Le dollar a achevé la semaine hier à Beyrouth comme il l’avait débutée, dans un marché très calme et sans relief, accordant peu d’attention à la reprise des débats budgétaires malgré le climat très tendu et chargé de scandales qui les avait entourés. Cela étant, la demande en cette monnaie a continué de se contracter pour ne guère dépasser les besoins commerciaux courants des opérateurs. Quant à l’offre, elle s’est limitée à quelques ventes de devises en rapport avec des ajustements périodiques de quelques positions de change. Pourtant, l’équilibre entre l’offre et la demande du billet vert aurait pu être parfois rompu sans l’intervention directe de la Banque du Liban (BDL). Cette dernière devait donc procéder régulièrement à satisfaire les besoins du marché en cette monnaie chaque fois que le potentiel de l’offre en dehors d’elle manquait à cette tâche. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, la BDL est parvenue tous les jours, de lundi à vendredi, à faire fixer le dollar au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de vingt mois. Mais, compte tenu de l’évolution du mouvement de l’offre et de la demande en cette monnaie, elle devait être pratiquement négociée au haut de cette fourchette, tantôt avec la BDL et tantôt en dehors d’elle, ont indiqué les cambistes de la place. Elle a donc continué de fluctuer étroitement toute la semaine dans une marge comprise entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL. Toutefois, ce mouvement n’a pas pu prendre beaucoup de dimensions en raison de la persistance d’une grande réticence à l’offre du billet vert en l’absence d’intérêts à l’achat en dehors des besoins commerciaux très pressants en cette monnaie sur le marché. En effet, le volume des échanges sur toute la semaine n’a pas pu dépasser quelque trente millions de dollars, dont une partie placée à la vente par la BDL à 1 514,00 LL et l’autre partie à l’achat et à la vente à ce même taux par les banques de la place. L’euro déprimé par le ralentissement de la croissance européenne À l’étranger, la monnaie unique a évolué cette semaine autour du seuil de 0,85 dollar, déprimée par de mauvais indicateurs économiques pour la zone euro, alors que les marchés tablaient sur une baisse des taux d’intérêt lors de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE) le 5 juillet. Le maintien des taux d’intérêt, jeudi dernier, par la BCE était attendu par les marchés, soulignant la position difficile du gendarme monétaire européen pris en tenailles entre les chiffres également mauvais d’inflation et de croissance. L’euro est passé sous la barre de 0,86 dollar, lundi dernier, après la publication d’une forte hausse de l’inflation dans la zone euro, qui a atteint 3,4 % en mai, soit son plus haut niveau depuis 1993. L’objectif de hausse des prix à la consommation fixé par la BCE est de 2 % pour cette année. Selon les opérateurs, la BCE se retrouve coincée. «Il y a de bonnes raisons, du côté de la croissance, pour abaisser les taux d’intérêt, mais les chiffres de l’inflation compliquent la décision», a remarqué hier une analyse de la banque Credit Suisse First Boston. Mardi, ce fut au tour des chiffres de la production industrielle de la zone euro de déprimer un peu plus la monnaie unique. Cet indice a baissé de 0,5 % en avril par rapport à mars, soit la seconde baisse mensuelle. L’Allemagne, première économie européenne, a multiplié cette semaine les signes de ralentissement. Le ministre de l’Économie Werner Mueller a affirmé que la croissance allemande pourrait être nulle au deuxième trimestre, tandis que le président de la Bundesbank Ernst Welteke qualifiait de «plutôt difficile» l’objectif gouvernemental d’une croissance de 2 % en 2001. Et pour renforcer le clou, l’indice IFO, qui mesure le climat des affaires en Allemagne de l’Ouest, a de nouveau fortement chuté en mai, à 90,90 points, soit un niveau bien inférieur à ce qu’attendait le marché (91,70 points) contre 92,50 points en avril, selon les chiffres publiés hier. Le maintien des taux d’intérêt européens à 4,50 % par la BCE, réunie à Dublin, n’a pas vraiment surpris les investisseurs, qui jugeaient improbable un geste du gendarme monétaire en raison des chiffres de l’inflation. Mais la plupart des analystes tablent à présent sur une baisse des taux d’intérêt lors de la réunion du 5 juillet de la BCE, avant la pause estivale. Le président de l’institut d’émission européen, Wim Duisenberg, a clairement laissé entendre jeudi, en conférence de presse, que les pressions inflationnistes actuelles devraient rapidement disparaître. Et d’ajouter que la multiplication des signes de morosité économique pourrait encourager la BCE à faire un geste. Mais, il n’en demeurait pas moins qu’à la veille du week-end, les marchés internationaux des changes avaient les yeux rivés sur la Réserve fédérale américaine (Fed), qui se réunit mardi et mercredi prochains. À cet égard, plusieurs économistes