Le marché des changes de Beyrouth a manqué d’initiatives en dehors des besoins commerciaux courants du pays en dollar et de la propension de certains opérateurs à l’offre de cette monnaie à des fins d’ajustement de leurs positions en devises. Cela étant et compte tenu du maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert continuait à être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de vingt mois, tout en se négociant dans les échanges interbancaires au haut de cette fourchette. Il a dû, en effet, fluctuer toute la journée dans une marge très étroite entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL dans un volume d’affaires estimé à quelque sept millions de dollars conjointement placés à la vente par la BDL et certains établissements de crédit à ce même taux. Stabilité de l’euro et remontée du sterling À l’étranger, l’euro est resté pratiquement stable hier sur les marchés des changes internationaux, après le maintien des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) en l’état, tandis que la livre sterling se redressait grâce à des propos très prudents du chancelier de l’échiquier britannique sur une entrée rapide de la Grande-Bretagne dans la zone euro. La monnaie unique s’était pourtant raffermie dans la matinée, grâce à l’espoir de quelques investisseurs pour un geste de la BCE. Le marché s’attendait dans son ensemble à un maintien des taux d’intérêt mais certains analystes se prenaient à espérer une baisse à la suite de la publication d’un mauvais indicateur économique en France. À cet égard, l’Insee avait annoncé un repli de 0,5 % le mois dernier par rapport à avril de la consommation des produits manufacturés des ménages français, pour le deuxième mois consécutif. Mais la BCE a douché ces espoirs et l’euro a cédé dans l’après-midi en Europe le terrain gagné. Selon Standard and Poor’s, la monnaie unique s’est d’autant plus effritée que la BCE a semblé montrer peu d’inquiétudes sur la croissance et l’inflation dans la zone euro. Ainsi, l’institut d’émission européen a continué de penser que l’inflation dans la zone euro est un «phénomène temporaire» et qu’elle devrait retomber sous le seuil de 2 % en 2002, a déclaré son président Wim Duisenberg lors d’une conférence de presse à Dublin à l’issue de la réunion hier du conseil des gouverneurs de la BCE. Il a également indiqué que la BCE n’était pas préoccupée par les conséquences de la dépréciation de l’euro sur l’inflation. «Ce n’est pas une menace qui nous préoccupe pour le moment», a-t-il souligné. La livre sterling a quant à elle repris le chemin de la hausse après un discours du chancelier de l’échiquier Gordon Brown jugé très prudent par les marchés sur l’entrée de la Grande-Bretagne dans la zone euro. «Notre approche est, et demeurera, une approche réfléchie et prudente, celle découlant d’un réalisme pro-euro», avait déclaré Gordon Brown mercredi soir devant des banquiers de la City. Pour la presse et les marchés, ces commentaires éloignent l’idée d’un référendum rapide sur une adhésion à l’euro. Les propos du chancelier «ont injecté un peu de réalisme et de pragmatisme dans le calendrier d’un éventuel référendum», a estimé une analyse de la Barclays Capital. Et d’ajouter que «Brown a laissé entendre qu’il faudra deux ans pour que les cinq critères préalables à la mise en place d’un référendum soient remplis, puis il faudra encore deux ans pour intégrer la zone euro, ce qui nous donne une période d’au moins quatre ans» avant l’abandon du sterling. La livre avait plongé début juin, après la victoire écrasante des travaillistes de Tony Blair, qui avait renforcé les chances, selon les marchés, de troquer la livre contre l’euro. Or les investisseurs savent qu’une entrée de la Grande-Bretagne dans l’union monétaire européenne nécessitera une dévaluation de la devise britannique, car une livre à ses niveaux actuels rendrait l’économie britannique peu compétitive au sein de la zone euro. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar s’est trouvé hier dans une position de faiblesse face au sterling tout en manifestant une grande résistance contre l’euro, se négociant à New York comme suit : – 0,8555 pour un euro contre 0,8545, la veille – 1,4175 pour un sterling contre 1,3930 – 2,2865 DM contre 2,2890 – 7,6685 FF contre 7,6765 – 1,7780 FS contre 1,7850 – 2 263,60 lires contre 2 265,95 – 124,40 yens contre 123,70. Bourse de Beyrouth : poursuite de la baisse À la Bourse de Beyrouth, la tendance s’est ressentie hier de la baisse des actions A de Solidere de 6,00 à 5 3/4 dollars et C de la Byblos Bank de 1 1/2 à 1 7/16 dollar dans une proportion plus grande que la hausse des actions A de Solidere de 5 3/4 à 5 7/8 dollars. