prérogatives, ils n’ont jamais réalisé «l’appel d’offres auprès de grands investisseurs» souhaité par l’ancien maire Dominique Baudis en mai 1999. Avec 100 MF en recrutements et un emprunt de 30 MF pour le futur centre de formation, la saison 2000-2001 a été celle d’un «coup de poker», estime M. Van den Bruwaene. Le président de l’association TFC, qui est détentrice de...