s’attendent d’ores et déjà à une nouvelle baisse des taux d’intérêt servis sur les fonds fédéraux (Fed funds). Dans cette attente, le dollar devait présenter une grande résistance à la baisse face à l’euro, malgré le creusement de l’écart entre les taux européens et américains à son passif, pour se négocier à New York hier par rapport à la fin de la semaine dernière comme suit : – 0,8560 pour un euro contre 0,8615, vendredi dernier – 1,4115 pour un sterling contre 1,4050 – 2,2850 DM contre 2,2700 – 7,6630 FF contre 7,6130 – 1,7760 FS contre 1,7780 – 2 262,00 lires contre 2 247,30 – 124,45 yens contre 122,90. Dure semaine pour les Bourses internationales à l’exception de Tokyo Sur les places boursières internationales, les marchés des valeurs mobilières ont connu une dure semaine des deux côtés de l’Atlantique, les principaux indicateurs cédant une grande partie des gains accumulés dès le début de la semaine, en raison des avertissements sur résultats, de la persistance d’obstacles à la fusion entre General Electric et Honeywell. En ce qui concerne Wall Street, elle a dû chanceler à la veille du week-end sous le coup de nouveaux «profit taking» en provenance notamment de Merck, l’un des géants mondiaux de la pharmacie. Le groupe a prévenu que son bénéfice par action serait inférieur aux attentes au deuxième trimestre et sur l’ensemble de l’exercice 2001 en raison de ventes plus faibles que prévu sur un médicament (le Vioxx), affectant l’ensemble du secteur. Il en est de même de la décision de Salomon Smith Barney de revoir en forte baisse les prévisions de résultat par action de SP 500, prévoyant des résultats au deuxième trimestre comparable à ce qui était arrivé lors de la dernière récession qu’avaient connue les États-Unis il y a plus de dix ans. Toutefois, l’annonce par Lehman Brothers et Goldman Sachs de résultats conformes aux prévisions a servi de réduire les pertes de la cote. Il en est de même de la publication par Oracle, le premier spécialiste américain des logiciels pour bases de données et deuxième mondial dans son secteur, de perspectives de gains meilleures qu’attendu. Mais, en déclarant devant le Congrès, mercredi, que les banques américaines se montraient de plus en plus dures dans l’octroi de crédits aux entreprises, le président de la Fed, Alan Greenspan, est venu jeter du froid sur les marchés, dans la mesure que ce phénomène devrait contribuer à une plus grande instabilité économique. Cela étant, l’atmosphère s’est montrée morose cette semaine, surtout en l’absence d’informations macroéconomiques susceptibles de donner de nouvelles indications sur l’état de l’économie américaine et sur les perspectives de la politique monétaire de la Fed dont le comité de l’open market doit se réunir mardi et mercredi prochain. Dans cette attente, les boursiers avaient hier les yeux fixés sur cette réunion qui pourrait déboucher sur une nouvelle baisse du loyer de l’argent aux États-Unis variant entre un quart de point et un demi-point en pourcentage. En raison de toutes ces incertitudes entourant les marchés des valeurs mobilières, l’indice composite Nasdaq a manqué d’orientation cette semaine, s’inscrivant hier en préclôture aux alentours de 2 036,90 points contre 2 028,43 points à la fin de la semaine dernière, en légère hausse de 0,42 %. Quant à l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles, il n’a guère pu améliorer ses positions, cédant 0,24 % en affichant 10 597,95 points contre 10 623,64 points pendant la même période. De leur côté, les Bourses européennes ont connu une semaine marquée par les «profit warnings» de grands noms comme le géant de la chimie BASF, le fabricant de semi-conducteurs Infineon et le groupe de luxe Gucci, qui ont incité les investisseurs à la prudence. Cela d’autant que le statu quo monétaire observé cette semaine par la BCE a déçu la communauté financière. Dans ce contexte empreint d’incertitudes pendant cette période des résultats de sociétés au deuxième trimestre, les opérateurs ont opté pour la prudence. En effet, l’indice CAC 40 de la Bourse de Paris a abandonné d’une huitaine à l’autre 1,15 % à 5 183,67 points contre 5 243,84 points et l’indice Footsie de la Bourse de Londres 1,00 % à 5 665,70 points contre 5 723,00 points, alors que l’indice Dax de la Bourse de Francfort est parvenu à gagner quelque 0,45 % à 5 941,77 points contre 5 915,18 points pendant la même période. Quant à la Bourse de Tokyo, elle a constitué une exception cette semaine, les investisseurs saluant avec un certain enthousiasme le plan de réformes ambitieux présenté jeudi par le gouvernement afin d’assainir le secteur financier et résoudre le problème des créances douteuses des banques japonaises. Dans cette perspective, l’indice Nikkei est parvenu à gagner 1,99 % à 13 044,61 points à la fin de cette semaine contre 12 790,38 points à la fin de la semaine dernière.
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