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a perdu 0,27 % à 61,12 points, ainsi que l’indice LIBX des valeurs bancaires de 0,15 % à 138,28 dollars. Ce mouvement s’est produit dans un volume d’échanges peu étoffé avec au total 32 006 actions négociées d’une valeur de 179 903 dollars. Reprise des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont fait montre d’indécision hier, les indices ayant passé la journée à jouer aux montagnes russes dans une marge d’évolution étroite, ouvrant en baisse puis repartant à la hausse. Les investisseurs ont tenté d’interpréter la baisse plus forte qu’attendu des demandes hebdomadaires d’allocations chômage. Celles-ci ont diminué de 34 000 dossiers, à 400 000 demandes, pour la semaine close le 16 juin, alors que les analystes tablaient sur une baisse de 2 400 à 425 600 demandes sur une base non révisée la semaine précédente. Cette baisse, la deuxième depuis le début du mois, pourrait inciter la Réserve fédérale américaine (Fed) à modérer ses réductions de taux mais donnent également le signal d’une économie toujours en légère croissance aux États-Unis. De plus, la balance commerciale américaine a enregistré une baisse de 2,7 % en avril par rapport à mars (à 32,1 milliards de dollars) et la balance des paiements de 5,76 % au premier trimestre de cette année (à 109,6 milliards de dollars). Ce développement a laissé croire à plusieurs analystes que la croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) américain au deuxième trimestre devrait être finalement de l’ordre de 1 %. Dans ces conditions et compte tenu des incitations fiscales et du relâchement de la politique monétaire de la Fed, la banque d’affaires Salomon Smith Barney a estimé hier que l’économie américaine pourrait opérer un rebondissement dès cette année contrairement au Japon et à la zone euro dont les économies vont rester sans doute à la traîne de ce mouvement. Cela étant, les facteurs positifs devaient l’emporter sur tout autre considération, permettant à l’indice composite Nasdaq de remonter à plus de 2 050 points pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus bas à 10 597,14 points et un plus haut à 10 759,35 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 720,07 points, en hausse de 72,74 points sur la veille. Irrégularité des Bourses européennes Les marchés boursiers européens ont terminé sur une note indécise jeudi, sans tendance d’ensemble, tiraillés par la publication d’informations divergentes par diverses sociétés importantes. En clôture, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 affichait un très léger gain de 0,04 %, à 1 381,02, tandis que l’Euro Stoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, se repliait de 0,04 %, à 4 174,06. La publication de très bons résultats trimestriels de la chaîne d’habillement suédoise Hennes & Mauritz et la perspective d’une nette réduction de l’endettement de Deutsche Telekom ont contrasté avec les prévisions pessimistes de l’allemand BASF. Hennes & Mauritz (H&M), dont les résultats ont dépassé les prévisions, a terminé en hausse de près de 16,9 %. Dans ce même compartiment, la chaîne britannique de distribution de matériel électrique Dixons Group s’est adjugé 5,09 %, dopée par de nouveaux commentaires favorables de professionnels de la Bourse. Tokyo : reprise d’espoir La Bourse de Tokyo a clôturé jeudi sur un bond de 2,3 %, soutenue par la hausse des valeurs financières dans l’attente d’un plan d’action sur les créances douteuses des banques qui devait être annoncé en fin d’après-midi à Tokyo, ont indiqué des opérateurs. L’indice Nikkei a gagné 287,79 points, à 12 962,43 à la clôture. L’indice élargi Topix a progressé de 31,36 points, à 1 288,49. Le volume des échanges s’est élevé à quelque 774 millions d’actions contre 704,2 millions la veille. Un yen plus faible et des gains sur le Nasdaq ont également contribué à doper un grand nombre de valeurs de haute technologie, ont estimé les courtiers. «Les investisseurs ont été encouragés par la volonté manifestée par le gouvernement de régler sans plus attendre le problème des mauvaises créances des banques», a estimé Kazunori Jinnai, de chez Daiwa Securities SMBC Capital Markets. «Ils se sont jetés sur les valeurs bancaires», a-t-il relevé. Le gouvernement japonais doit annoncer jeudi un plan d’action prévoyant notamment la reprise par un organisme public des créances douteuses des banques si celles-ci ne parviennent pas à les éliminer. «Le marché a aussi réagi positivement à l’annonce (jeudi par le secrétaire général du gouvernement Yasuo Fukuda) d’un projet de réforme de la taxation des transactions boursières», a encore estimé M. Jinnai. D’autre part, les investisseurs ont acheté des titres liés à l’exportation poussés par une chute du yen face au dollar déclenchée en partie par des propos de Lawrence Lindsey, conseiller économique du président George W. Bush, affirmant que les États-Unis ne sont pas opposés à l’affaiblissement du yen pourvu que celui-ci s’inscrive dans un contexte de réforme de l’économie japonaise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le marché des changes de Beyrouth a manqué d’initiatives en dehors des besoins commerciaux courants du pays en dollar et de la propension de certains opérateurs à l’offre de cette monnaie à des fins d’ajustement de leurs positions en devises. Cela étant et compte tenu du maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert continuait à être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus de vingt mois, tout en se négociant dans les échanges interbancaires au haut de cette fourchette. Il a dû, en effet, fluctuer toute la journée dans une marge très étroite entre 1 513,75 et 1 514,25 LL, avec un point d’ancrage à 1 514,00 LL dans un volume d’affaires estimé à quelque sept millions de dollars...